"C'est pour ton bien" parce que les choses les plus destructrives sont très souvent faites avec les "meilleures" intentions...


Dans certaines archives bouddhistes, on trouve des aberrations qui vont à l'encontre des découvertes récentes en psychologie de l'enfant et des neurosciences. Ainsi, la personne du Dalaï-Lama qui semble vouloir donner des conseils pour une meilleure "éthique de vie", tient des propos qui incitent à la violence en disant que les méthodes dures peuvent aider. Avec cette seule et unique phrase, on comprend immédiatement que le Dalaï Lama est dans le déni de la véritable douleur des traitements reçus en tant qu'enfant, car s'il pouvait sentir ce qu'on lui avait réellement fait, il ne pourrait pas dire  :

"Sur la base d’un souci sincère pour le bien-être d’autrui à long terme, les méthodes peuvent être tantôt dures, tantôt douces". 

Car le véritable bien-être d'autrui fait abstraction de toute violence. Il est fait de respect du corps d'autrui et de son psychisme. Car la violence détruit le cerveau en créant des décharges de stress qui détruisent les lobes frontaux, siège de l'empathie. Et le mal se transmet parce que la mémoire traumatique qui s'installe dans le cerveau pousse à la reproduction. C'est ça le souci sincère du bien-être d'autrui ? L'aide apportée à autrui doit pouvoir soulager la souffrance et pas en provoquer. "L'aide" qui provoque de la souffrance ne peut se prévaloir d'un quelconque positivisme.

Le seule chose que le fameux fouet a réussi à faire au Dalaï-Lama, c'est de le terroriser au point où à l'âge adulte encore, il doit rester dans le déni pour ne pas sentir cette terreur et cette douleur. Il trouve donc des explications qui excusent l'horreur et qui la montrent sous un jour positif. Cela lui permet de ne pas affronter le traumatisme. Rien de tel qu'une explication qui réactive le néo-cortex et bloque le cerveau émotionnel pour que l'anesthésie puisse être sauvegardée. Souffrance évitée = souffrance reproduite. L'équation est simple. Mais apparemment trop difficile à avaler pour ceux qui n'ont pas rencontré l'enfant qu'ils furent.

Il est intéressant de voir que, bien souvent, les personnes qui se disent être spirituelles trouvent des moyens pour légitimier les abus et tentent de les transformer en expériences positives. "En m'humiliant, ma mère m'a aidé à sa façon". Cela bloque de plein fouet toute indignation et permet de sceller le refoulement. L'humiliation n'est pas une aide mais un abus ; le fait de le transformer en "aide" permet de ne pas sentir la douleur du traumatisme et de rester dans l'idéalisation que le parent fut aimant. Merci à Alice Miller qui écrivait qu'en "se refusant à pardonner, on renonce à toutes les illusions".

Un exemple à ne pas suivre :
 

Extrait des pensées du Dalaï Lama

http://www.berzinarchives.com/web/fr/archives/approaching_buddhism/introduction/how_to_lead_ethical_life.html

Comment aider autrui

En ce qui concerne la manière d’aider les autres, il y a de
nombreuses façons de le faire ; en général, cela dépend des
circonstances. Quand j’étais jeune, vers sept ou huit ans, et que je
devais étudier, mon tuteur Ling Rinpotché gardait toujours un fouet
sur lui. à cette époque, mon frère aîné immédiat et moi-même
étudiions ensemble. Alors en fait, il y avait deux fouets : l’un des
deux était jaune, c’était un fouet sacré, un fouet pour le Dalaï-
Lama. Même un fouet sacré, quand on l’utilise, je ne pense pas qu’il
provoque une quelconque douleur sacrée !
Cela semble dur comme
méthode, mais en réalité ce fut très utile.

Finalement, le fait qu’une action soit utile ou nuisible dépend de la
motivation.
Sur la base d’un souci sincère pour le bien-être d’autrui
à long terme, les méthodes peuvent être tantôt dures, tantôt douces.
(...)

Les méthodes violentes et non-violentes

Donc, quelle est la meilleure manière d'aider autrui ? C’est
difficile. Nous avons besoin de sagesse ; il nous faut avoir une
conscience claire des circonstances ; et nous avons besoin de
flexibilité pour recourir à des méthodes différentes en fonction des
circonstances. Mais le plus important est la motivation : nous avons
besoin de nous sentir sincèrement concernés par les autres.

Par exemple, que l’on emploie une méthode violente ou non violente
dépend sensiblement de notre motivation (...)

 

Voici la réaction d'un lecteur que je remercie pour sa clairvoyance

Merci de m'avoir signalé ce passage. J'avoue que, sans me surprendre, il me déçoit pas mal. J'aurais cru que le Dalaï-Lama, après toute une vie de méditation, aurait raisonné d'une façon un peu moins banale et un peu plus consciente. Ce qu'il dit là : "Cela semble dur comme méthode, mais en réalité ce fut très utile", c'est ce que disent tous  les adultes qui ont subi, de leurs parents ou de leurs éducateurs,
des violences habituelles dans la société où ils vivaient, et ne les ont pas remises en question. Avec un raisonnement pareil, on justifie aussi bien le fouet que la gifle et la fessée ou la bastonnade. J'ai entendu exactement les mêmes propos de gens qui avaient été frappés à  coups de bâton. Mais ce passage, pour moi, prouve autre chose. C'est que la méditation et la prière sont incapables de faire prendre conscience du mal causé par la violence faite aux enfants.

 Les Eglises chrétiennes pendant vingt siècles ont prié, appelé sur elles  le Saint-Esprit, et pendant vingt siècles elles ont recommandé de battre les enfants. Il a fallu que ce soient des dissidents de la
religion ou des athées qui montrent que battre des enfants est de la maltraitance et a des conséquences catastrophiques. Jésus pourtant a parlé des enfants dans des termes qui auraient dû pousser ses disciples à renoncer à cette méthode d'éducation. Mais précisément parce qu'ils avaient été eux-mêmes battus par leurs parents auxquels ils étaient viscéralement attachés, comme tous les enfants, ses  disciples n'ont pas pu comprendre ce qu'il disait.