Bill et ses états d'âme
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Bill - 14.11.2013 | 0 réactions | #link | rss
Incapable de dormir, me voici donc à poursuivre mon histoire. Habituellement, écrire est un exutoire. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai ressenti le besoin de mettre par écrit tout cela, peut-être pour mieux m'en rappeler. Mais cette pression constante sur la poitrine est revenue, alors que seule une sensation permanente de mal-être m'accompagnait, ces temps-ci. Alors il me faut terminer ce que j'ai commencé. D'une traite.

J'en étais donc à notre anniversaire.

J'ai donc recommencé à la soutenir, à la motiver. Tous les jours. Malgré des soucis de santé, qui m'ont forcé à prendre un long arrêt maladie et à ne pas voir renouveler mon contrat de travail.

Elle a continué à s'éloigner. De plus en plus. À donner des nouvelles de moins en moins souvent. Et je ne l'ai plus revue pendant deux mois, jusqu'à son anniversaire. J'ai persisté, continué à la motiver. Elle a recommencé à bosser, en free-lance, et je lui faisais voir le bon côté des choses. Du moins, j'essayais, alors que de mon côté, je m'enfonçais de plus en plus.

Mars. Son anniversaire. Finalement, après moultes hésitations, elle me dit de venir. On dine avec ses amis, on boit un verre avec eux ensuite, mais le coeur n'y est pas. Ni pour elle, ni pour moi. Je la dépose, et rentre, la mort dans l'âme. Nous n'aurons passé ensemble, seuls, qu'une trentaine de minutes.

Par la suite, je me demande de plus en plus qu'est-ce qui se passe. Pour ajouter à la pression, j'apprends qu'un de mes amis proches va divorcer. Sa femme, en dépression, enchaîne les tentatives de suicide. Je discute avec les deux, gardant les conversations de chacun pour moi, gardant le stress pour moi. Parce que, comme d'habitude, je m'investis trop, au niveau émotionnel, dans les souffrances de ceux qui me sont chers...

Tout ceci m'a beaucoup fait cogiter, et je me suis demandé si Elle ne serait pas en dépression. N'ayant pas la possibilité de la voir, et obtenant de moins en moins de réponses de sa part, je lui ai rédigé un long mail, histoire de tenter de lui faire voir que ses ennuis étaient temporaires, que sa situation allait s'améliorer. Et je lui ai parlé de ce qui me fait le plus honte dans mon passé. Mes erreurs au niveau de la gestion de mes finances, les ennuis que j'ai eus. Et que tout finit par s'arranger, avec le temps.

Je la croyais dépressive, je reçois un mail dans un ton totalement différent. Combative, forte. Moi, qui me faisais énormément de soucis pour elle, me rends alors compte que ce n'était pas justifié.

J'oubliais quelque chose d'autre qu'elle m'a dit : qu'elle ressentait le besoin de faire des changements dans sa vie, qu'elle regrettait le temps où elle n'avait de comptes à rendre à personne. Coup de poignard dans le coeur. Le sentiment de n'être qu'une gêne pour elle, pour son bonheur.

Je lui ai dit, alors, de réfléchir à ce qu'elle voulait. Je lui laissais tout le temps nécessaire.

Pendant cette période d'attente, mon meilleur ami est venu me voir, avec sa copine. Il est des très rares personnes à me comprendre vraiment. Je les attendais à l'aéroport, leur faisant la surprise, et j'ai franchement failli éclater en sanglots, au moment où on a fini dans les bras l'un de l'autre. Car je me sentais totalement seul. Perdu. Et avoir, devant moi, un des repères les plus importants de ma vie d'adulte, c'était juste trop.

Je regrette de les avoir gênés, car ils venaient visiter la ville. Je suis resté avec eux tout du long, et ils ont eu à supporter mon humeur changeante. Tantôt souriant, heureux, tantôt perdu dans mes pensées sombres.

Le deuxième jour, nous sommes allés visiter une petite ville rustique près de chez Elle. Pathétique, j'ai tout fait pour qu'elle sache que nous étions dans les environs. Bien sûr, elle ne m'a strictement rien dit, alors qu'elle était juste à côté, comme elle me l'a dit par la suite. Et qu'elle savait, car je le lui avais dit, à quel point c'était important pour moi qu'elle rencontre mon meilleur ami...

Finalement, le dimanche soir qui a suivi, elle m'a contacté. M'a annoncé qu'elle pensait que le mieux était qu'on suive chacun son chemin. Aucunement inattendu, mais avoir la confirmation me fit aussi mal que si on m'avait arraché le coeur à ce moment-là.

Là, avec toute ma frustration accumulée, je lui ai dit un certain nombre de choses désagréables, et d'autres que je ne pensais clairement pas. Pour tenter de la faire réagir. Pour tenter d'avoir une réponse à mes interrogations. On termine en parlant vaguement de se voir pour s'échanger nos affaires.

Deux semaines plus tard, mon ami en instance de divorce vient également me visiter. Devant aller à l'aéroport, qui n'est pas très loin de son lieu de travail, je lui propose qu'on fasse l'échange d'affaires à ce moment-là.

Elle arrive au café, l'air de rien, et me fait la bise. Comme ça. J'ai eu comme l'impression qu'elle me mettait deux claques en plein visage. Elle me demande comment je vais, comme à un ami. Me dit vouloir me garder comme ami. Encore comme une claque au visage. Je lui dis que je ne pourrai jamais la voir comme une simple amie. Nous nous sommes quittés froidement, rapidement. Et, à ce moment-là, je pense que si je n'avais pas mon ami sur le point d'arriver, j'aurais cherché l'endroit le plus proche duquel je puisse sauter.

J'avais déposé, dans le sac, avec ses affaires, une longue lettre, où je lui expliquais un certain nombre de choses. Je n'ai jamais eu le moindre commentaire de sa part. Ma meilleure amie, elle, a fini en pleurs quand je lui ai raconté tout ça, et décrit le contenu de ma lettre. Son désir le plus cher est qu'un homme lui dise ce que j'ai dit à Elle... Mais rien n'y fait, et je ne me faisais pas vraiment d'espoir, de toute manière. Je voulais juste qu'elle sache ce que je ressentais au fond du coeur.

Je l'ai revue, quelques jours plus tard, à ma demande. Je me sentais incapable de ne plus l'avoir dans ma vie, d'une manière ou d'une autre, et lui ai donc dit que j'étais prêt à essayer. A plusieurs conditions. La première, aucun contact physique. J'ai énormément de mal à toucher les gens, depuis, et je sursaute quand quelqu'un me touche autrement que pour me faire la bise ou me serrer la main. Je suis revenu en arrière de plus de 10 ans. La deuxième condition, qu'elle ne me parle pas du " suivant ", et ce même si je lui souhaite tout le bonheur du monde. Même si je lui souhaite quelqu'un qui lui donne ce que je n'ai pu lui donner. Et dernière condition, qu'elle accepte une certaine froideur de ma part. C'est mon seul moyen de défense. Ce fut la dernière fois que nous nous sommes vus, à ce jour.

Par la suite, je lui ai demandé ce qu'elle avait pensé de notre rencontre. Sa réponse fut un nouveau coup de poignard. Elle m'a répondu qu'il n'y avait aucune chance qu'on se remette ensemble. Ce n'était pas du tout ce que je demandais... Mais au point où j'en étais, il me fallait des réponses. J'ai donc demandé, et insisté, pour savoir POURQUOI. Elle a fini par craquer, et me faire une liste, en disant, pour conclure, agacée, que définitivement, on ne vient pas de la même planète et n'avions rien à faire ensemble. Nouveau coup de poignard. Mais celui-là, je ne peux m'en plaindre, c'est moi qui l'ai demandé. Pour moi et ma maudite curiosité insatiable, et mon besoin de comprendre...

Certaines choses auraient pu être corrigées, si elle avait parlé, comme je lui avais demandé dès le départ. D'autres, plus profondes, m'ont fait du mal. Mais m'ont fait interroger moi-même sur les raisons qui l'avaient poussée à penser ça de moi. Mais ce qui m'a fait le plus de mal, c'est qu'Elle doutait sérieusement de mes capacités à être un bon père pour ses enfants, et ce, pour un certain nombre de raisons. Et le pire, c'est qu'elle a raison.

Quasi miraculeusement, quelques semaines plus tard, je me suis trouvé un autre emploi. Dans un de ces pays du sud de l'Europe où le chômage est roi, ce fut surprenant. Initialement intéressé, motivé, j'ai commencé, petit à petit, à m'isoler dans ma bulle.

J'ai énormément réfléchi. Pensé et repensé. Et j'ai eu un déclic. Tout était simple, pourtant. Quelque chose que je savais depuis des années, et que j'ai tenté trop longtemps d'ignorer...

En dehors de mes amitiés, j'ai toujours tout foiré. Toutes les opportunités que j'ai eues, je les ai foutues en l'air, d'une manière ou d'une autre. Je suis un looser. J'ai longtemps luté contre mes instincts, mais au final, le naturel revient toujours au galop. Car j'ai fini par commettre exactement les mêmes erreurs ici que celles que j'ai commises en Suisse. Pour passer du temps avec elle, j'ai tout dépensé, aussi bien ce que j'avais encore sur mon compte que le plafond de ma carte de crédit.

On a continué à s'échanger des messages, de temps à autre. Enfin, surtout moi. Je lui ai proposé un certain nombre de fois d'aller boire un café, ce qu'Elle a toujours refusé. Elle me manquait. Et le pire, dans tout ça, c'est que pendant un an, nous avons régulièrement fait des trajets de 100km pour nous voir. Alors que là, je vivais et travaillais à moins de 10km de chez Elle.

Mon état mental a empiré. J'ai commencé à penser de plus en plus à en finir. J'ai, lors d'un de mes jours de congé, fait le tour de tous les endroits où nous avons passé du temps ensemble. J'ai pris un couteau. Et dans un de nos coins habituels, assis dans la voiture, j'ai sorti le couteau et l'ai posé sur mon poignet. Au final, en larmes, je n'ai pas pu le faire.

J'ai fini par décrocher du boulot, et revenir chez mes parents. Dormir dans ce lit que nous avons si souvent partagé...

Aujourd'hui, je suis de nouveau sans emploi. J'ai un toit sur la tête, de la nourriture sur la table, un lit ou dormir.

Je me contente de vivoter, pour le moment. Il faudra bien, à un moment ou un autre, retrouver un travail que je foirerai royalement, mais qui me permettra de gagner quelque chose pendant quelques mois...

Après elle, il n'y aura personne. Elle restera à jamais mon seul amour. Pour le sexe, il y a toujours les professionnelles. Comme dit quelqu'un que je connais, il n'y a pas mieux pour couper court aux états d'âme. Et encore, si le désir sexuel revient un jour.

Je n'aurai pas d'enfants. Après y avoir beaucoup réfléchi, elle a raison. Il y a déjà bien assez d'enfants de par le monde qui vivent dans des conditions difficiles, avec des parents qui ne les méritent pas, pour rajouter les miens dans l'équation. Et pour palier à cela, dans la mesure de mes possibilités financières, je ferai en sorte de faire neutraliser les nageurs par chirurgie. Au moins, c'est définitif, et ça règle la question d'une éventuelle poussée d'optimisme vouée à l'échec.

Il me reste maintenant à attendre le jour où on viendra saisir mes maigres possessions pour rembourser les dettes que j'ai contractées. L'ordinateur depuis lequel j'écris, mon téléphone portable, mon iPad. Tous ces objets qui faisaient ma fierté, mais qui ne sont que ça, au final : de simples objets.

Après longtemps sans véritables nouvelles, on a recommencé à s'échanger quelques messages. Cela peut paraître stupide, ou masochiste, mais je ne peux m'empêcher de me soucier d'elle. De vouloir m'assurer qu'elle va bien. Car si elle s'est éloignée, c'est aussi car elle cherchait le meilleur moyen d'en finir en me faisant souffrir le moins possible. Et même si ce n'était pas la meilleure chose à faire, l'intention était bonne.

Je sais pertinemment que c'est fini. Que je ne la mérite pas. Que je ne mérite personne, d'ailleurs, pas même mes amis. Mais je pense à elle tous les jours. Je rêve d'elle, les nuits où je parviens à dormir assez longtemps pour rêver. Je suis incapable de regarder des photos d'elle sans avoir mal, mais je n'ai aucun mal à me rappeler son visage.

Et chaque jour, j'espère que le destin en finisse avec moi, avec cette souffrance...
Bill - 13.11.2013 | 0 réactions | #link | rss
Décidément, je ne viens écrire ici que quand ça ne va pas...

Ça ne va pas depuis de longs mois, peut-être aurais-je du revenir ici plus tôt, mais ce n'est jamais facile.

Que s'est-il passé depuis mon dernier billet? Beaucoup de choses...

Deux ans...

La dernière fois, j'étais à Bruxelles, pour le boulot. Pour la 4ème fois, et un total de 10 mois. Je suis ensuite parti en Arabie Saoudite, pour deux mois. Deux mois déprimants à Riyad, ville déprimante à souhait. Retour par Dubaï, où j'ai mangé avec un ami que je ne voyais plus depuis des années. Les avantages de l'aviation, on peut croiser quelqu'un qu'on connaît, et ce dans les endroits les plus improbables...

Puis, une semaine à Genève. Ah, Genève... Revenir "à la maison", revoir les amis. Ce fut la dernière fois, jusqu'ici. Et ensuite, une longue période de congé dont j'avais vraiment besoin.

Puis, le 10 janvier 2012, une rencontre a chamboulé ma vie. On avait échangé quelques messages sur Internet, et, très vite, nous nous sommes rencontrés. Dès le début, elle m'a beaucoup plu. J'étais tellement stressé, que j'ai bien cru, en rentrant, qu'elle ne voudrait plus entendre parler de moi...

Alors, par messages, je lui ai parlé de mon manque d'expérience, de mes peurs. Et le fait est que, alors qu'elle se posait des questions quant à mon comportement, elle a compris, et accepté de me revoir. Je lui ai demandé de me dire directement, si je faisais quelque chose de travers, en raison de mon inexpérience.

Après cette deuxième rencontre, j'avais compris : je ne pourrais plus me passer d'elle. En rentrant, sur le trajet d'une heure, j'ai appelé ma meilleure amie, et lui ai parlé d'Elle. Et mon amie a compris immédiatement.

On a commencé à échanger des messages tous les jours. On a commencé à se rapprocher de plus en plus. Notre première fois, dans un hôtel cinq étoiles près de chez Elle, fut magique. Je n'ai pas d'autre mot pour le décrire... La première fois avec quelqu'un que j'aimais véritablement, totalement. Puis une balade dans un palais, mes premières photos d'Elle. Avec un sourire, une expression sur le visage que je n'avais vu sur aucune autre de ses autres photos...

Puis, je suis reparti en mission, pour la dernière fois. Trois semaines, cinq villes, 80h de vol. Où que je sois, on parlait tous les jours, on s'échangeait des messages. Les hôtesses de l'air, en bikini au bord de la piscine et auxquelles elle faisait référence lorsqu'on parlait au téléphone, ne m'intéressaient plus du tout. Puis, à Milan, après avoir passé 26h dans l'avion, j'ai commis une erreur. Une petite erreur, due à la fatigue accumulée. Ça n'a pas manqué. Même si je n'ai eu confirmation que bien plus tard, j'ai été remplacé sur cette mission, et n'ai pas été rappelé pendant une longue, très longue période. Bien plus tard, j'ai eu la confirmation : je ne repartirais plus en mission. Je ne m'en plaignais pas, ça me donnait l'occasion de passer plus de temps avec Elle.

Le jour de mon retour, j'ai changé mon ticket d'avion pour rentrer bien plus tôt : Elle me manquait trop. On a passé l'après-midi tous les deux, en amoureux, puis Elle m'a ramené à l'aéroport, le soir, car mes parents venaient me chercher.

Le lendemain, anniversaire de ma meilleure amie. Je suis allé la chercher, et, pour la première fois, je l'ai présentée à quelqu'un d'important pour moi. On a passé la nuit, ou ce qu'il en restait, ensemble, à l'hôtel, puis je lui ai proposé, l'air de rien, de venir passer le week-end chez moi, chez mes parents. Elle a accepté. Je faisais comme si cela n'avait aucune importance, mais en réalité, je n'en menais pas large... Mais tout s'est bien déroulé, mes parents l'ont beaucoup aimée, et même mon chat, qui a tendance a fuir les gens qu'il ne connaît pas, a rapidement fait connaissance avec elle.

Quelques jours plus tard, son anniversaire. La première fois que je rencontrais ses amis, que j'entrais dans sa vie sociale.

Après être rentré, je n'avais plus en tête qu'une chose : me trouver un autre boulot, un boulot stable, grâce auquel nous pourrions vivre ensemble. Je ne lui en parlais pas, je craignais de lui faire peur. De lui donner l'impression d'aller plus vite que la musique. Mais, pour moi, j'avais rencontré la femme de ma vie, celle avec qui je voulais passer le restant de mes jours. La mère de mes enfants.

Je flottais sur un nuage, et tout le monde s'en rendait compte.

Début avril, j'ai eu un entretien pour un poste à Bâle. Je lui ai demandé, compte tenu du fait qu'Elle était au chômage, si Elle viendrait avec moi. Et à ma très grande joie, elle a dit oui. Malheureusement, je n'ai pas décroché le poste...

Depuis plusieurs semaines, j'hésitais. Il fallait que je le lui dise. Et, de la manière la plus inattendue, le 19 avril, alors que nous buvions un café et que je lui faisais pratiquer son français, je lui ai dit "je t'aime". Dans cette langue qui a le plus de signification pour moi, le français. Et elle m'a répondu de la même façon. Elle m'a avoué, plus tard, qu'Elle se posait des questions sur l'avenir de notre relation, car je ne l'avais toujours pas dit. Alors que de mon côté, j'avais peur de le lui dire trop tôt.

Le temps passe, nous sommes toujours tous les deux sans activité professionnelle. Mais je suis heureux. Nous passons du temps ensemble, je fête mon anniversaire avec Elle et ma famille. Mon anniversaire le plus heureux...

A la fin de l'été, je me trouve du travail. Des horaires pas géniaux, un long trajet quotidien, mais comme c'est beaucoup plus près de chez Elle, nous nous voyons plus régulièrement. Sans que je ne m'en rende compte, petit à petit, Elle commence à s'éloigner. A la fin de l'année, elle est distante. Je me pose des questions, une boule d'angoisse dans l'estomac. Un poids sur la poitrine en permanence. Je me demande ce qui se passe. Je lui demande ce qui se passe. Le 10 janvier 2013, on fête l'anniversaire de notre rencontre. Elle est moins distante, mais ce n'est plus pareil. Elle me dit qu'elle angoisse car elle arrive en fin de droit, côté chômage, et ça la fait flipper. Elle me dit que je ne la soutiens pas assez. À ce moment-là, angoissé par son attitude distante, c'était vrai.

(zut, gros bug, j'ai perdu la suite de mon texte... Et vu à quel point revivre ces étapes me coûte, je pense que je vais faire une pause, et continuer plus tard, dans un second billet)
Bill - 11.08.2011 | 0 réactions | #link | rss
Dur de recommencer à écrire. Je ne sais pas par où commencer.

Ces derniers mois ont été chargés, très chargés. Je bosse en moyenne entre 20 et... beaucoup d'heures par semaine, et les heures de sommeil, parfois, ne sont pas très nombreuses. Il m'est arrivé d'avoir à travailler dans l'urgence 50-70h d'affilée, dans le stress. Quand le rythme devient infernal, le travail l'est aussi.

Au total, sur ma première année de travail pour mon employeur actuel, je n'ai eu que 4 semaines de congé. De véritable congé, je veux dire. Car quand je sors de chez moi, je pars pour 3, ou 4, ou 5 mois d'astreinte, 24/7. Et le 24/7 est réel : je ne compte plus le nombre de coups de fil au milieu de la nuit...

Seul avantage, dans ma situation actuelle, je suis et reste célibataire. Si je devais rencontrer quelqu'un, elle deviendrait folle avec mes horaires et mon rythme de travail.

Après un an à ce rythme, je commence à fatiguer, très sérieusement. L'aspect financier (pour mon compte en banque) ne me motive plus. J'adore mon environnement de travail, l'aviation, mais là, je suis un peu à bout. Marre de devoir éteindre l'incendie à chaque fois que quelqu'un au siège merde, et tout ça pour avant-hier. Marre de ces horaires indécents.

J'ai toujours rêvé de devenir pilote de ligne, et ce depuis la première fois que je suis monté dans un avion, à l'âge de 9 ans. Mes parents n'ont jamais compris cette passion, et ça ne risque pas de changer de sitôt. Et plus je passe de temps dans ce boulot, plus j'ai envie de le faire. Et à force de discussions avec nos pilotes, je me dis que ce n'est pas une si mauvaise idée que ça. Il y a, dans toute l'Europe, des milliers de jeunes pilotes au chômage, et je n'ai jamais voulu devenir l'un d'entre eux. Mais je travaille déjà pour une compagnie aérienne. Je travaille dans ce milieu, je connais de plus en plus de gens. C'est le plus important, dans ce métier : le réseau. Alors je me donne jusqu'à la fin de l'année. Je me donne ce délai pour convaincre mes parents que ce n'est pas du gaspillage d'argent, que ce n'est pas la poursuite d'un rêve inaccessible. Que je veux réaliser mon rêve, pour ne jamais avoir à regretter de ne pas l'avoir fait, ou, tout du moins, tenté. Et en comparaison de beaucoup de gens qui se lancent dans le métier, je sais tout ce que cela représente : une formation chère, sans garantie de boulot, avec des checks simulateur (pendant lesquels tu en chies un max!) tous les 6 mois, un examen médical étendu tous les ans (tous les 6 mois pour les plus de 40 ans)... Et ces deux derniers points sont éliminatoires.

Vient ensuite le travail en lui-même. De longues journées de travail (jusqu'à 18h de suite en équipage renforcé pour le long-courrier), les décalages horaires constants, la nourriture qui n'est pas la plus équilibrée, le manque de vie de famille.

Mais il y a aussi de magnifiques points positifs : travailler dans le plus beau bureau du monde, le monde à ses pieds, dans un environnement hautement technique. La vie en équipage, les liens qui se créent au fil des vols, des escales. Les lieux magnifiques qu'il nous est donné de visiter. La fierté de faire décoller ces immenses oiseaux de métal.

J'ai eu l'occasion d'accompagner nos avions à de nombreuses reprises. J'ai vécu tout cela. Et ce que je chéris le plus dans ce milieu, ce sont les relations humaines. L'esprit de camaraderie qui règne parmi l'équipage, qui se soutient quoi qu'il advienne. Ce même esprit de camaraderie qui nous fait discuter avec des gens de partout dans le monde, travaillant pour d'autres compagnies, d'autres pays, avec qui nous avons cela en commun. Et qui fait que nous nous soutenons quand ça ne va pas, que les nôtres nous manquent.

Cette vie est faite pour moi, malgré mes plaintes précédentes. Je me plains surtout que de par ma localisation actuelle, je suis très peu en contact avec notre personnel navigant, et c'est de là que vient ma solitude actuelle.

Bon, ça suffira pour cette fois-ci. Je reviendrai quand mon avenir sera un peu plus orienté.
Bill - 24.11.2010 | 3 réactions | #link | rss
Qu'est-ce que je deviens? Grande question.

J'ai parcouru, ces six derniers mois, plus de kilomètres en avion que dans le reste de ma vie. J'ai visité des coins tout sauf habituels, des coins que peu de touristes ont l'occasion de voir. Sur ces cinq derniers mois, j'ai passé quatre mois et demi dans des hôtels. Chez moi, c'est mes deux valises. En clair, pour moi qui ai toujours aimé voyager, c'est le pied.

Évidemment, l'être humain étant un éternel insatisfait, je ne suis pas tout à fait heureux. Car à force de bouger, je n'ai pas de vie sociale. Bien sûr, je gagne bien ma vie, mais ce n'est de loin pas tout.

Je me dis que je ne pourrai pas tenir très longtemps avec ce rythme de vie. Comment rencontrer quelqu'un, puis plus tard fonder une famille, quand on passe son temps en mission à l'étranger? En passant par l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Sud?

Pour le moment, ça va. Mais qu'en sera-t-il dans un an, voire dans deux ou trois? D'ici-là, j'aurai changé de boulot. Bien obligé.
Bill - 04.08.2010 | 0 réactions | #link | rss
Après les derniers épisodes, les choses allaient moyennement. Je me suis préparé à retourner chez mes parents, à l'étranger. J'avais déjà mon billet d'avion, et mes affaires étaient emballées, prêtes à être envoyées. Et là, je me suis trouvé du boulot.

J'ai définitivement quitté la région, même si j'ai bon espoir d'y revenir un jour. Mon nouveau boulot est très exigeant, je travaille beaucoup, mais surtout, je voyage beaucoup. Actuellement, je me trouve quelque part au fin fond de l'Afrique, même si cela risque de changer très prochainement. Je ne rentre pas encore au pays (celui de mon employeur), mais en Europe malgré tout. En un peu plus d'un mois, j'aurai visité six villes différentes dans cinq pays sur deux continents. L'avantage d'être trilingue.

Bref, les choses se sont très bien arrangées, au final. Je n'ai pas à me plaindre. Mais il me reste mes dettes à rembourser. Et je les rembourserai jusqu'au dernier centime, même si cela me prendra plusieurs années.

En attendant, je me languis de mes amis, avec qui je ne discute qu'occasionnellement par téléphone ou via internet... Je les reverrai prochainement, lors d'un court séjour en Suisse.
Bill - 11.05.2010 | 2 réactions | #link | rss
Plus d'un an et demi. Rien que ça. Il est 3h du matin, et je traine encore devant mon ordi. Qui que vous soyez, qui lisez ces mots, si vous avez également lu le reste de ce blog, vous devez vous dire que je suis bon pour l'internement...

Habituellement, quand je me remets à écrire, c'est que ça ne va pas du tout. Là, autant ma situation matérielle est catastrophique, autant moralement, ça va.

Pour mieux comprendre la situation, retour en arrière de quelques mois. Mi-2009, on m'a gentiment informé de mon licenciement. Bon, rien à dire, je l'ai bien cherché. Je n'entrerai pas dans les détails, mais ça concerne entre autres des problèmes déjà traités dans de précédents textes. Ensuite, l'office des poursuites me saisit mon compte en banque. Là, descente au fond du gouffre, émotionnellement parlant. Pas d'argent, pas de boulot, j'ai pris un rythme de vie d'animal. Vivant la nuit, dormant le jour, passant régulièrement 48h sans dormir, avant d'enchaîner sur une nuit de 20h de sommeil. J'ai coupé les ponts avec la majorité des personnes. Et résultat, mon fournisseur d'accès a achevé le travail en coupant ma connexion. Au téléphone, avec ma mère, je donnais le change. Je ne disais rien de ma situation. Je ne me rends compte que maintenant à quel point tout ça me pesait.

Avril. Malgré l'aide de l'autre volcan islandais, qui a retardé de 4 jours son arrivée, ma mère s'est pointée. Et là, tout est venu au grand jour. Boulot, période dépressive, plus de voiture, et surtout, problème un tantinet plus grave, avis d'expulsion de mon appart, toujours au nom de mes parents.

Bref, aujourd'hui, je suis officiellement SDF. Bon, j'ai heureusement de la famille qui m'héberge pour quelques mois, mais vu qu'eux-mêmes quittent la région cet été, j'ai jusque là pour retrouver un boulot et un logement. Sinon, je devrai moi-aussi quitter le pays et rentrer chez mes parents. Criblé de dettes, sans job et sans logement, je n'aurai aucune autre solution.

Ce qui m'étonne, c'est que malgré tout, ça va. Vivre au sein d'une famille après cinq années de solitude, d'horaires irréguliers, ça me fait un bien fou, me donne une certaine stabilité émotionnelle, un rythme.

Je ne sais toujours pas où je serai dans deux mois, et pourtant, ça va.
Bill - 19.09.2008 | 1 réactions | #link | rss
Je me suis rendu compte, ces derniers jours, qu'un de mes principaux problèmes avec les femmes, c'est que j'ai quelque peu tendance à les étouffer. Lorsque ma curiosité est titillée, je ne peux m'en empêcher.

Que ce soit une collègue du boulot, une nana rencontrée par hasard, une amie d'un ami, je multiplie les contacts, ou du moins, j'essaye. Je parle trop, surtout trop de moi. Foutu complexe d'infériorité. Je crois qu'insconsciemment, j'essaye de me mettre en avant, et ce le plus vite possible, avant qu'elle se lasse. Le problème, c'est que généralement, elles se lassent encore plus vite, lorsque j'en fais trop.

La seule fois où je ne l'ai pas fait, elle ne parlait pas français. Même si mon anglais est bon, je n'ai pas l'aisance que j'ai en français. Ca aide...

Je m'en suis rendu compte ces derniers jours entre autres grace à quelques échanges par mail avec une lectrice de ce blog ainsi que par mon comportement avec une nouvelle collègue. Ce que je peux être pathétique...

Bref, malgré tout, j'essaye de me soigner. Non, je ne suis toujours pas allé voir un psy. Il y a quelques semaines, un ami m'a dit quelques belles choses. Qu'une personne comme moi ne devrait pas être dans mon état. Que je suis quelqu'un de bien, que je mérite beaucoup mieux, que je dois simplement me décoincer. J'ai haussé les épaules, maugréant des excuses, que non, ce n'est pas vrai. Je réagis généralement mal aux compliments. J'ai remarqué aussi une autre chose. Au boulot, autant je repousse les compliments des clients, autant je n'hésite pas à citer mes exploits à mes collègues, les rares choses dont je sois réellement fier. Mais cette peur de l'échec reste. J'en arrive à faire des cauchemards avec, comme trame centrale, le boulot et mon incapacité totale à le faire, et ce, même en vacances.

Côté vie sociale, les choses se sont légèrement améliorées. Grace à face de bouc, j'ai repris contact avec un ami que je ne voyais plus depuis deux ans. Il a un rythme de vie proche du mien, ce qui fait que régulièrement, je l'appelle quand j'ai terminé ma journée et on va boire un verre, histoire de parler musique, cinéma, voyages. Il a beaucoup souffert, côté coeur, mais va mieux. Son petit garçon est son bonheur, le centre de son existence. Ca me fait plaisir de le voir ainsi, et me prends à rêver d'enfants. Un jour, peut-être. Cet ami-ci aussi passe son temps à me dire à quel point je suis formidable, que je dois juste me décoincer. Mais je ne sais pas quoi lui répondre. Oui, je fais un foutu bloquage. Oui, je dois me décoincer. Mais je ne sais pas comment m'y prendre. Et le fait de ne pas le savoir me bloque encore plus par peur de l'échec, comme toujours...

Sinon, à court terme, je dois partir en vacances. Et assister à un mariage. Encore un cette année. Au moins, ce sera le dernier. Pour le moment.

Je vais maintenant me coucher. D'un sommeil sans rêves, je l'espère.

Bill, 04h02
Bill - 08.08.2008 | 2 réactions | #link | rss
Tard la nuit passée, je me baladais sur le site de la TSR. Sur la page d'accueil, le lien vers la vidéo d'un reportage de "Mise au Point" concernant l'assistance sexuelle aux handicapés. Le concept, né aux Pays-Bas (précurseurs dans grand nombre de domaines considérés comme tabous), fait son petit bonhomme de chemin en Suisse. Au fil du reportage (qui est soit dit en passant très intéressant, ne serait-ce que par le partage de ce que ressentent ces personnes souffrant d'handicaps plus ou moins lourds concernant la sensualité/séxualité), j'ai été choqué de voir que, les problèmes physiques exceptés, je me retrouve dans leurs dires. A l'exception près que je vois pas de professionnelles, j'ai tout autant de problèmes à ce niveau-là.

Je suis un handicapé sentimental. Je me sens mal à l'aise lors de contacts physiques avec les gens, même pour faire la bise. Une poignée de main, geste on ne peut plus courant, est le seul contact qui ne me pose pas de problème. Prendre quelqu'un dans mes bras me rend mal à l'aise à un point inimaginable. Trop longtemps sans cette proximité ont tué ce sentiment de bien-être qu'on est censés ressentir habituellement dans ces cas-là.

Je me suis fait une promesse. Si, dans trois ans, pour mon trentième anniversaire, rien n'a changé, je vais en finir.

Je suis pathétique. Je ne suis qu'un sous-être humain. Ma vie ne vaut rien. J'ai deux bras, deux jambes, une tête. C'est tout ce qui me rapproche de l'être humain. Je vis ma vie par procuration, incapable de vivre les choses par moi-même. Ma vie elle-même est une erreur de la nature.

Et dans trois ans, j'euthanasierai cet être imparfait.
Bill - 31.07.2008 | 2 réactions | #link | rss
Sept mois. Cela fait sept mois que je n'ai rien écrit ici. Que suis-je devenu?

En fait, rien n'a changé, ou presque. J'en ai toujours marre de mon boulot, tout en l'aimant beaucoup. Ma vie sociale? Toujours (trop) réduite. Mes perspectives d'avenir? Faibles.

Malgré mon mal-être constant, malgré mon humeur mélancolique à longueur d'année, je continue à jouer les Saint-Bernard. Pas étonnant que ce soit l'une des rares races de chiens que j'apprécie...

Ces derniers temps, j'oscille entre les rôles de psy, d'assistant social, de conseiller conjugal. Quand les amis vont mal, je suis là. Même lorsqu'il s'agit de ma bouée de sauvetage, la personne qui me ramasse en mille morceaux habituellement, qui est dans un triste état, alors que moi-même ne vais pas bien.

Je ne me fais plus d'illusions. Car à chaque illusion, le contre-coup a été à chaque fois plus fort, jusqu'à atteindre un stade qui m'est insupportable. Je me cantonne à mes habitudes. Ce sont les seules conditions dans lesquelles je me sens un tant soit peu en sécurité, dans lesquelles je ne risque pas de contre-coup violent.

Et je survis.
Bill - 07.01.2008 | 0 réactions | #link | rss
Nous voilà donc en 2008. Bonne année à tous!

Pour bien commencer l'année, je me prépare à recommencer mes envois de dossiers de candidature. La période de fin d'année a été quelque peu difficile, et ça promet de le rester pour un long moment encore. Je ne vais donc plus rester très longtemps dans la boite pour laquelle je bosse. Ca suffit.

Mon ami en dépression va un peu mieux. Merci aux petites pilules. Il a pu reprendre le travail doucement.

Autrement, c'est toujours dans le calme que je continue ma petite vie tranquille. Rien de nouveau à l'horizon, côté privé. De toute façon, je ne fais pas plus d'efforts que ça pour y changer quelque chose. C'est peut-être mieux ainsi. Et cette foutue fête déprimante qui se rapproche de nouveau. Plus qu'un mois et des poussières, et on y sera de nouveau.

Le temps suit son cours, mais rien ne change jamais...
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