[English text below the French] - En Septembre dernier, la première volée d'étudiants du MIDS (Master in International Dispute Settlement) se lançait à la conquête des litiges aux enjeux énormes. Des litiges inter-étatiques, devant la Cour Internationale de Justice, le Tribunal international du Droit de la Mer ou l'Organisation Mondiale du Commerce, des litiges Etat-particulier, devant le Centre International de Règlement des Différends relatifs aux Investissements et des arbitrages commerciaux entre sociétés. Ce Master est le fruit d'une collaboration entre l'Université de Genève et l'Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement. En 2008, les étudiants visitèrent l'OMPI et l'OMC et assistèrent à des conférences à Berne, Genève et St-Gall.
En 2009, les étudiants partiront pour la Haye, Paris et, selon, Washington, Francfort, Taipei ou Hong-Kong. Parmi leurs enseignants figurent Gabrielle Kaufmann-Kohler, directrice du programme, William W. Park, Robert Mnookin, Pierre Tercier, Laurence Boisson de Chazournes, Lu Song, Emmanuel Gaillard, Marcello Kohen, Brigitte Stern, Sebastien Besson, Andrea Bianchi, Jean-Michel Jaquet, Antonio Rigozzi, Erik Wilbers, Lucius Caflisch, ancien juge à la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

L'année académique prochaine, les célèbres Jan Paulsson, Georges Abi-Saab et Albert Jan van den Berg se joindront à l'équipe d'experts mondiaux déjà en place. Tout ceci, sur le papier, n'équivaut cependant pas le feedback d'un étudiant. Aussi, c'est une étudiante, Elena Sevila Sánchez, qui a accepté de partager son expérience avec le programme. Qui es-tu, quelle est ton expérience et pourquoi avoir choisi le MIDS?
Maîtrisant plusieurs langues (espagnol, français, anglais, allemand), issue d'un milieu cosmopolite, j'ai toujours porté, me semble-t-il, un regard ouvert sur le monde. C'est ainsi que j'ai très tôt aspiré à pouvoir exercer, au plan professionnel, une activité qui favorise les rencontres et les synergies avec des personnes provenant d'horizons culturels et linguistiques différents.
Dans cette optique, j'ai tout d'abord effectué, dans le cadre de ma licence en droit à l'Université Miguel Hernandez d'Alicante, un séjour d'une année à la Humboldt Universität de Berlin. Désireuse de compléter ma formation, j'ai ensuite obtenu un DEA en droit européen à l'Université de Genève, en marge duquel j'ai eu l'opportunité de travailler comme stagiaire auprès de la Mission permanente de l'Espagne auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales. Ce stage fut pour moi l'occasion de développer un intérêt marqué pour le droit de la propriété intellectuelle et le règlement international des différends. Après une spécialisation en propriété intellectuelle à l'Université d'Alicante, je suis retournée à Genève pour y accomplir un nouveau stage au sein de l'International Organization for Standardisation (ISO), lequel m'a entre autres permis de me familiariser avec les procédures arbitrales en matière de conflits de noms de domaine. Cette expérience m'a convaincue de la nécessité de poursuivre ma formation dans le domaine du règlement des différends en général, et en particulier de l'arbitrage. A mes yeux, il s'agit là d'une branche du droit en plein essor, permettant tout à la fois d'aborder des matières très diverses (droit commercial, droit de la propriété intellectuelle, droit du sport et droit international public par exemple), de côtoyer des personnalités de grande qualité et de participer à la résolution de litiges dont les enjeux dépassent souvent les frontières.

J'ai appris l'existence du MIDS au travers d'un article de presse. Le descriptif du programme et de ses objectifs, très ambitieux, m'a d'emblée séduite, et le fait que celui-ci soit totalement nouveau m'est apparu comme un atout supplémentaire. Bien sûr, les exigences de qualifications et surtout les frais d'inscription impliquaient un effort conséquent, mais au vu de la qualité annoncée du programme, je me suis décidée à franchir le pas.

Aujourd'hui, j'ai le privilège de compter parmi les étudiants du MIDS, organisé conjointement par la Faculté de droit de l'Université de Genève et l'Institut de hautes études internationales et du développement.

Privilège, d'abord, en ce que le MIDS constitue sans doute l'un des seuls programmes universitaires, au niveau mondial, à offrir une formation dans le domaine de l'arbitrage et du règlement des différends d'une telle qualité, à la fois très complète sur le plan théorique et néanmoins résolument axée sur les réalités pratiques. La diversité des cours, dispensés par des professeurs et praticiens de renommée internationale, permet d'aborder la matière dans toute sa complexité et de développer de solides compétences dans de nombreux domaines liés à l'arbitrage. L'enseignement en anglais représente lui aussi un atout important du MIDS, dès lors que la maîtrise de cette langue s'avère indispensable pour quiconque envisage de se spécialiser dans l'arbitrage.

Dans le cadre du programme, tout est mis en oeuvre pour que les étudiants jouissent des meilleures conditions de travail possibles, comme en témoignent la grande disponibilité du corps professoral et des assistants ainsi que l'excellente organisation des différentes activités (cours, rencontres, conférences, voyages). Cette situation privilégiée a pour corollaire un niveau d'exigence particulièrement élevé qui, pour les étudiants, implique de fournir un travail soutenu et rigoureux en termes de lecture, de recherche et de rédaction. Les efforts ainsi consentis se reflètent dans le dynamisme de l'enseignement et la qualité générale de la formation offerte par le MIDS.

Privilège, ensuite, parce que Genève, ville cosmopolite par excellence abritant d'innombrables organisations et agences internationales, apparaît comme un laboratoire exceptionnel pour l'apprentissage de l'arbitrage. Le fait d'étudier dans un tel environnement donne ainsi l'impression de se trouver en quelque sorte " sur le terrain ", au coeur du sujet. Le programme propose d'ailleurs régulièrement des visites et des rencontres avec différentes personnalités actives dans le domaine de la résolution des litiges et de l'arbitrage. Ces moments sont souvent l'occasion de créer de précieux contacts, susceptibles de déboucher à leur tour sur des opportunités concrètes en vue d'une future activité professionnelle. En cela, le MIDS se présente comme une réelle porte d'entrée dans l'univers difficilement accessible qu'est l'arbitrage.

La Villa Barton où la plupart des cours du MIDS ont lieu.
The Villa Barton where most of the classes take place
Privilège, enfin, car le MIDS est aussi une expérience très enrichissante sur le plan humain. Le nombre limité d'étudiants, leur diversité tant sur le plan géographique que culturel (près de vingt nationalités sont représentées), les fréquents travaux collectifs ainsi que les activités tant universitaires qu'extra-universitaires favorisent les interactions et contribuent à l'ambiance très positive qui règne au sein du groupe. Au fil des semaines, des étudiants d'horizons très divers apprennent ainsi à se connaître et tissent des liens qui, pour certains d'entre eux, perdureront certainement au-delà de l'année universitaire et permettront de constituer un réseau important dans le développement de nos carrières respectives.
Autant de privilèges qui sont autant de raisons de choisir le MIDS ! Je suis aujourd'hui convaincue que l'investissement important qu'il représente constituera une étape déterminante dans la réalisation de mes aspirations professionnelles.


Voilà qui conclut cette présentation. On pourrait ajouter que le quotidien de l'étudiant se résume au travail et, en particulier, à la lecture. Il faut même partir de l'idée que le temps manquera! A noter que, dès l'année prochaine, les cours se tiendront dans la somptueuse villa voisine, la Villa Monyier, dans le parc du même nom, à deux pas du Musée de l'histoire des sciences et de la Villa Barton:

Avec vue sur le Lac et le Parc Monyer naturellement!
With a lovely view on the lake!
Vue de l'aile droit
The right wing

la Villa Barton
The Villa Barton

De plus loin!
Far accros the lawn!


In September last, the first MIDS students (Master in International Dispute Settlement) were confronted to the realm of high-stake disputes. Interstate disputes before the International Court of Justice, the International Tribunal for the Law Of the Sea or the World Trade Organisation, State-private before the International Center for the Settlement of Investment Disputes and commercial arbitrations between companies.

This Master stemmed from a close collaboration between the University of Geneva and the Graduate Institute of International and Development Studies. The students were directly put on the international level by visiting, in 2008, the WIPO and the WTO, and attending conferences in Bern, Geneva and Basel. In 2009, the will travel to Paris, the Hague and eventually Washington, Frankfurt, Hong-Kong or Taipei.

The list of their teachers is impressive: Gabrielle Kaufmann-Kohler, director of the program, William W. Park, Robert Mnookin, Pierre Tercier, Laurence Boisson de Chazournes, Lu Song, Emmanuel Gaillard, Marcello Kohen, Brigitte Stern, Sebastien Besson, Andrea Bianchi, Jean-Michel Jaquet, Antonio Rigozzi, Erik Wilbers, Lucius Caflisch, former judge at the European Court of Human Rights.

The next academic schoolyear will welcome the famous and honoured Jan Paulsson, Georges Abi-Saab and Albert Jan van den Berg as part of the world experts team already in place.
Because the program is actually in English, this article would be incomplete without the feedback of an American student from New-York, Angelina Petti. She agreed to share her experience, the reasons that led her accross the Atlantic Ocean even though the US are home to the most prestigeous universities in the world, and what the MIDS was able to bring her.
When asked to write this blog detailing how I choose to become a student of the MIDS it got me thinking... How did I really get here? I guess I was first introduced to arbitration during my law school studies when I took courses in alternative dispute resolution and competed in the Willem C. Vis Moot. These initial contacts with the subject matter inspired me to prepare a law review note analyzing the U.S. Federal Arbitration Act. I was hooked. I soon came to believe that arbitration was the future of dispute resolution, especially in the realm of international business. I believed that international arbitration played an important role in providing an efficient means for resolving commercial disputes and that parties should be afforded the right to decide the manner in which they would like to settle their controversies.

Upon graduating from law school, my interest in arbitration and international dispute settlement continued to develop, even though my career was heading in a completely different direction. I shortly came to the realization that I needed to find a way of breaking into the field. I understood that pursuing an LLM in the subject would be the best method of doing so. Choosing to forgo a steady income in pursuit of studies at a time of economic turmoil was questionable. I knew that if I were to return to the classroom it would need to be for a program that was worthwhile. I'm happy to say that the MIDS had everything I was looking for in an LLM program.

With the many prestigious academic institutions in the United States one may wonder why I chose to move across the ocean in search of my LLM. The reasons were quite simple.

I thought if I were to be serious about a career in international dispute settlement it would be necessary for me to broaden my own perspective. A global point of view is a critical skill set that is not easy to come by in the US. International dispute settlement by definition is a practice that involves individuals of different nationalities as well as legal backgrounds. An LLM that does the same would be immeasurable in value. The MIDS program provides this opportunity and encourages diversity of thinking. With myself included, twenty nationalities are represented in my class. In the program I have meet people with diverse customs, personality and legal backgrounds. What I am learning about others is allowing me to learn more about myself and strengthened my ability to perform in this field of practice. With this program I will obtain the skills necessary for working in a multicultural environment.

In addition the MIDS is one of the few academic programs in this area. The curriculum of the program is both grounded in academic theory as well as practical realities. On the one hand, we engage in theoretical discussions during class and are required to write several research papers including a master thesis at the close of the program. On the other hand, we have the chance to participate in moot courts and take part on advocacy training. In addition, the courses cover the whole spectrum of international dispute settlement and it is not focused on one mechanism.

In addition, as a part of the program we are kept abreast of developments in the area of arbitration and international dispute settlement. We are given access to a number of conferences and events where we are able to hear discussions made by the most respected authorities in the field. The program also entails on-site visits to many of the venues of international dispute settlement. As a student of the program I am able to benefit from the fact that Geneva is both the home of so many international institutions as well as geographically located in the center of Western Europe. This semester the students of the program have visited World Trade Organization and World Intellectual Property Organization. In the upcoming months, we plan to visit The Hague as well as the International Chamber of Commerce.

For all of these reasons I am confident that I made the right choice in applying to the MIDS program. I know that this academic and personal experience will allow me to practice in the field of international arbitration and achieve my career goals.

Before I end this long presentation of what I consider to be one the best programs in the field, I should add that the classes will take place at the Villa Monnyier, next year, only a fiew feet away from the Villa Barton and the History of Sciences Museum (see pictures above the english text). Finally, all students whom I talked with agree on the following point: you will lack time to study and your days will be filled with reading and writing. This should be seen as the first step the students actually take in the world of international dispute settlement.

http://www.mids.ch