Cet article sera le dernier de ce blog au sujet de l'humain. Il me tient à coeur parce que je sens venir quelque chose de grave pour l'espèce humaine. J'ai toujours pensé qu'il était idiot d'arriver après les faits clamant "je vous l'avais dit!". Par conséquent, j'en parle maintenant.
Dans mon précédent billet, je traitais des brevets. Lorsque ceux-ci impliquent la recherche sur des animaux, la loi exige que, s'il est possible que l'animal souffre, une utilité médicale substantielle devra être démontrée. Celle-ci représente par exemple le cas d'essais effectués en vue d'un traitement d'une maladie grave. En somme, l'homo sapiens peut être autorisé à expérimenter sur les animaux (donc des membres du règne animal). La question qui pourra surgir est: si l'on autorise (par exemple) à modifier génétiquement des souris afin qu'elles développent le cancer, est-on admis à modifier des homo sapiens dans ce même but?
Les règles impératives du droit international public s'y opposent (voir les commentaires), on qualifierait probablement ça de "traitement dégradant" voire de torture, à tout le moins "d'atteinte à la dignité humaine". Pourtant, l'être humain, l'homo sapiens, est bel et bien un animal, puisqu'il est un mammifère et que les mammifères sont inclus dans le règne animal. A défaut d'être animaux, nous serions protistes, procaryotes, champignons ou végétaux (voir les règnes). Vraisemblablement, seul le règne animal nous correspond. Mais... L'humain ne peut tolérer de telles choses; un humain servant à des expériences scientifiques est invraisemblable pour l'immense majorité des homo sapiens (du moins je le suppose, mais je ne crois pas me fourvoyer).

Dès lors, j'en conclus (mais le développement est à suivre) que l'humanité incarne un despote, un tyran, du point de vue de la planète: l'incarnation de Pol Pot, Caligula, Staline, Neron, Attila, Mao, Mussolini, Hitler et autres, mais en pire.

I. Recherche de grandeur

Un jour, des grands singes commencèrent à marcher sur leur pattes arrières. Ils gardèrent cette habitude car ils voyaient plus loin et apercevaient mieux leurs proies. L'espèce évolua. L'humain traçait ses contours.



L'humain s'organisa en société, pour assurer sa sécurité. Jusque-là, rien ne le différenciait des autres espèces, si ce n'est une intelligence supérieure. En effet, abeilles, fourmis, colonies de singes et autres utilisaient et utilisent encore la société comme moyen de protection.

Mais vint un moment dans l'histoire où l'homme, fier de son intelligence, estima qu'il était supérieur. En intelligence, sans nul doute. Mais est-ce vraiment un critère? Quoi qu'il en soi, il chercha à effacer ses liens avec la nature: habillements complexes, règles de politesse complexes, chasse par pur plaisir... et soif de pouvoir et de richesse. L'humain, de par toutes ses exigences se différencie totalement des autres animaux. Lorsqu'eux chassent pour leurs besoins, se combattent pour assurer l'évolution et la survie de l'espèce, contribuent au fonctionnement d'écosystèmes,
l'humain chasse pour se distraire, se bat pour de la gloire, de l'argent, des ressources supplémentaires et ne s'intéresse nullement aux écosystèmes, sa seule ambition étant de devenir plus riche, quelle qu'en soit la façon. De tout gouverner, de tout contrôler.

En ceci, il devint despote: la race humaine prévaut sur les autres. Menschheit über alles! Comme qui dirait. Asservissement des autres espèces animales à l'humain: donnez nous votre chaire, votre peau, votre habitat, vos ressources. Vous trouverez bien une alternative!

II. Le seul Geôlier qui se porte en Sauveur

La Nature, en tant que telle, nous garde toujours dans ses liens. Tout humains que nous soyons, nous restons animaux dépendants de la Nature. Il suffit que l'eau nous soit retirée pour que l'on dépérisse, puisque l'eau est, selon nos connaissances actuelles, la base intangible de la vie. Prisonniers nous sommes, prisonniers nous devons être.

Mais Nature n'est pas geôlière insensible. Elle s'occupe elle-même de créer de l'eau minérale (sans sel), d'assurer la polinisation indispensable à la reproduction des végétaux (imaginez s'il nous fallait faire ça nous-mêmes) et de fournir de l'oxygène. Qu'on l'accepte ou non, Nature est à l'origine de tout ce qui nous a permis de créer médicaments, pétrole, armes, meubles, gâteaux, etc.

Force est d'admettre que Nature est bienveillante. Elle a même prévu le moyen de permettre une évolution de l'espèce, celle qui nous permit jadis de nous lever et marcher, de perdre nos radieux poils et d'abandonner les queues; de développer cette si magnifique intelligence qui cause notre perte dans l'usage que nous en faisons: la sélection naturelle.

III. Le Paradoxe humain

Gâté par tant de générosité, l'humain pourrait être cru reconnaissant. Curieusement, l'humain est reconnaissant, mais il est aussi tout sauf reconnaissant.

D'une certaine manière, l'humain est reconnaissant envers Nature, Gaïa, qui lui permet de vivre bien. Mais étrangement, l'humain détruit Gaïa, parce qu'il lui est nécessaire de consommer bien plus qu'il n'en a besoin. En témoignent les statistiques relatives à la consommation. Si nos 6 milliards d'individus consommaient tous comme des Américains, il nous faudrait deux planètes supplémentaires pour subvenir à nos besoins. Et nous ne pouvons pas décemment dire: "nous aimons notre confort, mais vous, peuplades pauvres, s'il vous plaît, renoncez-y, restez pauvres, parce que sinon on risque notre peau à tous".

Si désagréable soit la conclusion que j'en tire: c'est parce que certains humains ont été empêchés de se développer, quelle que soit la manière, que notre planète vit encore. C'est parce que certains pays sont pauvres (selon la conception matérialiste uniquement) par-delà toute raison (sur une échelle de valeur humaine) que notre planète est encore en vie. Ajoutons à ça un élément étrange supplémentaire: les pays "riches" veulent combattre cette pauvreté.

Constat: ce n'est pas la pauvreté qu'il faut combattre mais la richesse. Si ce constat ne convient pas, il faut combattre la pauvreté et le nombre d'humains. Puisque je parle combattre pauvreté ou richesse, il est essentiel que je précise que cet article est apolitique parce que rien ne saurait être plus handicapant que la politique dans un article tel que celui-ci. Ces déductions ne sont que ce qu'elles sont: des déductions.

IV. Combattre la richesse?
Voilà qui paraît utopiste. Pourtant, ça s'est déjà vu. Le Dalaï-Lama avait demandé à ce que ne soient plus portées de fourrures d'animaux afin de préserver la faune. De tels habits, dans ces contrées enneigées, sont d'une immense valeur pour leurs possesseurs. Mais, quand même, les habitants les brûlèrent. Comme si nous autres, occidentaux, brûlions du jour au lendemain nos voitures.

Ce seul exemple suffit à prouver que c'est une option possible: consommer moins. Un ami me disait récemment que, lorsque nous achetons un bien, le plaisir de l'avoir acheté est parfois supérieur au plaisir procuré par le bien lui-même. Je partage son avis, car il n'est pas irrationnel de s'interroger sur l'utilité réelle de tout ce que nous achetons.




Cette utilité devant nécessairement parfois être discutable, il ne reste que l'hypothèse de l'achat compulsif. Acheter... Pour acheter. Voilà qui épuise inutilement des ressources.

Une intervention gouvernementale paraît également indispensable. Mais une telle intervention se doit d'avoir lieu dans un contexte international: des règles impératives et respectées par chaque Etat. Confiscation de tout bénéfice supérieur à 50 millions, par exemple et réinvestissement de ce bénéfice dans la lutte contre la pollution et le réchauffement planétaire. Toute fortune personnelle supérieure à 50 millions confisquée et investie dans la recherche, non pas médicale, mais énergétique.

Naturellement, ces mesures pourront paraître insuffisantes et, à la fois, excessives (il n'y a guère besoin de tous ces millions pour vivre bien, dira-t-on). Cependant, l'humanité, ce n'est pas 200 pays, c'est une seule espèce animale qui met en péril sa survie, sa source de nourriture et son environnement. Autrement dit, qui détruit tout ce qui pourrait lui permettre de vivre.

V. Diminuer la population humaine?

Abattre des individus par milliers, voire par millions, ce n'est pas une option. Pour nature, ce n'est pas un problème: qu'on cesse les prestations médicales et l'humanité dépérira, pour ne garder que les plus robustes. Mais l'homo sapiens n'acceptera pas cette solution.

La seule restante sera dès lors de diminuer les naissances. Imposer des taxes faramineuses à tous ceux qui entendent avoir plus d'un enfant. Si cette taxe ne peut être acquittée, l'incubation doit être avortée. Investir ces taxes dans le nettoyage de la pollution, de toutes natures qu'elle soit. L'être humain nécessite des mesures radicales. Si la population atteint 9 milliards d'individus en l'an 2050, je doute que la situation se sera améliorée. Bien au contraire.

VI. Effacement des tendances politiques

Si la politique doit demeurer, il n'en va pas de même de ses tendances. Il n'y pas de place pour gauche, droite, communisme, libéralisme, capitalisme, socialisme. Toute politique doit tendre vers la réduction de la population et le nettoyage de la pollution, quelle que soit sa nature. Par ailleurs, réduire la population permettra probablement aussi de résoudre les problèmes de chômage et de délinquance juvénile. Mais ce ne sont que des hypothèses et tout commentaire se rapportant à ces hypothèses à la suite de cet article sera effacé.

VII. Un retour aux sources?

Les discours écologistes, rappelant la théorie du bon sauvage, n'ont généralement pas la cote. Aussi, je me défends de toute appartenance à une quelconque tendance. Tant que possible soit , j'essaye de poser problèmes et réponses dans une totale impartialité. Cet article perdrait sans ça toute raison d'être.

Le retour aux sources implique pour l'humain d'oublier cette conception absurde selon laquelle il n'est pas un animal. Il est parfaitement possible de ne pas revenir à ce grand singe qui, un jour, sur ses pattes arrières s'est dressé, mais il est nécessaire et indispensable de revenir à un état plus proche de Nature, de "reprendre notre place dans le grand cycle de la vie", comme dirait Mufasa dans le Roi Lion. Si le nombre d'humains diminue suffisamment, il lui sera possible de maintenir une vie correcte, du moins je le présume, tout en gardant ses acquis scientifiques.

VIII. Restreindre la recherche médicale?

Nous avons une soif de guérison incroyable: l'humain témoigne un tel attachement pour les siens, même en temps de guerre, qu'il cherche à tout prix le moyen d'échapper à la mort. En ce sens, de longues recherches sont probablement menées partout.



Mais la recherche ne peut aller plus loin que ce que les humains sont prêts à accepter pour eux-mêmes en termes d'expériences scientifiques. En quoi la souris, le singe, le rat, le lapin sont-ils concernés par le désir de survie des humains? Les autres animaux vivent parfaitement bien sans l'humain et ne cherchent nullement la vie éternelle. Eux cherchent à évoluer et s'adapter. Admettrions-nous qu'un lion fasse des expériences sur les meilleures méthodes pour tuer ses proies avec un humain pour cobaye? Nous ne sommes nullement supérieurs au lion, en terme de droit à ne pas être asservis. Si l'humain veut faire des expériences, qu'il les fasse sur ses congénères. Accepter ça, c'est accepter notre statut d'animal.

Il n'est donc pas nécessaire d'arrêter la recherche. Il est seulement nécessaire qu'elle se limite à ce que l'humain lui-même est d'accord de souffrir en son nom.

De la même manière, l'industrie alimentaire ne peut adopter de méthodes que l'être humain ne souffrait pas de voir appliquées à lui-même.

IX. L'Humain arrogant

Certains auront déjà entendu les critiques suivantes (généralement à propos d'Américains):
- "Faire des concours de bouffe alors que des gens crèvent de faim..."
- "Léguer 10 millions à son chien avec la pauvreté qu'il y a dans ce monde... Préparer des petits plats pour ce chien alors que la famine tue en Afrique..."

La deuxième de ces affirmations est l'arrogance même de l'être humain dans sa plus simple expression: il est censé passer avant le chien. Or, rien ne justifie qu'il passe avant le chien, si ce n'est son désir de protéger sa propre espèce et sa croyance qu'elle est supérieure.
La première de ces affirmations est hors sujet et arrogante. Le véritable problème de tels concours est qu'ils nécessitent qu'on prélève bien plus de ressources que nécessaire dans la nature. Ressources qui sont, vous le savez déjà, limitées. L'exemple du pétrole est le plus frappant. Pourtant, les courses automobiles existent toujours. Ensuite de ça, les humains ne sont pas seuls à manquer de nourriture et les autres animaux sont aussi fondés à voir un acte imbécile et grotesque dans ces concours.

X. L'humain peut changer

Ce n'est pas une question. L'humain peut changer. Je sais qu'il le peut, puisqu'il s'agirait de l'unique comportement propre à assurer sa survie. La seule question à rester en suspend est "s'en donnera-t-il les moyens?". Parce que s'il ne se les donne pas, les futures guerres porteront sur les ressources naturelles: eau, bois, nourriture. La population se développe et consomme bien trop pour que cet extrême soit évité.

L'humain est un animal. Il vit dans la nature, il adopte les lois de la nature. Humans are animals and as such, they abide by Nature's Law. Que plaise ou non.


Aux commentateurs éventuels:

Je sais que le sujet est sensible. Par conséquent, veuillez observer les règles suivantes afin que le débat soit vraiment riche (ce que je souhaite ardemment, car nous avancerons de cette manière).

Le sujet de vos interventions se limitera ainsi à des apports constructifs sur l'avenir de l'humanité et sur les propositions de cet article. Par de jugements de valeur au sujet de mes idées ou de ceux des autres commentateurs.

En espérant que le magazine azTeen ne m'en voudra pas trop d'emprunter leur image
Exemples:

- "Je pense qu'il serait mieux d'envisager une solution qui implique..." (parfait)

- "C'est n'importe quoi" / "L'humanité est de toute façon condamnée" / Etc. (pas accepté)

- "vous êtes un nazi" (ou variantes, etc.) (fera l'objet d'une dénonciation pénale. Vous n'êtes pas anonymes)

Je vous remercie d'avance.