Journal d'un pro de l'aviation un peu geek sur les bords
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Marco - 07.01.2008 | 0 réactions | #link | rss
Bon, z'avez passé de bonnes vacances de Noël? Vous ne vous êtes pas trop cassé de jambes? Vous avez bien profité des vacances au soleil, peut-être?

Pas moi. Non, avec plusieurs milliers de personnes, nous avons fait tout ce que nous pouvions pour que vous puissiez partir (et revenir) dans les meilleures conditions.

A Genève, contrairement à la plupart des aéroports au monde, c'est en hiver, et surtout lors des vacances de fin d'année, que nous battons tous les records de fréquentation. C'est là que tous, nous songeons, à un moment ou à un autre, à poser notre démission, ou, plus simplement à disparaître le plus vite possible sans laisser d'adresse. Les alpes, c'est bien d'habiter tout près pour aller skier quand on veut, mais beaucoup moins lorsqu'il s'agit de recevoir des hordes d'anglais, de scandinaves ou de russes qui arrivent blancs comme la neige et qui repartent rouges comme le drapeau helvétique avec, comme souvenir, une jambe ou un bras cassés, des bagages qui puent méchamment des pieds et des paires de skis particulièrement chiantes à ranger dans une soute d'avion.

Vu ou entendu ces dernières (longues) semaines :
- entre 3 et 5 heures de retard sur l'Angleterre le week-end avant Noël (comme si on avait besoin de ça!) et les annulations qui vont avec (merci à nos amis anglais pour leur météo totalement pourrie!)
- Lyon et son brouillard, qui force certains avions à venir se poser chez nous (comme si on n'en avait pas déjà assez!)
- problèmes techniques en chaîne sur les avions. Non, c'est pas que les avions qui viennent ici sont tous pourris, mais simplement, on en a beaucoup plus, d'où un risque statistiquement plus élevé de se retrouver à gérer des situations de merde)
- des tour-operators qui se font tabasser parce que le vol est annulé (je ne dirai pas où allait l'avion, sinon on va encore me taxer de xénophobe! Mais racontez ça à quelqu'un qui bosse à l'aéroport, il saura deviner assez rapidement la destination...).
- Un terminal qui ressemble à un de ces aéroports dans un pays en guerre où on voit les ressortissants étrangers se presser pour prendre le premier vol pour rentrer. Plein de monde assis ou couché par terre dans tous les coins et recoins...

Donc voilà. Je n'ai que deux choses à dire : d'abord, vivement fin avril et la fin de la saison de ski! Deuxièmement, vivement samedi et mes vacances longuement attendues!
Marco - 16.12.2007 | 3 réactions | #link | rss
Après discussion avec un collègue il y a une heure, je me suis dit qu'il serait peut-être bon de remettre quelques pendules à l'heure en ce qui concerne les tricheries les plus vieilles (et les plus foireuses) pour se faire upgrader en business-class.

1. La plus connue, mais surtout la plus foireuse, c'est, lorsque vous partez pendant une période de vacances. Les vols sont pleins, c'est le foutoir. Vous vous dites que l'avion sera survendu et que, en arrivant en dernier, comme il ne restera plus de place en éco, ils vous upgraderont en porte...
Dommage! Depuis la création des programmes de fidélité des compagnies (ou alliances), ce sont les passagers fréquents qui se font upgrader pour vous laisser une place en éco. Ou encore, si vous n'avez pas de bol, vous prendrez le vol suivant!

2. Monsieur (ou Madame) part en voyage d'affaires et emmène sa tendre moitié (officielle ou clandestine). Monsieur part en business car c'est l'entreprise qui paye. Par contre, la douce moitié a un billet economy... Que fait Monsieur? Un scandale en porte, avec toutes sortes de menaces. Le résultat final, dans 99% des cas, c'est soit le downgrade (passage en classe inférieure) volontaire de Monsieur qui se voit menacer de se faire débarquer (ça la fout mal pour un voyage d'affaires), soit Monsieur accepte finalement de payer l'upgrade, soit en argent, soit en "miles" du programme de fidélisation (deux choses qu'il cherchait à économiser en faisant son scandale).

3. Petite variante de la deuxième méthode foireuse, c'est de prendre un billet business pour soi et mettre les enfants en economy. Ensuite, directement au check-in, faire un scandale pour que les enfants soient upgradés pour voyager avec soi. En règle générale, les bagages sont immédiatement mis en stand-by (résultat, à l'avion, les bagages sont mis de côté en attente de confirmation si les passagers voyagent ou non) et on envoie la "charmante" famille en porte. Là, de deux choses l'une : soit le passager accepte d'être downgradé, soit on les débarque... La troisième solution, plus courante pour les passagers du Golfe mais très rare pour des européens (ce n'est pas du racisme, je précise, mais un constat), c'est de faire voyager les enfants en tant que mineurs non-accompagnés en acceptant de payer la taxe d'assistance des enfants et les récupérer à l'arrivée...

Je précise juste que, bien sûr, en cas de downgrade, les passagers sont généralement indemnisés (en général, mais je ne connais pas toutes les procédures de toutes les compagnies).

Tout ça pour dire que le moyen le plus sûr de voyager en business avec un billet éco, c'est encore d'avoir des "miles" et de les utiliser!

Un de ces jours, pour ceux qui ont du mal à comprendre certains termes, je préparerai un lexique de termes du métier.
Marco - 02.12.2007 | 0 réactions | #link | rss

C'est drôle, mais l'une des premières choses dont on se rend compte après à peine quelques semaines à travailler dans un aéroport, c'est que les passagers (désignés ci-après comme pax) semblent régulièrement complètement perdus.



Il suffit de porter un uniforme (avec cravate, surtout. Les pistards en salopette rencontrent moins de problèmes) pour qu'on ne puisse pas faire cinq mètres dans l'aérogare sans être assailli de questions. Question la plus posée par le pax moyen perdu, c'est "Où sont les toilettes?", et ce même s'ils sont juste en face de la porte desdites toilettes. Autre question régulièrement posée, "C'est à quelle heure le train pour [...]?". Comme si nous étions en mesure de connaitre les horaires de tous les trains au départ de Genève-Aéroport! Sinon, côté transit/portes d'embarquement, ce sont les pax qui, sur le billet ou la carte d'embarquement puis les écrans, ne lisent que leur destination. Résultat, ils se présentent à la mauvaise porte d'embarquement qui est, bien sûr, à l'opposé de la leur. Charmant, surtout lorsque c'est nous qui les attendons à l'autre bout de l'aéroport.



Un de mes collègues a sorti une loi tirée de ses statistiques personnelles et je l'ai adaptée : un jour de départ en vacances, 80% des pax perdent 80% de leur QI lorsqu'ils passent la porte du terminal. Quant à savoir pourquoi, là, la question se complique. Peur de l'avion? Excitation de partir en vacances? Peut-être les deux.



Tout comme le fait de se présenter au check-in 20 minutes avant le départ. Les compagnies demandent, en règle générale, de se présenter 2-3 heures avant. Pourquoi? Déjà pour qu'on ait suffisamment de temps pour enregistrer tout le monde. L'avion, ça n'est pas comme le train ou le bus pour ce qui est des formalités, on n'a pas à seulement acheter son billet et monter dedans. Par contre, l'avion est très semblable à ces deux autres moyens de transport pour une chose : il ne va pas vous attendre. Donc, si vous arrivez 20 minutes avant le départ avec 3 immenses Samsonite, faut pas rêver : vous prendrez le vol suivant!



Tout comme lorsque vous avez fait votre check-in, que vous avez passé le contrôle d'identité. Là, pas mal de gens se disent "j'irai en porte d'embarquement 5 minutes avant le départ". Mauvaise idée! Déjà, suffit que votre vol soit à une heure pas trop propice, et vous serez bloqué à la sécurité. Et surtout, la première chose qu'on fait lorsqu'un passager est en retard, c'est de chercher ses bagages dans la soute. Et dès qu'ils sont de retour sur le tarmac, vous pouvez être sûr que vous ne partirez pas...Les compagnies aériennes sont très strictes sur la ponctualité...



Voilà, première pensée pas profonde. D'autres suivront, et pas forcément sur le même thème...

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