Entre 1800 et 1950, 100'000 enfants orphelins suisses ont été placés arbitrairement, sous l'égide des autorités ecclésiastiques, dans des familles paysannes. Souvent exploités, maltraités et battus, leur vie est le point de départ du synopsis de l'Enfance volée, de Markus Imboden.

Le film retrace quelques années de l'adolescence de Max, qui trouve dans l'accordéon, un exutoire à la brutalité de sa famille d’accueil. C'est aussi le seul lien qui le rattache à ses origines. Sa rencontre avec Berteli (Lisa Brand), placée dans la même famille, va lui redonner espoir, rêves, mais aussi le courage de fuir son sordide quotidien.

La force du film repose dans l'interprétation de ses acteurs, tous très justes. Mention spéciale au jeune Max Hubacher, qui a d'ailleurs été tout récemment récompensé à Soleure, pour la meilleure interprétation masculine.

Le film rend compte d'une double réalité : la profonde misère de la condition paysanne de cette époque et la cruauté qui en découle à l'égard de la plupart des enfants placés.

Une histoire coup de poing bouleversante qui met en avant une page peu glorieuse de l'histoire suisse, longtemps passée sous silence.

Pour aller plus loin, visitez l'exposition "Enfances volées" au Musée d'Art et d'Histoire de Fribourg, jusqu'au 19 août.