le quotidien d'une psychothérapeute Psychothérapie corporelle et jungienne
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la renarde - 04.12.2008 | 0 réactions | #link | rss

J'observe, dans ma pratique et dans ma vie quotidienne, la pauvreté sensuelle, la vraie misère d'amour, de lien.

Ces patients, bien adaptés socialement, souffrent parfois intensément à l'intérieur, d'un vide immense, lorsqu'il commence seulement à être ressenti.

 

Carence  de toucher vrai.  Pour moi, cela vient  souvent de la toute petite enfance. La mère, ou le père, ont-ils été vraiment  nourriciers dans leur gestes et leur simple présence. On ne parle jamais de la qualité du toucher. De la présence dans le corps. Cette présence est celle d'une attention donnée, avec non seulement son attention consciente, vision, écoute, sensation mais surtout une ouverture des sens, comme si la peau tout entière est à l'écoute, l'entière surface du corps porte l'enfant contre lui, l'entière surface du corps  s'adresse au tout petit avec une animalité essentielle retrouvée, dans l'attention et la présence.  Cette qualité de toucher, peu de personnes ont pu en bénéficier et s'en nourrir.  C'est ainsi que l'on grandit dans le manque et le désert affectif.

Si le vécu reste inconnu, ce qui émerge c'est seulement le manque.

 

Au niveau physique, ce manque se traduit souvent par des plaques d'eczémas ou une peau rêche qui n'invite pas au contact, tant elle le craint, puisqu'elle ne l'a jamais reçu.  Il y a aussi tant d'autres façons de manifester cet enfermement dans la chair non reconnue...

 

Je manque de douceur, de contact, mais je ne le sais pas puisque je n'ai jamais pu le ressentir vraiment.  Alors, tant bien que mal, je vis ma vie et mes échanges affectifs, amoureux, j'accueille mon enfant avec la qualité tactile dont j'ai bénéficié.  Si j'ai la chance de RESSENTIR un jour un TOUCHER VRAI je vais être émue jusqu'au plus profond de moi et comprendre ce dont mon corps a véritablement besoin. Et je devient capable de me le donner à moi même et de le transmettre autour de moi.

la renarde - 27.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

La dépression... une extraordinaire aventure humaine...

 

 L'illusion de mener notre barque à notre guise s'estompe et avec cette illusion s'estompe aussi toute souffrance !

 

Lorsque tout s'effondre, on ne voit plus le bout de la nuit, et l'on sait au fond de soi qu'elle durera toujours.  Il y a en chacun, un gouffre immense que nous préférons ignorer, que nous n'avons pas du tout envie de voir, de reconnaître ou pire encore d'explorer. Ce chaos intérieur, cette confusion est effectivement quelque chose d'absolument effrayant  ou plus aucune aide ne nous parvient vraiment de l'extérieur. Un guide, un ami, un thérapeute peuvent soutenir notre démarche mais, la solitude y est parfaite.  Il faut  s'avancer seul, sans comprendre, sans espoir. A ce stade, notre seule richesse est d'avoir reconnu notre faiblesse et notre impuissance.  Il faut  bien reconnaître que le danger est immense de ne jamais trouver l'issue et de se perdre à tout jamais. Une seule expérience préalable nous habite encore, même si elle n'est plus qu'une vague constatation dont on ne se souvient même plus de la saveur : C'est la certitude d'être Aimé et conduit. Aimé de Dieu, de la Présence, de la Lumière, de la Mère divine, du centre Cosmique.... Quel que soit le nom que prend la Totalité. Le Un.

 

Souvent, nous nous sommes, battus pour ne pas sombrer et  avons accepté toutes sortes de compromis jusqu'à ne plus  nous reconnaître vraiment,  notre personnalité  performante par ailleurs, est devenue informe et vide, la vie n'afflue plus.

 

Puis la vie se charge de nous désarçonner... Une perte, un abandon, une maladie et nous sommes jetés dans le chaos incompréhensible.

 

La seule solution, accepter l'irréversible et reconnaître qu'il n'y a absolument rien à faire.

 

Prendre alors, extrêmement soin de soi, c'est ne pas fuir les larmes, les angoisses, la terreur qui s'empare de nous, de la moelle épinière au fin fond de l'âme. C'est  se mettre à l'écoute. C'est dire, se dire avec la souffrance.

 

Si l'entourage nous encourage à oublier, à nous reprendre,  cela ne fait qu'aggraver la souffrance. On peut alors, l'enfouir plus profondément et revenir à la raison, à un semblant de vie active. Dans ce cas là, bien souvent c'est le corps qui fini par s'exprimer dans la maladie, souvent grave ou même allant jusqu'au refus de la vie. On peut aussi se lancer dans l'autodestruction par substance ou pas activités. Alors, on ne pénètre pas sur le territoire de la  conscience, on ne fait qu'en retarder l'échéance.

 

Si l'on devient, complètement notre souffrance, l'évidence est là que nous sommes aussi bien autre chose et que la  PAIX  que l'on désire tant est tout simplement accessible, parfaite. Bien que encore instable, elle s'installe d'abord pour de courts instants, puis fini par s'imposer en douceur. Elle est alors plus légère et lumineuse que jamais. D'un coup, cette souffrance qui nous collait à la peau et qui semblait si lourde et sombre perd toute consistance.

 

L'esprit devient alors parfaitement lucide et la clarté augmente considérablement.

 

Les perceptions deviennent plus fines et la vie devient Présence, les circonstances s'accélèrent pour répondre à nos besoins, à nos attentes. C'est l' intégration,  VIVRE en interaction avec la Vie vivante, dans le courant de la vie, dans un monde vraiment vivant.

Vie vivante, dans le courant de la vie, dans un monde vraiment vivant.  On peut alors enfouir nos racines dans le sol, trouver la source et toucher les étoiles, tout à la fois !


la renarde - 26.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

" La dépression, la douleur, et la peur sont des cadeaux qui vous disent:

 “Mon coeur, jette tout de suite un coup d'oeil à tes pensées. Tu es en train de vivre une histoire qui n'est pas vraie pour toi.” "  Katie Byron

 

 

Nous pouvons voir la dépression comme une sagesse profonde, un message de notre corps qui nous réoriente dans un sens plus propice à notre développement personnel, nous rapproche de nos aspirations.  L'organisme tout entier est ralentit, confus, le brouillard humide règne et nous fait perdre nos orientations habituelles. Les gestes coutumiers deviennes alors questionnement et l'on se rend compte peu à peu qu'ils sont dénué de sens.  Le but devient flou, le chemin ne semble plus si évident. C'est un temps de réflexion et d'attente. Pas forcément facile à parcourir tant que l'être de raison s'accroche à l'ancien fonctionnement et refuse de lâcher prise, paralysé qu'il est par la peur de l'inconnu. Cette peur est bien légitime, pour la plupart d'entre nous,  qui n'avons vécu dans un monde surprotégé qui nie  les paliers d'évolution, les différentes initiations et les remises en questions.

 

Ainsi,   la dépression météo nous annonce la pluie, celle qui nous tient enfermés dans nos maisons mais aussi celle qui féconde la terre, celle qui ruisselle dans les vallées fertiles,  fait naître de nouvelles pousses prometteuses et couvre la terre de végétation : refleurissement et épanouissement :  abondance de fruits !

 

Enfermé dans nos maisons, comme enfermés dans nos corps de chair sans plus savoir en lire les messages. Ignorants  de la sagesse profonde qui dort en nous depuis toujours.

 

Et si nous nous mettions juste à l'écoute de nos ressentis ?

 

 

 

 

la renarde - 26.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

Parfois, je  trouve  la brèche, la porte, là où passer pour que mon patient m'entende, commence à m'écouter, à sentir ma présence. A me dire, à se dire, à partir de son centre.

 

Parfois je ne le trouve pas,  ce point par lequel s'initie le processus.

 

Il m'arrive de m'embourber dans de l'inefficace, du vite fait, du superficiel, du brusque, du lâche. Alors je commence à m'angoisser. Et si le patient n'était pas satisfait ! Et si rien ne bouge !

 

Et si c'était juste son besoin d'être en colère contre moi, de ne rien accepter pour lui, de me rejeter.. C'était donc juste pour moi d'être nulle avec lui...

la renarde - 25.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

C'est incroyable comme je peux être différente d'une séance à l'autre. C'est  que mon patient m'informe, me donne forme... une adaptation immédiate à la représentation du monde du patient.  Non que je sois différente de qui je suis, c'est une capacité mimétique qui se met en place presque malgré moi dans la position d'écoute. Elle m'est utile parce que j'en suis consciente. Je me vois être différente et ainsi je comprends comment se sent l'autre en face de moi.

la renarde - 25.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

25 octobre 2008

S'autoriser à être névrotique...

Au fond, pourquoi venir se cacher dans le terrier en face d'un autre qui nous regarde et nous écoute ? Se cacher pour se dévoiler, pour mieux comprendre sa souffrance, ou bien, cesser enfin de souffrir si inutilement, cesser d'être stérile dans une vie bien organisée, des amitiés ficelées et des amours bien mesurées. Trouver la paix, me dit une toute jeune fille, après tant de souffrances, tant d'efforts je ne souhaite qu'une chose, être apaisée!

Voilà, nous allons nous avancer, faire un pas de plus, puis marquer le cercle de protection!
Là dans ton espace tu peux explorer la paix que tu souhaites pour toi. Il n'y a pas de "être en paix", il n'y a que la paix que toi, tu inventeras pour toi, il n'y a pas à la chercher... d'un coup elle sera là et tu sauras ce qu'est ta paix!
Non la paix n'est pas venue toute seule en une seule séance, massages, dialogues, mises en scène, cris et larmes, sueurs et éclats de rire, toujours un peu dans le trop... mais bon !
Finalement, peut-être est-elle venue lorsque l'on a accepté la souffrance, le malaise.
Pourrait-on enfin s'autoriser à être névrotique ! Finalement, cette jeune fille à trouver sa paix et elle fut bien surprise du résultat, elle se voyait déjà zen et imperturbable dans son assise, elle s'est retrouvée pétillante et mobile et c'est dans ce mouvement qu'elle a senti véritablement l'apaisement qu'elle recherchait.
la renarde - 25.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

C'est un jeune homme si beau

C'est un jeune homme si beau, avec une peau lisse qui semble douce, un visage de douceur, des yeux clairs et des cheveux châtain. Grand avec quelque chose de presque timide, effacé, de mal à l'aise, qui ne voudrait pas être mis en cause, ne pas être vu, surtout avec cette beauté! La voix pourtant est forte et affirmée, les mots sont précis avec une sorte d'évidence ou d'autorité, un léger accent et une certaine hésitation à prononcer certains termes. Marié, deux enfants, employé, nous sommes bien loin de cette apparence d'adolescent. Il souffre de migraines continues, il manque d'énergie. Il dit de lui même : j'ai perdu ma lumière!

Ses épaules vont vers l'avant et remontent, sa nuque est donc coincée en arrière comme si il regardait en haut, pour lui qui est déjà si grand, cela ne doit pas être confortable du tout. C'est le regard du petit vers les adultes. Il doit faire d'énormes efforts pour retenir toute cette énergie. Il m'inspire beaucoup de douceur, douceur qu'il dégage certainement à son insu ou douceur qu'il appelle ?

Pendant le massage, il s'endort, se réveille, puis replonge, je suis dans la phase d'harmonisation de l'énergie, il ouvre les yeux avec un regard d'enfant perdu, "Tout va bien ? Quelque chose n'est pas bien ? " Est - ce normal... Sous entendu... Suis-je normal ? Il s'inquiète, il a ressenti une grande détente intérieur. Il m'avoue qu'il souffre d'insomnie et se réveille chaque heure tout en dormant au maximum 4 heures par nuit.

Fin de la première séance, je suis heureuse de cette première séance, il va falloir autoriser, confirmer et réveiller toute cette énergie flamboyante... ne pas le laisser se réfugier sans cette mollesse qui devenait presque désagréable dans sa poignée de main.

Tout ce que j'aime faire !


la renarde - 25.11.2008 | 0 réactions | #link | rss

le quotidien d'une psychothérapeute ( Psychothérapie corporelle et jungienne) "Plongée au coeur même de la forêt, immergée dans la sagesse et l'abondance de la Terre-Mère, robuste et pleine, la renarde possède la vitalité de la nature (...) ce qui lui permet d'être proche des forces génératrices de la Terre. Voilà comment j'envisage mon métier, je vous reçois dans mon terrier et vous invite à retrouver votre nature instinctive et sauvage pour que renaisse en vous la vitalité!


je suis... la renarde

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