Je vous le concède, je ne suis pas un modèle de régularité en ce qui concerne les majs de ce blog, mais je n'ai jamais eu de meilleure raison que celle qui a motivé mon absence de ces derniers mois. Pour faire simple, le transit de Jupiter en Lion associé à la conjonction Mars-Saturne ont été bénéfiques pour tous les natifs de la fin avril :))) Concrètement, j'ai débuté une nouvelle étape passionnante de ma vie. Quoi qu'il en soit, j'ai pensé à vous à chacune de mes séances ciné. Aujourd'hui, il me tenait à coeur de parler du film Sils Maria, qui même s'il n'est plus à l'affiche, mérite une bonne publicité avant sa sortie DVD.

Pari osé que celui d'Assayas de porter à l'écran une histoire qui tend à démystifier le métier d'actrice.

Après avoir connu la gloire au théâtre en incarnant Sigrid, jeune femme ambitieuse au charme trouble, qui pousse au suicide sa supérieure hiérarchique, Maria Enders se voit proposer, une vingtaine d'années plus tard, de jouer la même pièce en inversant les rôles...

Outre la brillante réflexion sur la réalité cruelle de la longévité de carrière des comédiennes, le film est porté par un captivant trio d'actrices. Kristen Stewart est juste magistrale en assistante et confidente dévouée. En dépit de la pudeur et de la rigueur qu'elle insuffle à son personnage, certaines de ses répliques font mouche et prennent un double sens, surtout quand on sait "l'affection" des détracteurs de l'actrice. Juliette Binoche s'oppose quant à elle radieusement au diktat de la jeunesse malgré quelques grandiloquences. Enfin Chloë Grace Moretz s'en sort honorablement en starlette intéressée et faussement écervelée.

Assayas convie le spectateur à s'investir et à imaginer l'issue de chacune des protagonistes au travers une disparition, un sourire... Au final, il impose son style épuré, mystérieux et élégant, mais frôle parfois dangereusement la prétention.

Sils Maria démontre avec lucidité la fragilité de la réussite face au temps qui passe et à fortiori si on est une femme. Je me rends compte, en concluant cette critique, que je n'ai qu'une hâte : revoir le film et certainement en découvrir davantage.