Vous ne savez pas quoi faire dimanche soir ?

Après avoir séduit l'an dernier les festivaliers de Cabourg, d’Angoulême et de Cannes, Le nom des gens revient sur nos écrans romands pour une soirée exceptionnelle dans l'amphithéâtre de Martigny .

Inspiré par beaucoup de leur vécu de couple mixte, Michel Leclerc et Baya Kasmi nous livrent une comédie politico-romantique engagée, qui n’a pas peur de dénoncer l’absurdité du débat sur l’identité nationale.

De son passage à Nulle Part Ailleurs, Michel Leclerc a gardé un ton délibérément irrévérencieux qui fait mouche. Il le met au service d’un scénario audacieux et frais, truffé de dialogues irrésistibles et intelligents.

Pour son deuxième long-métrage, il aborde à nouveau la thématique du couple (J’invente rien) et met en scène le duo improbable formé par Sara Forestier et Jacques Gamblin. La réussite du film repose sans conteste sur la qualité de ses interprètes principaux, qui osent tout devant les caméras du réalisateur. Jacques Gamblin, un brin taciturne et coincé, convainc en spécialiste des épizooties. Quant à Sarah Forestier (L'Esquive), sa gouaille et son impertinence servent parfaitement son personnage. Faisant fi des préjugés, ils nous présentent un couple jubilatoire et pétillant.

A noter un cameo sympathique de Lionel Jospin, auteur de son texte, où il prouve qu’il ne manque en aucune façon d’autodérision.

Certaines scènes ne sont pas sans rappeler le cinéma de Woody Allen, Michel Leclerc ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à son sujet. Ainsi, le héros échange régulièrement ses réflexions avec son alter ego plus jeune.

Enfin, sur plusieurs plans, Michel Leclerc use habilement du gros grain afin de créer une atmosphère nostalgique et chargée en émotion avant de revenir à une HD plus classique.

En dépit de quelques scènes superflues, voire racoleuses, Le nom des gens se révèle un incontournable de l'année 2010.