Mon blog 7ème art
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Sandrine - 14.02.2016 | 1 réactions | #link | rss

Deux films aux partis pris bien différents autour d'une même thématique. Si le premier est un petit "bijou cinématographique" tant au niveau des couleurs, de la photographie que de la reconstitution de l'Amérique bourgeoise des années 50 ; le deuxième, lui, inspiré d'une histoire vraie, met en avant un combat pour l'égalité.

Carol, belle adaptation du roman éponyme de Patricia Highsmith, publié en 1952, conte l'histoire d'amour de feux femmes que tout oppose dans la période d'après-guerre, où la différence était mal tolérée par la société. Tandis que la vie de l'une s'effondre et que l'autre peine à trouver sa place en ce monde, l'intensité du lien qui les unit va bouleverser à jamais leur vie.

Un drame amoureux poignant, séduisant par la beauté de ses plans séquences, ses couleurs, son élégance, sa pudeur et la qualité d'interprétation de ses actrices. Rooney Mara a d'ailleurs obtenu le prix d'interprétation féminine au dernier Festival de Cannes.

Free Love, inspiré de l'histoire de Laurel Hester et Stacie Andree, émeut par l'intensité de son propos. La mise en scène volontairement timide pour ne pas dire minimaliste laisse place à un film genre documentaire, pour nous conter la situation complexe et injuste dans laquelle est plongé ce couple. L'ambition du film n'est pas de réinventer le cinéma, mais juste d'exister et de témoigner.

La vie de Laurel, inspecteur émérite, bascule le jour où elle apprend qu'elle est en phase terminale du cancer. Dès lors épaulée par sa compagne, elle consacrera une partie de la fin de sa vie à se battre pour que leurs droits soient respectés et que sa pension soit reversée à sa veuve.

Julianne Moore livre une performance impressionnante, comme à son habitude, et une belle alchimie l'unit à Ellen Page. Même si le scénario de Ron Nyswaner (Philadelphia...) n'est pas centré sur l'histoire d'amour, le film aurait gagné en puissance s'il avait développé plus profondément les sentiments des deux protagonistes, afin de créer une plus forte empathie.

Beaucoup de cinémas ont fait le choix de ne sortir que le premier... Il est certainement plus facile encore de nos jours de mettre en avant une histoire d'amour saphique avec un happy end dans un temps révolu avec un réel investissement cinématographique, plutôt qu'une lutte malheureusement toujours d'actualité avec un parti pris qui n'est pas axé sur la réalisation mais son contenu.

Sandrine - 22.02.2015 | 1 réactions | #link | rss

"Si tu t'accroches à la vie, elle finit toujours par te récompenser." Cheryl Strayed a toujours gardé en mémoire le leitmotiv de sa maman, qui a fini par la guider tout au long de son périple. Afin de retrouver une identité réconciliée et fuir une vie devenue suffocante: échec de son couple, addictions, décès... Cheryl se lance le défi de réussir une partie de la Pacific Crest Trail, soit 1500 kilomètres à pied en solitaire.

Au travers d'une mise en scène somme toute classique, alternant flashbacks et moments d'introspection, caméra à l'épaule, Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club) nous confronte habilement à la fois au voyage intime de Cheryl mais aussi à nos propres démons. Reese Witherspoon (Walk The Line) est l'actrice idoine pour ce rôle, tour à tour fragile, émouvante et courageuse. Peut-être que la profession la récompensera à nouveau cette nuit de l'Oscar de la meilleure actrice :))

Wild est une véritable ode à la vie, qui conte l'histoire vraie et "extraordinaire" d'une femme ordinaire.


Sandrine - 31.10.2014 | 4 réactions | #link | rss
Je vous le concède, je ne suis pas un modèle de régularité en ce qui concerne les majs de ce blog, mais je n'ai jamais eu de meilleure raison que celle qui a motivé mon absence de ces derniers mois. Pour faire simple, le transit de Jupiter en Lion associé à la conjonction Mars-Saturne ont été bénéfiques pour tous les natifs de la fin avril :))) Concrètement, j'ai débuté une nouvelle étape passionnante de ma vie. Quoi qu'il en soit, j'ai pensé à vous à chacune de mes séances ciné. Aujourd'hui, il me tenait à coeur de parler du film Sils Maria, qui même s'il n'est plus à l'affiche, mérite une bonne publicité avant sa sortie DVD.

Pari osé que celui d'Assayas de porter à l'écran une histoire qui tend à démystifier le métier d'actrice.

Après avoir connu la gloire au théâtre en incarnant Sigrid, jeune femme ambitieuse au charme trouble, qui pousse au suicide sa supérieure hiérarchique, Maria Enders se voit proposer, une vingtaine d'années plus tard, de jouer la même pièce en inversant les rôles...

Outre la brillante réflexion sur la réalité cruelle de la longévité de carrière des comédiennes, le film est porté par un captivant trio d'actrices. Kristen Stewart est juste magistrale en assistante et confidente dévouée. En dépit de la pudeur et de la rigueur qu'elle insuffle à son personnage, certaines de ses répliques font mouche et prennent un double sens, surtout quand on sait "l'affection" des détracteurs de l'actrice. Juliette Binoche s'oppose quant à elle radieusement au diktat de la jeunesse malgré quelques grandiloquences. Enfin Chloë Grace Moretz s'en sort honorablement en starlette intéressée et faussement écervelée.

Assayas convie le spectateur à s'investir et à imaginer l'issue de chacune des protagonistes au travers une disparition, un sourire... Au final, il impose son style épuré, mystérieux et élégant, mais frôle parfois dangereusement la prétention.

Sils Maria démontre avec lucidité la fragilité de la réussite face au temps qui passe et à fortiori si on est une femme. Je me rends compte, en concluant cette critique, que je n'ai qu'une hâte : revoir le film et certainement en découvrir davantage.




Sandrine - 13.07.2014 | 1 réactions | #link | rss
Un mois de juillet sans aborder le NIFFF n'était bien sur pas concevable :O) L'édition 2014 s'est terminée hier après 9 jours riches de découvertes et de frissons !

Venons-en à la projection de vendredi, Honeymoon, un des 14 films en compétition. Pour son premier long métrage, Leigh Janiak nous livre un film certes pas parfait mais ambitieux et plus que prometteur.

Béa et Paul s'imaginent avoir trouvé l'endroit idéal pour passer leur lune de miel. En effet, quoi de mieux qu'un petit chalet perdu au milieu d'une forêt aux abords d'un lac ? Ce cadre idyllique devient pourtant le témoin de l'inévitable déliquescence de leur couple...

La scène d'ouverture du film est brillamment construite, emplie du bonheur d'un couple tout récemment marié, où seules la musique et la bande son laissent envisager un hypothétique drame. La suite du long métrage est tout aussi habile, bien que parfois un peu longue et installe progressivement une ambiance plus qu'anxiogène. Au travers de sa mise en scène et de sa direction d'acteurs, Leigh Janiak impose déjà un style très affirmé et intelligent. Reste un twist final décevant et franchement bancal qui malheureusement gangrène le tout.

Le film peut s'appuyer sur la belle performance de ses acteurs principaux que sont Rose Leslie (Game of Thrones) et Harry Treadway.

Si vous avez toujours rêvé d'un film au carrefour de Rosemary's Baby, d'Alien et de Rencontre du troisième type vous serez servis :) Gageons que Leigh Janiak nous réservera de belles surprises dans le futur.


Sandrine - 01.07.2014 | 1 réactions | #link | rss

Parce que ce soir j'ai à nouveau été émue aux larmes... retour en arrière sur un film incontournable de l'année 2009. Si vous disposez de la fonction replay, n'hésitez pas ! (RTS1, lundi 1er juillet, 20h25)

Pour son deuxième long-métrage en tant que scénariste et réalisatrice, Sherry Hormann n'a pas choisi la facilité. Cinéaste engagée en faveur des droits des femmes, elle ose le pari d'adapter Fleur du désert, la bouleversante biographie de Waris Dirie. Le film conte l'incroyable destin d'une petite fille, élevée dans la rudesse et les traditions du désert africain, qui deviendra un top model reconnu. Ainsi nommée par sa maman qui la savait vouée à un grand destin, Waris signifie " Fleur du désert " véritable miracle dans la nature sèche de Somalie.

Sherry Hormann a délibérément édulcoré certains passages du livre, selon le souhait de Waris Dirie, pour en faire un film qui se veut autant un cri qu'une ode à la vie. Toutefois, si cette démarche est compréhensible et apporte certes un peu de légèreté et d'humour, elle entraîne malheureusement quelques scènes convenues qui n'apportent rien à l'histoire.

Le film trouve alors essence dans ses scènes plus intimistes, traitées avec pudeur, lorsque la musique cesse et que l'on devine plus que l'on ne voit. Cette émotion se retrouve notamment lors de l'excision ou encore lorsque Waris Dirie se laisse photographier nue pour la première fois.

Soraya Omar-Scego et Liya Kebele, qui se partagent le rôle de Waris Dirie, adolescente et adulte, sont étonnantes de ressemblance avec leur modèle. Elles mettent énergie, fraîcheur et sincérité au service des thématiques douloureuses qu'aborde le film. En effet, au-delà de l'excision, il est aussi question du mariage forcé, de la condition des sans papiers et du choc des cultures.

A noter aussi la performance de Timothy Spall qui interprète un photographe de mode décalé, bien éloigné des clichés qu'on prête habituellement à cette profession.

En dépit de certaines inégalités et d'un montage bancal, Fleur du désert est un film courageux et engagé, témoignage saisissant sur les mutilations génitales féminines.

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Sandrine - 01.07.2014 | 3 réactions | #link | rss
Rien ne va plus ! Il est temps que je travaille à nouveau à ce blog, car comme me l'a fait gentiment remarquer ma belle-soeur, j'ai chuté sur le questionnaire ciné du Duel Quizz ;)))

La critique de Barbecue étant prête depuis quelques semaines déjà, je la publie, même si le film n'est plus vraiment à l'affiche.

"Il n'est de plus belle famille que celle que l'on se crée" tel est le point de départ de la nouvelle comédie d'Eric Lavaine. Toutefois, au fil des années, l'amitié, si on ne l'entretient pas, s'émousse, gangrénée par les habitudes, les politesses et les faux-semblants.

Victime d'un infarctus, Antoine décide de changer radicalement sa façon de vivre. Adieu tofu, jogging et bonnes manières, place aux cigarettes, festins et vérités assassines. Sa crise de la cinquantaine mettra à mal l'harmonie qui régnait au sein de son groupe d'amis...

En dépit de lourdeurs scénaristiques et de bonnes idées pas toujours bien exploitées, le film d'Eric Lavaine réussit le double pari d'à la fois amuser et émouvoir. Cette comédie douce-amère s'appuie sur les qualités d'acteurs et les talents comiques de son casting. A noter la performance de Guillaume de Tonquédec, parfait dans son rôle de gentil boulet.

Barbecue n'est certes pas la comédie de l'année, mais sans nul doute un divertissement honnête et rafraîchissant, à savourer en compagnie de sa propre bande d'amis, pour en saisir toutes les nuances.




En bref (nouvelle rubrique qui viendra désormais régulièrement perturber mes fins d'article, pour aborder en vitesse les autres films visionnés et sur lesquels je n'ai pas le temps d'écrire) :

Même si le scénario édulcoré de l'adaptation de la série littéraire à succès de Veronica Roth n'est pas inintéressant, le film de Neil Burger Divergente manque cruellement d'ambition et le casting de charisme... n'est pas Jennifer Lawrence qui veut !

Sandrine - 23.01.2014 | 2 réactions | #link | rss

Le projet avait tout pour plaire. De la réalisatrice Kimberly Pierce, remarquée pour son formidable Boys Don't Cry, aux actrices confirmées que sont Julianne Moore et la jeune Chloë Grace Moretz, en passant par le scénariste Roberto Aquirre-Sacasa, qui avait déjà approché l'univers de Stephen King pour une adaptation animée du Fléau... Résultat : un remake bien peu concluant.

Le "dépoussiérage" de la réalisatrice se révèle une pâle copie de la version de 1976 Carrie au bal du diable de Brian de Palma et n'amène au final aucune vraie nouvelle lecture du roman de Stephen King.

Là où Sissy Spacek crevait l'écran, Chloë Grace Moretz peine à trouver son propre registre d'interprétation et s'enlise dans un jeu ampoulé. Julianne Moore, quant à elle, s'en sort honorablement et se montre plutôt convaincante en mère bigote et abusive.

Encouragée par Brian de Palma, Kimberly Pierce, d'abord hésitante, a fini par s'engager dans l'aventure. Force est de constater malheureusement que, son nouveau long-métrage ne marquera pas autant les esprits que son premier.

Pour résumer, cette troisième adaptation du tout premier roman du Maître de l'horreur apparaît bien maladroite et manque cruellement d'ambition en dépit de son fort potentiel de départ.


carrie-la-vengeance


Pour découvrir le synopsis, la bande annonce et l'étonnante promotion de Carrie, la vengeance, c'est ici.

A noter qu'un superbe Mad Movies hors série, consacré aux adaptations des romans de Stephen King, est paru le 21 décembre, à n'en pas douter l'objet deviendra collector ! :) (164 pages, 22,60FS)

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