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Sacha Wicki - 30.03.2009 | 0 réactions | #link | rss


Un nouvel album d'Alain Souchon est toujours un évènement, surtout qu'il ne fait pas partie de ces artistes qui en éditent chaque année, de façon presque systématique.

Son dernier opus, "La vie Théodore", sorti en septembre 2005, avait été encensé par la critique et le public à juste titre, et "Ecoutez d'où ma peine vient", dans les bacs depuis début décembre dernier, l'est tout autant.

L'album s'ouvre avec deux véritables perles, d'abord "Rêveur", co-écrit par Alain Souchon et David McNeil, qui fait bien ressentir la nostalgie d'une époque révolue. "La vie un peu hindoue, on voulait des matins doux. On disait vous verrez quand ce sera nous, plus de violences, plus de coups...".

Le second morceau du disque, "Les saisons", est délicieusement doux et ennivrant, avec de magnifiques lignes mélodiques. Là aussi, l'artiste a superbement su mettre en valeur les paroles. "C'était l'amour et c'était l'hiver, l'hiver et les sapins verts. C'était l'hiver et ses dangers divers, l'amour et ses revolvers. C'était l'amuor et ses baisers légers, sur les pentes enneigées...".

"Ecoutez d'où ma peine vient", le premier extrait radio - excellent choix d'ailleurs - nous fait immanquablement penser à "La vie ne vaut rien" dans sa structure et dans les petites touches de guitare. La même magie se dégage de la musique, et un texte désuet finement ciselé. La patte Souchon dans toute sa splendeur. "Ecoutez d'où ma peine vient, elles disent toutes que j'ai l'air fin, que j'ai le museau finaud malin, mais de la vie, de la vie je ne sais rien...".

La chanson suivante est l'évocation et l'histoire d'une jeune danseuse d'un pays reculé, avec probablement pour moi les plus émouvantes paroles de tout l'album, et de jolis choeurs en guise de refrain. "Elle danse" est pour moi l'un des sommets de l'album. "Pour ne pas oublier, son pays pouilleux pillé, son pays tout dépouillé, son président fou à lier. Ne pas oublier les gens, la boîte en fer et l'argent, le passeur qui avait dit le mot paradis...".

L'évocation des trains couchette et de ce qui s'y passe lors de longs trajets, Michel Delpech l'avait déjà traité dans "L'amour en wagon-lit" il y a une trentaine d'années, avec friponnerie. Pour "La compagnie", Alain Souchon en tire un portrait tout en finesse et en images, et là où l'auteur de "Pour un flirt" parle plus volontiers des amours ferroviaires, pour cette nouvelle chanson là, c'est tout l'univers qui entoure la magie de ces transports. "Dehors, la lune à son balcon nous regardait. Beaune, Auxerre, Mâcon, Avallon passaient, wagons lancés, lits balancés, nous étions les amants enlacés...".

Une jeune fille qui, par amour, se retrouve mêlé à des hold-ups, des crimes, des faits graves, et qui finit par se retrouver dans une petite cellule, voilà le sujet de "Huit mètres carré". Superbement doux musicalement, presque murmuré, ce titre est aussi un de mes préférés. "Pour un p'tit gangster sur les nerfs, elle a foutu sa vie en l'air. Elle ira à la banque avec lui. Bang bang bang bang... et puis... Huit mètres carré d'alentour, sur la pointe des pieds on voit la cour...".

En octobre 2008, deux mois avant la sortie officielle de l'album, Alain Souchon a fait un joli cadeau à ses fans, celui de leur offrir gratuitement un nouveau titre... et quel titre ! "Parachute doré" est plus que jamais d'actualité, alors qu'il l'a co-écrit avec David McNeil il y a un an - quel visionnaire, cet Alain ! La musique, qu'il a composé avec son fils Pierre, a des alents de sonorités tropicales, le tout avec un texte acide qui en fera réfléchir plus d'un, qui parle de briefings à l'heure Breitling... "Adieu mégaphones, adieu calicots. Adieu représentants syndicaux. A moi le soleil et le calypso, l'ananas, la noix de coco. A moi les alizés, les vents tropicaux. Et moi, bien frisé, sur le bateau...".

Pour la première fois, Alain Souchon signe un texte moitié français moitié arabe. "Sidi Ferouch" est non seulement le titre de ce huitième morceau, le second extrait radio, mais aussi un lieu dans lequel il a chanté voici plus de quinze ans, et c'était la première fois qu'il se produisait là-bas. Mis en musique par son fils Pierre, c'est un très bel hommage qu'il fait à un lieu dans lequel sûrement il reviendra lors de sa prochaine tournée. "C'était un théâtre en plein air, le ciel était clair on voyait la mer. Avec mon coeur, avec ma bouche, j'étais chanteur à Sidi Ferouch...".

"Oh la guitare", très bel ôde à cet instrument, est à l'origine un texte de Louis Aragon mis en musique par Hélène Martin en 1971. Alain Souchon a écrit une autre mélodie, plus à son image, mais n'a pas touché une virgule à ce beau poème. "Oh la guitare ! Oh la guitare ! Dans sa gorge est mon coeur enclos. Moi qui ne suis qu'un chien bâtard, je n'ai vécu que de sanglots. La guitare ! Quand on aime et l'autre ne vous aime pas...".

Sur l'album précédent, "La Vie Théodore", figurait déjà "Bonjour tristesse" mais cette fois-ci, l'orchestration est différente et le rythme légèrement accéléré. C'est une jolie ritournelle à la gloire de Françoise Sagan, écrite et composée par Alain Souchon, même si on aurait préféré un titre inédit supplémentaire. "Comme je suis l'homme élégant, pour conduire je mets les gants, dans les bolides extravagants de Françoise Sagan. Dans ses romans, dans ses nouvelles, cette dame-demoiselle mêle de jolies mélancolies frêles...".

Sur certaines éditions de l'album, le titre suivant ne figure pas. Il est considéré comme bonus car à la base, le disque devait sortir en octobre. Mais Alain Souchon voulait absolument un titre co-signé par son partenaire de toujours Laurent Voulzy, ce dernier ayant été très occupé avec son "Recollection" où il a revisité son tube "Rockollection". Leur collaboration a donné "Popopo", une chanson parlant de Che Guevara, mais en le malmenant quelque peu. Malgré cette prise de position, les deux duettistes auront été bien plus inspirés dans leurs jeunes années. Cette chanson est une vraie déception. "Ce libertador cador que tout l'monde adore, chantait dans la sierra son chant de libération et de révolution, est-ce que Juan Perez a aimé cette chanson...".


"Ecoutez d'où ma peine vient" est un album très riche, qui rivalise sans peine avec ses chefs d'oeuvre des années 80 et 90 ("C'est comme vous voulez", "Ultra moderne solitude", "C'est déjà ça"). Alain Souchon nous prouve qu'à 64 ans, avec sa frimousse de jeune premier de la classe et son petit air ahuri, il est toujours bien présent. Vivement la fin de l'année 2009 et sa tournée. Il passera à l'Arena de Genève le 4 décembre prochain.

Sacha Wicki - 27.03.2009 | 0 réactions | #link | rss

Depuis plus de quarante ans, Emil Steinberger, que le public connaît surtout sous son patronyme, sillonne les routes de Suisse et d'Allemagne en égrénant ses sketches, ses bons mots, ses mimiques et son regard critique et réaliste sur la société et les moments de tous les jours.

Après avoir en 1987 décidé d'arrêter les spectacles, il se concentre sur sa vie privée et prend le temps de vivre sans devoir être à la disposition des autres. Il part à New York pendant six ans, entre 1993 et 1999, en revient marié et avec plein d'images dans les yeux, et tant d'anecdotes.

Il décide d'écrire un livre, "Wahren Lügengeschichte" ("Vraies histoires fausses"), dans lequel il raconte nombre de ses aventures, certaines pittoresques et vraies, mais d'autres totalement inventées. Avec un petit guide de lecture au début de l'ouvrage, dès que le lecteur a parcouru l'une de ces histoires, il peut découvrir si elle a été réellement vécue ou non par l'auteur.

Dès le début des années 2000, Emil va parcourir d'abord la Suisse allemande et l'Allemagne avec le spectacle "Emil lit et raconte" ("Ein kabaretische Lesung"), directement inspiré de son livre. Et la Suisse romande découvrira ce même rendez-vous quelques années plus tard. Et c'est dans ce ravissant petit théâtre Montreux-Riviera, à Montreux, qu'Emil a posé ses valises en cette fin de mois de mars, pour nous enchanter avec son talent d'orateur et son humour qui, totalement intact, aura traversé les décennies sans prendre une seule ride.

Le spectacle s'intitule maintenant "Trois anges". Pourquoi - C'est le geste qu'Emil fait sur la photo, une sorte de code qu'il a instauré avec son fils Philippe alors qu'il était tout petit, quand il lui racontait une histoire qui était vraie. Et durant plus d'une heure et demie, non seulement l'artiste nous lira quelques histoires tirées de son ouvrage, mais aussi nous prendra à témoin en égrénant de savoureuses anecdotes. Avec espièglerie et un regard bleu intense, en plus de certains tics qu'il a conservé, le public traverse la vie de l'humoriste préféré des Suisses.

De sa jeune carrière à la Poste de Dombresson, dans le Jura Neuchâtelois, à ses péripéties dans un avion, de la difficulté à écrire un mot dans le livre d'or d'un restaurant, à la première impression en arrivant dans la ville de New York... tout y est dit avec le talent qu'on lui connaît.

Je regrette vivement qu'il ne fasse plus de dates en Suisse romande, mais elles ont été prises d'assaut par le public à une vitesse folle. Espérons que beaucoup d'entre nous se manifesterons pour lui demander de revenir et d'investir certaines jolies petites salles de spectacle que nous avons en Romandie.

Merci Monsieur Emil, et moi qui vous ai rencontré alors que j'étais un tout jeune garçon de 9 ans à Yverdon au Restaurant La Prairie, j'en garde un souvenir très intense : je vous avais interprété votre fameux sketch "Le poste de police" et vous étiez subjugué par la précision de mon jeu. Vous en aviez d'ailleurs parlé au début des années 2000 dans l'émission "Zig Zag Café" sur la TSR et j'en avais été très touché car vous aviez gardé en mémoire tous les détails de cette belle rencontre.

Ce n'est pas étonnant du tout que récemment "L'Illustré" vous a décerné cette distinction de "Plus grand humoriste suisse", largement méritée et qui perdurera encore très longtemps nous le souhaitons tous.

Sacha Wicki - 08.03.2009 | 4 réactions | #link | rss


Av
ec quarante-cinq ans de carrière, des dizaines de millions de disques vendus, des tournées triomphales, un spectacle musical sur l'Empereur, une présence scénique et une plume d'auteur exceptionnelle, chaque nouvelle apparition de Serge Lama est un évènement.

Déjà depuis l'album précédent, "Feuille à feuille", ses spectacles sont simples dans leur infrastructure... et vous allez vite comprendre pourquoi. Là, dans ce très beau théâtre de Beaulieu à Lausanne, l'artiste nous invite à un voyage musical de plus de deux heures simplement accompagné d'un accordéoniste et d'un guitariste.

Il est 20h40. Voilà que Serge Lama entre sur scène, seul, et nous interprète "Femmes femmes femmes", avant de nous présenter ses deux musiciens : Sergio Tomassi, qui non seulement a supervisé les arrangements de cette nouvelle tournée, mais a signé la réalisation du dernier album en date, l'excellent "L'âge d'horizons", et qui avec son accordéon unique et assemblé de sons de tous instruments, fait office d'homme orchestre. Et au générique de ce spectacle, aussi, un guitariste aux multiples talents. Il s'appelle Philippe Hervouët.

Et ce spectacle magique va nous réserver de nombreuses surprises, autant dans le choix des chansons que dans les interprétations. "Mon ami, mon maître" est le titre suivant, puis un nouveau, "Grosso Modo", et comme le dit très bien Serge Lama, le public en général n'aime pas quand on lui propose des nouvelles chansons, qui jamais ne sont diffusées en radio... mais si il n'y a pas de nouvelles chansons, un jour il n'y en aura pas d'anciennes non plus. Très bien dit ! Et avec une formation si réduite sur scène, et un dépouillement total, on revisite non seulement les tubes et les incontournables, mais on permet de faire découvrir de façon plus qu'originale les fameuses nouvelles chansons.

Puis, justement, un incontournable vient agréablement chatouiller nos tympans, c'est le génial "C'est toujours comme ça la première fois". Il nous fait remarquer qu'au temps où il avait écrit cette chanson, il n'y avait pas de viagra... donc les hommes se croyaient plus forts que le loup, et finalement les bras en croix, ils ne tenaient plus debout... Puis, un des plus beaux bijoux du dernier album, "Alors que l'on s'est tant aimé", d'une douceur infinie et interprétée avec toute la retenue nécessaire.

Durant tout le spectacle, Serge Lama va nous gâter avec des chansons qu'il n'a pas l'habitude de proposer à son public en concert... et voilà la première d'entre elles, "Je t'aime", tirée de son album éponyme de 1987. Un petit retour sur le nouveau disque avec le titre-souteneur en radio, "Les hommes et les femmes", très efficace et accordéonistiquement magnifique. Et encore une surprise, un titre que personnellement je ne connaissais pas du tout. Il date de 1973 et parle d'une femme dans son bain, l'homme derrière la porte et l'imaginant nue... "La salle de bains" est un petit chef d'oeuvre d'humour grivois.

S'en suit un titre que j'aime particulièrement, au point de vue personnel, parce que c'est l'une des chansons du premier disque de Serge Lama que je possédais à la maison chez mes parents. C'était au début des années 80 et c'était un 33-tours, qui portait justement ce titre, "Souvenirs attention danger". Cette merveilleuse chanson accompagnera une grande partie de ma prime jeunesse. Et c'est un plaisir que de la retrouver dans cette tournée. Après nous partons pour "L'Algérie", divinement bien interprétée et avec cette puissance vocale si particulière à Serge Lama et si reconnaissable. Chanson forte et importante dans sa carrière.

A nouveau un morceau du dernier album en date, "Verbaudrinlaine", et pour remplacer la fille de Sergio Tomassi qui chante en duo avec Serge Lama sur le disque, ce sont Sergio lui-même et Philippe Hervouët le guitariste qui se chargeont des secondes voix... avec un petit jeu à la Jacques Martin dans l'Ecole des fans entre eux... très amusant. La chanson qui suit sera la seule tirée de son avant-dernier disque "Feuille à feuille", qui s'appelle "Les poètes". Sublime ôde à ces magiciens des mots, et la phrase peut être la plus boulversante, "reste à distance Dieu, ne t'approche pas d'eux".

Chanson à voix ensuite, et gros succès, "Chez moi", qui précèdera "J'arrive à l'heure", nouvelle chanson très forte avec beaucoup d'émotions, surtout dans la dernière ligne, "c'est sans remords et sans tabou que j'arrive au bout"... au bout de la vie en fait. Un petit cadeau à nouveau, avec un titre rare en concert, qui rappelle curieusement "L'enfant au piano" par la sensibilité du piano, et qui parle de la mort... une vraie chanson triste mais pas larmoyante, avec des paroles fortes, et je vous conseille vivement de la découvrir si vous ne la connaissez pas, "Toute blanche".

Le moment est venu de présenter l'équipe technique de cette nouvelle tournée (qui d'ailleurs en était seulement à sa quatrième date le soir du 7 mars - ils ont commencé au début du mois). Et sur "Je t'aime à la folie", que le public reprendra en choeur, Serge Lama rend hommage aux gens du son et de la lumière ainsi que du vendeur de programmes, ce que j'ai trouvé très bien. Il est en effet important à mes yeux de mettre en avant tout le monde sans exception car chaque "petite main" a son importance.

Pour évoquer la chanson qui va suivre, tirée de son dernier opus, "Objets hétéroclites", c'est avec moult prévenances et avertissements qu'il parle au public du sujet plutôt osé qu'il y aborde... et quand on écoute le texte, c'est très subtilement écrit, et comme il le dit lui même dans le préambule aux spectateurs, certains termes sont un peu trop techniques... Bref une chanson très amusante... immédiatement suivie de l'incontournable "Petites femmes de Pigalle" que tout le monde évidemment a chanté avec l'artiste.

Autre morceau peu connu du grand public, que Serge Lama nous fait découvrir, "L'esclave" est le titre suivant. Il nous offre une interprétation grandiose en mimant la mort d'un homme, saisissant... Et l'étonnement ne s'arrête pas là... Voilà que Sergio Tomassi son accordéoniste, démarre seul une mélodie qui n'est pas inconnue... et on reconnaît "Napoleone", l'un des titres du grand spectacle musical "Napoléon" qui fut joué entre 1982 et 1984. Et pendant plus de quinze minutes, c'est un petit festival avec des titres tirés de cette comédie musicale... quel plaisir de réentendre ces petits trésors. Nous avons eu droit à "La lettre à Joséphine", "Le mémorial" et l'excellent et tellement d'actualité "La crainte et les intérêts". Merci pour ce petit cadeau qui en a enchanté plus d'un dans le public !

Dernier nouveau morceau, "D'où qu'on parte" est le premier du disque et un des plus efficaces aussi. Elle plaît déjà beaucoup, à entendre les réactions. Après une ovation de trois minutes, Serge Lama revient et nous interprète avec une infinie douceur l'un de ses chefs d'oeuvre, "Une île", qu'il est toujours bon de redécouvrir en concert. Et c'est l'une des plus belles surprises de cette soirée, "Marie la Polonaise", qui fut interprété avec une passion et une puissance de feu... nous sommes tous en transe devant tant de perfection.

En guise d'adieu, un exceptionnel "Je suis malade", avec le dernier couplet chanté a capella sans micro s'il vous plaît ! Les spectateurs sont médusés et sous un charme tel que j'ai vu perler quelques larmes au coin des yeux de certains. Après des applaudissements nourris et des acclamations, le rideau se ferme et Serge Lama revient au-devant pour nous remercier et nous interpréter a capella une de ses premières chansons, très sombre, "Et puis on s'aperçoit"... laissant ensuite le public totalement conquis et avec des étoiles dans les yeux.

***

Un véritable choc que ce concert et ce personnage impressionnant qu'est Serge Lama. A chaque fois on est conquis, mais ce soir là, cela fut vraiment un chef d'oeuvre de bout en bout... une voix totalement parfaite à chaque instant, une mise en scène et une interprétation pensée pour chaque syllabe chantée, un regard juste et posé au bon endroit et au bon moment... j'ai cru voir Jacques Brel ! Et quelle liste de chansons...! Tout pour plaire et faire découvrir aux gens des morceaux plus rares... Merci Monsieur Lama, ce fut un enchantement !

Sacha Wicki - 07.03.2009 | 0 réactions | #link | rss

J'ai pris ce qui s'appelle une grande claque ! Rarement je n'ai vu un spectacle aussi beau tant esthétiquement qu'artistiquement... Retour sur une soirée magnifique.Cela faisait plus de trois ans que Patricia Kaas était absente du paysage artistique, tant du côté des disques que des concerts. Mais comme elle l'a très bien dit dans de nombreuses interview l'an dernier, les détails et les idées du concept de "Kabaret" ont mis du temps à germer et à se construire dans sa tête.

Quand on découvre la scène, on est déjà charmé par le décor, et intrigué par le grand écran posé à même le sol. Satisfaisant ma curiosité, j'ai regardé les instruments et où ils étaient placés. A ma grande surprise, les musiciens ne sont pas nombreux du tout. Ils ne sont qu'au nombre de cinq. A 20h35, dans cette superbe salle de l'Auditorium Stravinski à Montreux, les lumières s'éteignent... et sur une intro musicale assez tonitruante, on entend la voix de Patricia Kaas annoncer le nom des musiciens, du chorégraphe, des décorateurs, de la danseuse... original de commencer par les présentations. Sur l'écran, un grand "K". Et elle nous indique qu'elle a pensé tout ce show en voulant rendre hommage aux années trente et aux femmes de cette époque.


A noter dès le début que pour chaque chanson, des projections vidéo sur le grand écran sont proposées. Il y a beaucoup de recherche artistique dans ce domaine.

Puis, arrivant dans un ensemble noir très élégant, l'artiste nous interprète son premier grand succès, qui date de 1988, "Mon mec à moi", avec comme pour chaque titre du concert, un arrangement musical spécialement écrit pour ce spectacle. Ensuite, un premier morceau tiré de son dernier album lié à cette tournée, "Kabaret", "Faites entrer les clowns". Un des moments les plus émouvants du show d'ailleurs. Un clown tenant trois ballons rouges évolue en dansant autour de Patricia Kaas, et la chanson elle même est sublime. "Le jour se lève", encore un nouveau titre, poursuit le programme. Et c'est la chanson-titre du dernier opus, "Kabaret", avec un jeu de lumières rouges et une chorégraphie parfaite. L'aisance de l'artiste à danser et à se mouvoir sur scène est parfaite et totalement naturelle, ce qui participe grandement à la réussite de ce spectacle. Retour sur un des titres phares de la carrière de Patricia Kaas maintenant, avec "Les hommes qui passent". Un beau numéro de danse, cette fois-ci assuré par une danseuse de grand talent, rejointe par la chanteuse à certains moments.

Premier instrumental assuré par d'excellents musiciens, ce qui permet à Patricia de se changer... et là c'est en soutien-gorge et bas souple qu'elle revient, pour interpréter un nouveau morceau, "Falling in Love Again", suivi de l'excellent "D'Allemagne", qui permettra à la danseuse de faire un numéro assez impressionnant. On la voit virevolter, se jeter à terre, se rouler, se déplacer comme un véritable pantin désarticulé... quel prodigieux moment ! "Une dernière fois", du dernier album, précède un de ses succès, "Une fille de l'est", et tout autant réussi, un autre de ses morceaux phares, "Je voudrais la connaître".

Un solo instrumental donne l'occasion à Patricia Kaas de revenir sur scène à nouveau en noir mais plus légèrement vêtue. "La chance jamais ne dure", tiré de "Kabaret", ouvre ce nouveau tableau. Et ce sont deux morceaux qui vont être repris en choeur par le public, d'abord la sublime "Il me dit que je suis belle" puis un titre qui allait évidemment être interprété, "Elle voulait jouer cabaret", qui jouira d'une chorégraphie particulièrement réussie. Après un nouvel intermède musical, c'est le final avec le sublime "Mademoiselle chante le blues" que chacun d'entre nous dans le public va entonner avec l'artiste.

Après plus de cinq minutes d'ovations et de standing ovation, largement mérités, Patricia Kaas revient et nous offre deux ultimes bijoux interprétés avec beaucoup de retenue et de douceur, "Entrez dans la lumière" avec justement un jeu de lumières d'une justesse et d'un feutré parfait. Le titre qui va clôturer ce spectacle magique est celui qu'elle va défendre au Concours Eurovision de la Chanson en mai prochain, "Et si il fallait le faire".

En guise d'au revoir, pendant que les musiciens saluent comme au théâtre, sur le grand écran derrière, défilera un générique de fin digne des films des années trente, avec tous les artisans de ce show qui vraiment marquera à jamais la carrière de la chanteuse. Et elle continue sa tournée européenne, comme le dit très bien le programme vendu à l'entrée (sublime aussi !), ce ne sont pas moins de 170 dates dans 30 pays différents qui sont prévus depuis le début de la tournée en novembre 2008.

En Suisse, elle reviendra à Zinal au mois d'août, donc ne la ratez pas ! Et sinon, elle fera un retour au Casino de Paris en janvier 2010, prolongement évident vu la demande et le public de plus en plus nombreux. Pour les détails complets de ses prochaines dates, allez sur http://www.kabaretkaas.com

Sacha Wicki - 06.03.2009 | 0 réactions | #link | rss

Au dernier moment... vraiment ce fut en fin de semaine dernière que j'ai décidé d'aller voir cette pièce. Pour deux raisons, d'abord parce que j'aime beaucoup Michel Leeb et Caroline Sihol, que j'ai eu le privilège d'applaudir dans diverses comédies depuis quelques années. Et surtout parce que j'ai toujours aimé les "dialogues", les "duos" sur scène.

Donc, je partais déjà avec le sourire en arrivant avec mon grand ami Jean dans ce Théâtre du Léman qui, décidément, est un bel endroit. Et le sourire se transforma en rires, approbations et désapprobations, durant près de 90 minutes.

"Parle-moi d'amour !" est la première oeuvre théâtrale de Philippe Claudel (au cinéma, il a signé notamment "Les âmes grises" en 2005, et a écrit quelques livres). Au lever de rideau, le living room d'un appartement très "design"... trop même... et un couple qui rentre d'une soirée chez le patron du mari. Une soirée qui a exaspéré autant le mari que la femme, et pas pour les mêmes raisons !

Du côté de Monsieur, qui est un comptable très en vogue dans une grande entreprise, son épouse n'a pas cessé de faire de l'oeil et de parler avec un de ses collègues de travail. Et du côté de Madame, qui ne travaille pas, son mari a fait le lèche-bottes à son patron, allant jusqu'à se mettre à quatre pattes pour tenter de retrouver le briquet de ce dernier...

...Et de ces reproches-là, vont en naître une foultitude d'autres. Et tous les sujets de la vie de tous les jours et du couple vont y passer, que ce soit la chirurgie esthétique de Madame, l'hypocondrie maladive de Monsieur, les goûts branchouillards et sans intérêt de Madame, les escapades amoureuses de Monsieur, la liberté de ton sexuelle de Madame, la mauvaise foi de Monsieur... j'en passe et des bien pires encore !

Michel Leeb nous prouve, si besoin est, qu'il est un grand comédien. Il virevolte avec l'aisance qu'on lui connaît entre l'humour corrosif, les phrases définitives et implacables, et aussi une certaine émotion. Quant à la sublime Caroline Sihol, elle a ce côté sérieux, qu'elle peut rapidement muer en folie furieuse. Le duo fonctionne à merveille et on passe véritablement un moment de bonheur.

Les spectateurs se reconnaîtront dans certains travers de l'homme, et les spectatrices n'hésiteront pas à défendre bec et ongle la femme. Bref, tout le monde y trouve son compte et vous ressortirez de là le coeur léger, contents d'avoir ri, d'avoir compati, et parfois de vous être offusqués.

Sacha Wicki - 06.03.2009 | 0 réactions | #link | rss



Vladimir Skorzsny et Paul Letellier sont deux pianistes qui jouent à quatre mains des oeuvres classiques depuis plus de vingt ans. Envoyés par leur manager dans un chalet de montagne à la frontière austro-italienne, ils doivent préparer et répéter pour une grande tournée au Japon. Mais ce séjour qui devait être plutôt studieux et sérieux, va tourner au règlement de comptes entre vieux collègues...

Le tout autour d'un banc de piano, d'où le titre de la pièce, "Le Banc". Les deux comédiens qui revêtent les habits de Vladimir et Paul, vous les connaissez bien, et depuis de longues années : Philippe Chevallier et Régis Laspalès. Et même si, en découvrant ce texte écrit par Gérard Sybleyras, on se prend à imaginer que les duettistes sont les auteurs... mais c'est surtout parce que ce sont de très bons acteurs qui savent servir tous types de spectacles.

Drôle, cynique, acerbe et parfois émouvant, ce spectacle est une belle illustration de la possible érosion d'une amitié trop étouffante ou trop intense selon les moments. Surtout dans le domaine artistique, quand un duo doit être constamment réuni lors des prestations, des interviews, des répétitions et dans bien d'autres situations encore, que les deux comédiens vont se charger de nous faire découvrir.


Vous passerez 85 minutes de détente et de bonne humeur, ce qui en ce moment n'est pas du luxe, donc profitez-en.

"Le banc" est disponible en DVD chez TF1 Vidéo.

Sacha Wicki - 02.03.2009 | 0 réactions | #link | rss


Chers visiteurs, friands de culture en tous genres, ce blog est pour vous !

"My Artistic World" va à la fois vous parler des bons disques, des pièces de théâtre coup de coeur, des sorties DVD de tous genres et qui valent la peine, et du monde de la télévision d'aujourd'hui, qui je ne vous apprends rien, nous offre à la fois du bon et du nettement moins bon...

Mais je vais d'abord me présenter, car vous pourrez me contacter et me faire part de vos commentaires, vos encouragements, vos critiques. Je m'appelle Sacha, j'ai 32 ans le 12 avril de cette année, et je travaille dans un centre d'appels, à Lausanne, la ville dans laquelle je vis depuis plus de six ans.

Si je vous propose ce blog, c'est parce que depuis plusieurs années, sur d'autres plateformes informatiques, j'ai fait part de mes coups de coeur et de mes coups de gueule sur le monde artistique qui nous entoure. Et croyez-moi, il y a de quoi dire.

Je pars du principe que TOUTES les choses sont bonnes à dire... qu'elles soient positives, ou négatives. Et jamais dans ce blog vous aurez une quelconque "langue de bois".

Au fur et à mesure de mes impressions, je vous les ferai partager. Alors bienvenue à tous !

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