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quedemots - 15.02.2017 | 0 réactions | #link | rss
Des ordures ménagères à la gazinière: la start-up Waga Energy a réalisé une première en injectant sur le réseau de gaz du biogaz issu des déchets stockés dans une décharge, a annoncé l'entreprise mercredi.

La technologie mise au point par Waga Energy a été installée sur un centre d'enfouissement situé à Saint-Florentin (Yonne), géré par l'entreprise Coved (groupe Paprec).

Elle permettra de produire 20 gigawattheures de bio méthane (du biogaz épuré pour pouvoir être injecté dans le réseau), soit la consommation annuelle de 3.000 foyers, précise l'entreprise dans un communiqué.

Waga Energy a investi 3 millions d'euros pour installer sa technologie, baptisée Wagabox, sur le site.

"Jamais personne n'avait encore distillé du bio méthane et de l'air", ce qui fait de ce site une "première mondiale", s'est félicité auprès de l'AFP Mathieu Lefebvre, président de Waga Energy.

Contrairement au biogaz produit par un méthaniseur de résidus organiques alimentaires ou de culture, le biogaz issu de la fermentation des déchets ménagers contient une part d'air (composé d'oxygène, d'azote et de dioxyde de carbone).

Waga Energy a réussi à séparer le bio méthane de l'air, permettant à ce gaz d'avoir une qualité compatible avec une injection dans le réseau de gaz, en l'occurrence celui du distributeur Grdf.

La société achète le gaz à Coved et se rémunère en l'injectant à un tarif soutenu par les pouvoirs publics.

L'entreprise a aussi signé un contrat avec Suez, pour équiper un de ses centres d'enfouissement dans l'Oise.

La société veut "engager une dizaine de sites dans les 18 à 24 mois en France" et vise une centaine d'installations à horizon 2025, dont les trois-quarts à l'international, prévoit Mathieu Lefebvre.

Pour lui, le marché est potentiellement gigantesque avec un développement du stockage des déchets dans le monde, en parallèle de l'urbanisation et du développement des pays émergents.

La clé est de produire le bio méthane "à un prix compétitif du gaz naturel local", ajoute-t-il, estimant que c'est possible dans certains endroits comme en Asie ou en Europe de l'est.



Texte de :AFP
février 2017
quedemots - 21.12.2015 | 0 réactions | #link | rss
Quelques jours après la fin du sommet de Paris sur le climat doit être inaugurée aux portes du Sahara la première phase du mégaprojet Noor, présenté par le Maroc comme le plus grand parc solaire au monde.

Ouvriers et ingénieurs s'activent pour que l'immense ferme solaire située à une vingtaine de kilomètres d'Ouarzazate, au centre du Maroc, entre en activité d'ici à la fin décembre.

Les travaux de construction sont achevés. Nous testons des composantes de cette unité de production en vue de la connecter au réseau national d'ici à la fin de l'année, explique Obaid Amrane, membre du conseil d'administration de l'Agence marocaine de l'énergie solaire.

Avec une capacité totale de production d'électricité de 580 mégawatts (MW), le parc d'Ouarzazate deviendra le plus grand complexe d'énergie solaire au monde, selon ses concepteurs. Il devrait être à même de fournir de l'électricité à un million de foyers.

Noor 1 sera une vitrine pour le Maroc qui doit accueillir fin 2016 la 22e conférence mondiale sur le climat, au cours de laquelle sera examinée l'application des engagements pris par la COP21 ces jours-ci à Paris.

Le royaume, dépourvu d'importantes réserves en hydrocarbures mais très riche en ensoleillement, a développé un ambitieux plan de développement des énergies renouvelables qui doit lui permettre de subvenir à 42% de ses besoins énergétiques par ce biais à l'horizon 2020.

Dans ce cadre, le roi Mohamed VI avait lancé en mai 2013 les travaux de la première phase de Noor, d'un coût de 600 millions d'euros. Un millier d'ouvriers ont été mobilisés.

Suivront les parcs Noor 2 et 3 en 2016 et 2017 tandis que l'appel d'offre a été ouvert pour Noor 4.

- Continuer l'effort après 2030 -

Répartis sur 450 hectares, un demi-million de miroirs cylindro-paraboliques d'une hauteur de 12 mètres chacun et disposés sur 800 longues rangées suivent lentement le mouvement du soleil. Ils font converger ses rayons pour permettre de chauffer à haute température un fluide caloporteur qui fait ensuite fonctionner une turbine à vapeur.

Avec une capacité de production d'électricité de 160 mégawatts, Noor-1 est censé permettre au Maroc de réduire de manière importante ses émissions de gaz à effet de serre.

Selon les estimations du ministère de l'Energie, le complexe permettra d'éviter l'émission de 240.000 tonnes de CO2 par an. Et même 522.000 tonnes quand Noor-2 et Noor-3 seront opérationnels.

En plus de ses projets solaires, le Maroc a également inauguré fin 2014 à Tarfaya (sud-ouest) le plus grand parc éolien d'Afrique (300 MW).

Le coût total de ces différents projets s'élève à 13,1 milliards de dollars (12 milliards d'euros), soit 60% des investissements en énergie du Maroc jusqu'en 2020.

Outre les énergies renouvelables, le Maroc avait également annoncé l'an dernier un vaste projet de développement gazier, destiné à réduire la dépendance énergétique du royaume et qui nécessitera 4,6 milliards de dollars (4,22 milliards d'euros) d'investissements.

Les choses se passent bien jusqu'ici, et nous pensons arriver à dépasser 2000 MW pour l'éolien d'ici à 2020, a déclaré le ministre marocain de l'Energie et de l'Environnement, Abdelkader Amara.

Rabat est déterminé à poursuivre le développement des énergies renouvelables au-delà de cette date afin de tenir son objectif de réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.


Texte de : AFP
Décembre 2015
quedemots - 02.11.2015 | 0 réactions | #link | rss
La sévère sécheresse provoquée par le phénomène climatique El Niño préoccupe les caféiculteurs du Nariño, département des Andes colombiennes. La région est le berceau de l'un des meilleurs cafés au monde.


"Nous risquons de perdre la récolte. Nous sommes tous désespérés, nous les paysans", a expliqué Raul Fajardo, producteur de café à La Tola, près d'El Tambo. Le cultivateur oeuvre à 1800 mètres d'altitude sur les flancs du volcan Galeras, dans le nord du Nariño.


Plantes stressées
Raul Fajardo cultive quatre hectares de café, certifié d'origine. L'air inquiet, il surveille sa plantation. Le manque d'eau "stresse" les plantes, qui ont fleuri plus que de coutume. Elles pourraient donc donner une récolte exceptionnelle de ce grain si apprécié pour sa douceur et son arôme. Encore faudrait-il qu'il pleuve.


"Cela fait six mois que cela dure et les pronostics en annoncent cinq de plus. Cela va nous tuer", souligne cet homme à la peau tannée par le soleil tropical.


Comme tous les caféiculteurs du Nariño, il est fier de produire "le meilleur café de Colombie". "Nous bénéficions de plus d'heures d'ensoleillement grâce auquel la concentration de sucre dans le grain est plus élevée", précise un cultivateur voisin, Eduardo Salas.


Mais les conditions climatiques compliquent de plus en plus la tâche des caféiculteurs. La Colombie est confrontée à une forte sécheresse.


Selon les autorités, ce phénomène devrait s'aggraver à partir de décembre. Il devrait durer jusqu'en juin, à cause d'El Niño, qui provoque un réchauffement des eaux de l'océan Pacifique équatorial.


Texte de : ats
novembre 2015
quedemots - 27.08.2015 | 0 réactions | #link | rss
Une montée des océans d'au moins un mètre due au réchauffement climatique est inévitable dans les 100 à 200 ans qui viennent, selon les données dévoilées par la Nasa mercredi. Une certaine incertitude demeure cependant sur le calendrier exact de la montée des eaux.


Les dernières prédictions sérieuses en date, qui remontaient à 2013 par un panel intergouvernemental des Nations unies sur le changement climatique, évoquaient une montée des océans de 30 à 90 cm d'ici la fin du siècle.


Mais selon l'expert Steve Nerem, qui dirige l'équipe de la Nasa chargée de surveiller la montée des niveaux des mers, les dernières données mesurées par les satellites de la Nasa pointent vers la fourchette haute de ces prévisions.


Les scientifiques surveillent particulièrement les glaces du Groenland, qui ont perdu en moyenne 303 milliards de tonnes par an durant la dernière décennie. L'Antarctique de son côté a fondu de 118 milliards de tonnes par an.


Les océans ont monté d'environ 7,6 centimètres depuis 1992, avec des pointes à 23 cm en certains endroits en raison de variations naturelles.


Texte de :ats
août 2015
quedemots - 25.08.2015 | 0 réactions | #link | rss
L'émirat désertique du Qatar va lancer un grand programme pour que d'ici 2023, 70% des légumes consommés par ses habitants soient cultivés localement. Soit quatre fois plus qu'actuellement, ont indiqué mardi des responsables du plus grand groupe agricole qatari.


Depuis deux ans, un projet pilote baptisé Zulal Oasis consistant à faire pousser des tomates dans des serres, sans sol et en utilisant de l'eau d'irrigation recyclée, s'est révélée un "grand succès", selon le PDG du groupe Hassad Food qui l'a menée à l'ouest de Doha.


"La technologie s'est révélée parfaitement adaptée au climat du Qatar", a indiqué Nasser Mohamed Al Hajri, en précisant que "les résultats avaient dépassé les attentes concernant le rendement et la qualité".


Face à ce succès, le groupe a décidé d'étendre ce projet afin de permettre d'augmenter de façon notable d'ici huit ans la production locale de légumes. Actuellement, selon la saison, entre 11 et 16% des légumes consommés par les Qatariote sont cultivés dans l'émirat. L'objectif est d'atteindre 70%.


Concombres, aubergines et courgettes
Le projet test s'est concentré sur les tomates, mais la technique pourra être utilisée pour d'autres légumes populaires au Qatar, comme les concombres, les aubergines et les courgettes.


"La technologie de Zulal Oasis est un modèle de production durable à long terme, avec la capacité de produire des niveaux élevés de récolte douze mois par an, sans tenir compte des saisons", a souligné le PDG de Hassad Food.


La question de la sécurité alimentaire est importante au Qatar, qui importe la grande majorité de la nourriture consommée par ses habitants.


Un programme de sécurité alimentaire national, visant à augmenter l'autonomie du Qatar en terme d'alimentation, a été lancé en 2013 et s'étale jusqu'en 2030.


Texte : ats
août 2015
quedemots - 02.10.2013 | 0 réactions | #link | rss
Températures, océans, glaces: les manifestations du changement climatique


Hausse moyenne de près d'1°C de la température mondiale depuis un siècle, montée du niveau de la mer, vagues de chaleur et fonte des glaces: le Giec va faire le point, la semaine prochaine, sur les manifestations du réchauffement climatique.

LA TEMPERATURE MONDIALE a déjà augmenté de plus de 0,8°C depuis le début du XXe siècle et va continuer à augmenter d'ici la fin du siècle, de façon plus ou moins importante selon les émissions de gaz à effet de serre, rappellera le résumé du cinquième rapport du Groupe d'experts inter gouvernental sur l'évolution du climat (Giec), qui sera dévoilé vendredi au terme de quatre jours de validation à Stockholm.

La première décennie du XXIe siècle (2001-10) a été la plus chaude depuis 1881, a rappelé en juillet l'Organisation météorologique mondiale (OMM), avec une température moyenne à la surface des terres et des océans estimée à 14,47°C soit un écart de +0,47°C par rapport à la moyenne sur 1961-1990.

Les efforts actuels pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) mettent la planète sur une trajectoire de +3°C à +5°C, selon un récent rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement, alors que la communauté internationale a officiellement retenu l'objectif de +2°C maximum.

Dans son nouveau rapport, le Giec va confirmer -- avec 95% de certitude selon une version provisoire du résumé contre 90% dans le rapport de 2007 -- le rôle majeur des activités humaines dans ce réchauffement.

LES EVENEMENTS METEOROLOGIQUES EXTREMES tels que les pluies torrentielles ou les vagues de forte chaleur se sont multipliés et devraient être de plus en plus fréquents avec le réchauffement, avait indiqué le Giec dans un rapport spécial publié en novembre 2011, le travail le plus complet sur ce sujet discuté.

Selon un rapport de 18 équipes scientifiques publié début septembre dans le Bulletin of the American Meteorological Society, le réchauffement a contribué à la moitié des phénomènes météorologiques extrêmes sur la planète en 2012, comme les sécheresses et l'ouragan Sandy aux Etats-Unis, la fonte record des glaces arctiques ou les pluies diluviennes en Grande-Bretagne, en Australie, dans le nord de la Chine et au Japon. Ce lien devrait être confirmé dans le prochain rapport du Giec qui va notamment tenter, dans son volume sur les impacts qui sera publié en 2014, de mieux régionaliser ses constats.

LA FONTE DE LA BANQUISE arctique, qui couvre 15 millions de km2, a atteint un record durant l'été 2012, se réduisant encore par rapport au précédent record de 2007. Il est de plus en plus probable, estiment les climatologues, de voir l'océan Arctique libre de glace d'ici 2050. Une opportunité économique pour le transport maritime qui voit de nouvelles voies navigables s'ouvrir, ainsi que pour les prospecteurs pétroliers et de minerais, mais une menace de pollution pour ce milieu jusqu'ici relativement épargné.

LA FONTE DES GLACIERS D'ALTITUDE, notamment ceux de l'Himalaya, menace l'approvisionnement en eau de nombreuses régions (Inde du nord, Chine). Les glaciers dans les Andes tropicales ont perdu entre 30% et 100% de leur surface en 30 ans, ceux des Pyrénées pourraient avoir disparu en 2050.

L'ELEVATION DU NIVEAU DES OCEANS s'est accélérée lors des 20 dernières années et va se poursuivre au cours du XXIe siècle, selon la version provisoire du résumé du résumé du nouveau rapport du Giec.

Globalement, selon les études publiées les plus récentes, cette élévation est due pour un tiers à la dilatation de l'eau due à l'augmentation de chaleur, pour un autre tiers à la fonte des glaciers de montagne et pour un peu moins d'un tiers à la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, le reliquat étant dû au cycle naturel de l'eau. En 2007, le Giec estimait que la hausse moyenne pourrait atteindre 18 à 59 cm en 2100. Des chiffres qui devraient être légèrement revus à la hausse dans le nouveau rapport du Giec.

LA BIODIVERSITE devrait souffrir du réchauffement, avec 20 à 30% des espèces animales et végétales menacées d'extinction en cas de hausse des températures de 1,5 à 2,4°C par rapport aux 20 dernières années du XXe siècle.


Texte de : AFP
septembre 2013
quedemots - 01.04.2013 | 0 réactions | #link | rss
Ils ressemblent à d'immenses filets de volley-ball, abandonnés sur les tristes collines surplombant Lima, mais pour certains bidonvilles, les "attrape-brouillard" sont la réponse à un défi de toujours: comment trouver de l'eau sur une côte désertique.

C'est le paradoxe historique de la frange côtière du Pérou: les pieds dans le Pacifique, mais un climat atypique de "désert humide", tenant à la fois au courant froid de Humboldt et à la proche barrière des Andes. Mais d'eau, pas assez pour les 8,3 millions d'âmes d'une métropole saturée.

Par contre le brouillard ou la "garua", un pseudo-crachin, font partie du décor, avec un taux d'humidité frisant les 100% six mois de l'année. C'est elle que piègent les "atrapanieblas" (attrape-brouillard), méthode naturelle pour produire de l'eau douce dont vivent 200 personnes.

"Attraper du brouillard dans un filet de plastique paraissait impensable, encore moins le transformer en gouttes", explique Noe Neira Tocto, délégué du bidonville Bellavista del Paraiso, à la périphérie sud-est de Lima et à 5 km de l'océan.

Tout commença en 2006 quand deux "gringos" -biologistes de l'ONG allemande Alimon- trouvèrent que l'épaisse purée de pois qui enserre Bellavista le matin en faisait un site idéal pour les "atrapanieblas", explique Neira.

Des filets de huit mètres sur quatre furent plantés, au principe simple: l'humidité se prend dans les rets, les gouttes suintent vers une gouttière en aluminium, qui alimente de petits canaux conduisant à un réservoir à mi-hauteur de la colline de 600 m d'altitude.

"La première nuit, on a rempli une bouteille de 3 litres. De l'eau douce, pas salée, utilisable ! Aujourd'hui, avec cinq filets, on collecte jusqu'à 60 litres par nuit l'hiver", explique le dirigeant de quartier.

Pas anodin quand le camion-citerne, qui alimente en eau plus d'un quartier pauvre de Lima, se paie 15-20 soles (5-7 dollars) chaque semaine, pour des ménages au budget mensuel de 150-200 dollars.

Avec l'eau des filets, les foyers de Bellavista font leur linge, cuisine, toilette, alimentent un jardin potager. Et ont planté 800 arbustes, reverdissant peu à peu le "lomas", ces collines à écosystème unique de végétaux nourris au brouillard.

"Ils refont ce qu'on a toujours fait sur cette côte depuis les peuplements précolombiens: jadis, c'était via des arbres captant naturellement l'humidité, au pied desquels l'homme collectait l'eau", explique Alain Gioda, hydrologue auprès de l'Institut de recherche sur le développement de Lima.

A Bellavista, l'"eau du brouillard" est encore impropre à la consommation et nécessite de purifier les réservoirs contre les moustiques porteurs de dengue.
Mais 10.000 litres sont ainsi collectés chaque hiver. "Et nous somme les premiers habitants de quartiers pauvres de Lima à avoir des atrapanieblas", dit fièrement Neira.

A l'échelle des 1,3 million d'habitants sans eau courante à Lima, les 60 familles de Bellavista ne pèsent pas lourd.

Mais l'expérience est importante, vu le défi hydrique du Pérou: 70% de la population sur la côte, sur un versant ouest des Andes qui recèle moins de 2% des réserves d'eau. Un système semblable est déjà installé depuis quelques années à Atiquipa (sud) et 100 filets sont en cours d'installation sur un développement littoral à Costa Verde (Lima nord).

"On ne reviendra pas en arrière, à l'échelle des peuplements d'aujourd'hui, et étant donné la déforestation des lomas depuis 160 ans", reconnaît M. Gioda.

"Mais la valeur pédagogique est cruciale, si les gens se réapproprient de telles astuces du passé".

Texte de : AFP
novembre 2009
quedemots - 09.12.2012 | 0 réactions | #link | rss
Première série de cas de dengue en Europe depuis les années 1920


L'Europe connaît sa première série durable de cas de dengue depuis les années 1920, avec plus de 1.300 personnes touchées par un virus qu'elles ont contracté à Madère, a indiqué l'Union européenne.

Le ministère de la Santé portugais a dénombré 1.357 patients atteints à la date du 11 novembre, dont 669 confirmés par des analyses et 688 probables, a rapporté dans un communiqué mardi soir le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (CEPCM).

Après un voyage sur l'île de l'Atlantique, 25 personnes ont apporté la maladie sur le continent au Portugal, mais aussi en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne et en Suède.

Aucune mort n'a été enregistrée, mais l'éruption de la maladie est importante et constitue un événement important pour la santé publique, a estimé le CEPCM.

La dengue se répend par l'un des quatre virus portés par un moustique du genre Aedes. Elle provoque de violentes fièvres, des maux de tête, des démangeaisons et des douleurs aux articulations. Dans sa forme plus virulente, elle peut causer des hémorragies et la mort.

Le moustique Aedes aegypti est installé à Madère depuis au moins 2005. Les deux premiers cas de dengue sont apparus sur l'île le 3 octobre.

Le CEPCM a conseillé aux habitants et visiteurs de prendre des mesures de protections individuelles, pour se prémunir des piqûres de moustique. Il a également recommandé aux ports, aéroports et transporteurs à Madère de maintenir des procédures de désinfection.

Avec l'afflux des touristes à Madère, l'importation continue de cas de dengue depuis l'île vers d'autres régions de l'Union européenne est prévisible tant que la population de moustiques ne sera pas réduite et la transmission interrompue, a prévenu le Centre.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, entre 50 et 100 millions cas de dengue sont recensées dans le monde chaque année, dans plus de 100 pays.


Texte : AFP
novembre 2012
quedemots - 09.12.2012 | 0 réactions | #link | rss
Le changement climatique, responsable d'une longue sécheresse catastrophique, a été fatal à la civilisation Maya, concluent des chercheurs dans une étude publiée jeudi aux États-Unis, qui confirme une hypothèse jusqu'alors controversée.

L'essor et l'effondrement des Mayas est l'exemple même d'une civilisation sophistiquée incapable de s'adapter au changement climatique, souligne James Baldini, du département des sciences de la Terre à l'Université de Durham en Grande-Bretagne, un des principaux co-auteurs de cette étude parue dans la revue américaine Science datée du 8 novembre.

Des périodes de pluviosité exceptionnelle (de 450 à 660 de notre ère) ont tout d'abord accru la productivité des systèmes agricoles Maya, entraînant une forte expansion de la population et une surexploitation des ressources, poursuit le chercheur.

Ensuite, le climat est devenu de plus en plus sec, provoquant un épuisement des ressources, une déstabilisation du système politique et des guerres, explique James Baldini. Et après des années de privation, une sécheresse, qui a duré près d'un siècle de 1020 à 1100, a définitivement scellé le destin de la civilisation Maya, dit-il.

Le rôle du changement climatique dans la disparition de la civilisation classique Maya avait déjà été avancé mais cette théorie était restée controversée en raison des incertitudes quant aux précédentes datations climatiques.

Pour cette nouvelle étude, les chercheurs sont parvenus à reconstituer les périodes de pluie et de sécheresse au cours des 2.000 dernières années dans la région où vivaient les Mayas, entre le Mexique, Belize, le Guatemala et le Honduras.

Pour cela, ils ont analysé la composition chimique de stalagmites provenant de la grotte de Yok Balum à Belize située à 1,5 km du site Maya de Uxbenká et proche d'autres grands centres Mayas.

Un parallèle au Mexique au XVIe siècle

Comme les Mayas répertoriaient méticuleusement les événements politiques dans des récits qu'ils gravaient sur des monuments de pierre, les auteurs de l'étude ont pu comparer la reconstruction de l'histoire du climat dans la région et les changements dans la fréquence des conflits et autres événements marquants.

Les textes historiques gravés dans ces pierres fournissent un registre daté très riche répertoriant les guerres, mariages et accessions de rois et de reines sur le trône et les captures de guerriers de groupes rivaux, note Martha Macri de l'Université de Californie à Davis, co-auteur de ces travaux.

Tous les événements sont incroyablement bien datés grâce au système de calendrier Maya, ajoute-t-elle : La fin progressive de cette tradition d'inscription dans la pierre entre 800 et 1000 marque l'effondrement de la tradition Maya classique.

Une longue sécheresse au XVIe siècle au Mexique (1535-1575), qui a provoqué des famines, fournit un parallèle historique documenté qui conforte l'analyse des stalagmites de la grotte de Yok Balum et la disparition de la civilisation Maya classique, relève Douglas Kennett, professeur d'anthropologie à l'Université de Pennsylvanie, lui aussi co-auteur de ces travaux.

Ce n'est pas seulement le changement climatique qui est important ici mais les conditions climatiques précédentes durant lesquelles la pluviosité exceptionnelle a permis l'abondance agricole et l'expansion de la population Maya ainsi que le développement d'une structure de société complexe, explique-t-il.

Ceci a créé ultérieurement les conditions de tensions sociétales et de fragmentation des institutions politiques quand la sécheresse s'est installée durablement, selon l'anthropologue.

Selon ces chercheurs, la sécheresse responsable de la disparition des mayas aurait été due à un déplacement de la zone de convergence intertropicale, une ceinture de précipitations entourant le globe, combiné à l'influence du courant saisonnier chaud El Nino au large du Pérou.


Texte de : AFP
novembre 2012
quedemots - 30.06.2012 | 0 réactions | #link | rss
Le développement des échanges commerciaux et des voyages favorise le risque d'implantation de nouvelles maladies exotiques sur le continent européen, un phénomène que pourrait encore amplifier le réchauffement climatique, mettent en garde médecins et vétérinaires.

La propagation extrêmement rapide du nouveau virus grippal H1N1 a montré combien la mondialisation pouvait faire galoper une maladie à travers les continents.

Mais ce sont d'autres maladies infectieuses, aux consonances encore exotiques (virus du Nil occidental, fièvre de la vallée du Rift, virus Nipah...), dont il était question mardi lors de la séance hebdomadaire de l'Académie nationale de médecine, organisée conjointement par des médecins et des vétérinaires.

Car les trois-quarts de ces maladies émergentes sont des zoonoses, transmises à l'homme par l'animal, a souligné au cours d'une conférence de presse Jeanne Brugère-Picoux, médecin vétérinaire (Maison-Alfort).

"Beaucoup de germes arrivent, mais heureusement peu s'implantent, faute de conditions favorables", a relevé Michel Rey (Académie de médecine).

Il faut en quelque sorte un "concours de circonstances" pour qu'une maladie exotique puisse s'installer.

L'environnement apparaît comme "un paramètre essentiel", a souligné François Moutou (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Si la végétation change, notamment sous l'effet du réchauffement, c'est tout l'écosystème qui va se modifier.

Pour le Pr Brugère-Picoux, la fièvre catarrhale ovine (maladie de la langue bleue), est "la maladie émergente par excellence" chez l'animal, car "personne de l'attendait en Europe".

Transmise par un petit moucheron et considérée comme une maladie exotique jusqu'à la fin des années 90, elle est identifiée en 2006 dans la région de Maastricht avant de gagner rapidement du terrain en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, puis en Grande-Bretagne et en Suède.

On ne sait toujours pas expliquer cette introduction, mais le fait est que le virus a trouvé en Europe un insecte adapté à sa transmission.

Le virus du Nil occidental est un autre exemple de maladie "vectorielle", véhiculé cette fois par un moustique, et transmissible à l'homme. Apparue à New York en 2006 - probablement importée par un voyageur en provenance d'Israël -, la maladie a "explosé en Amérique du Nord en 2 ans", a souligné Michel Rey. En revanche, l'Europe semble relativement protégée.

D'autres maladies peuvent être d'origine alimentaire : c'est ainsi qu'il y a eu en 2005 en France 17 cas de trichinellose chez des chasseurs... et leurs convives invités à consommer leur tableau de chasse exotique.

D'autant que des changements d'habitudes peuvent modifier l'exposition au risque. Ainsi la pratique conviviale du barbecue expose à consommer de la viande qui n'est pas cuite à coeur.

Autre phénomène de mode, les NAC (nouveaux animaux de compagnie) réservent leur lot de surprises désagréables. Les chiens de prairies peuvent transmettre la variole du singe. Cette année en France des rats importés de Hongrie ont transmis à leurs propriétaires le virus cowpox.

"Il faut éviter certains animaux de compagnie", a prévenu le Pr Brugère-Picoux, jugeant le lapin moins risqué que des animaux comme les reptiles.
"Tout ce qui survient dans n'importe quel coin du monde peut nous concerner d'une façon ou d'une autre", a pour sa part souligné François Rodhain (Institut Pasteur), invitant à "avoir une approche écologique de ces maladies".

Texte de : AFP
novembre 2009
quedemots - 31.03.2012 | 0 réactions | #link | rss
En examinant les mammifères marins morts, déposés par la mer sur les rives du Canada, le biologiste Andrew Trites a découvert avec désarroi qu'ils étaient victimes de maladies frappant habituellement les animaux élevés par l'homme.

Partout dans le monde, phoques, otaries et d'autres animaux marins sont de plus en plus contaminés par des parasites et d'autres maux propres aux chèvres, vaches, chats et chiens, avertissent des experts qui viennent de participer à une conférence scientifique à Vancouver, dans l'ouest du Canada.

Ces maladies menacent aussi de plus en plus les hommes pour qui la mer est un lieu de vacances, un lieu de travail, ou encore une source de nourriture, ont dit des chercheurs aux journalistes couvrant la rencontre annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS).

Le symposium Surnager dans les mers malades n'était qu'une des nombreuses sessions offrant une image sombre des océans, de plus en plus acides, de plus en plus chauds dans certaines régions, ou encore envahis par les glaces fondantes ou touchés par d'autres effets du changement climatique.

L'écosystème des océans subit des changements dramatiques, a dit Jason Hall-Spencer, de l'Université de Plymouth en Grande-Bretagne, citant ses recherches en Italie, en Basse-Californie et en Papouasie-Nouvelle Guinée qui aboutissent au même constat: avec la hausse du taux de dioxyde de carbone on voit une chute de 30% des microbes, plantes et animaux dans les océans.

Gretchen Hofmann, de l'Université de Californie à Santa Barbara, a indiqué que l'acidité croissante des océans, causée par le CO2 venant des carburants fossiles, tue le naissain --les larves d'huîtres et de moules notamment-- dans le monde entier.

Sur les côtes pacifiques du nord-ouest du Canada et des Etats-Unis, la destruction des élevages de mollusques menace une industrie dont le chiffre d'affaires atteint 200 millions de dollars, a souligné Mme Hofmann.

Dans un autre domaine, Lisa Levin, de l'institut d'océanographie Scripps de La Jolla en Californie, met en garde contre les menaces que le réchauffement de l'eau de mer et par conséquent la diminution de sa teneur en oxygène font peser sur les organismes vivant dans les profondeurs depuis des millénaires.

Nous n'avons vu que moins de 5% de ces habitants des grands fonds et si nous les éliminons, nous ne les verrons jamais, a dit Mme Levin, convaincue que certains d'entre eux pourraient être très utiles à l'homme.

M. Trites, directeur de l'unité de recherche sur les mammifères marins au Centre de la pêche à l'Université de la Colombie-Britannique, compare les animaux morts échoués sur les côtes à des canaris de mines de charbon (qui avertissait par leur mort de la présence de gaz).

Aujourd'hui, parasites, champignons, virus et bactéries passent plus facilement de la terre à la mer à cause de l'action de l'homme qui bétonne ou assèche des zones marécageuses ayant joué le rôle de filtre naturel et pratique une agriculture intensive.

Ainsi, le parasite cellulaire toxoplasme gondi, qui provoque des avortements chez les vaches, menace aussi les animaux marins, déjà touchés par la pollution causée par l'homme, a dit Andrew Trites.

L'évolution des maladies touchant la faune marine pourrait avoir un impact encore non reconnu chez l'homme, a mis en garde Melissa Miller, vétérinaire californienne. Nous vivons dans les mêmes zones et mangeons souvent les mêmes aliments.

Les chercheurs ont appelé à une surveillance accrue des risques qu'entraîne pour la santé humaine une plus grande présence de parasites et pathogènes d'origine terrestre chez les mammifères marins.


Texte de : AFP
février 2012
quedemots - 29.12.2011 | 0 réactions | #link | rss
L'espèce humaine a-t-elle fait entrer la Terre dans une nouvelle ère ?

Comparée aux dinosaures, l'espèce humaine existe depuis seulement un battement de cil mais elle a déjà si profondément modifié la Terre, son atmosphère et ses océans, que des scientifiques estiment que notre planète est entrée dans une nouvelle époque géologique.

Si des géologues surgis de l'espace visitaient la Terre dans dix millions d'années, distingueraient-ils l'empreinte de l'homme dans les roches et les sédiments qui s'accumulent à sa surface, tout comme nous l'avons fait pour les dinosaures, disparus voici 65 millions d'années ?

Pour des dizaines de chercheurs, réunis la semaine dernière à la British Geological Society de Londres, la réponse est oui.

L'un d'eux, le prix Nobel de Chimie Paul Crutzen, a même suggéré un nouveau nom pour cette époque géologique: l'Anthropogène, autrement dit l'âge de l'homme.

On ignore le temps que durera cette période mais pour M. Crutzen, codécouvreur des substances chimiques responsables du trou dans la couche d'ozone, une chose est sûre : pour la première fois en 4,7 milliards d'années, une espèce unique a radicalement changé la morphologie, la chimie et la biologie de notre planète. Et contrairement aux dinosaures, elle en a parfaitement conscience.

On ne sait pas ce qui va se passer durant l'Anthropogène, ça pourrait être bon, même meilleur (qu'actuellement). Mais nous devons apprendre à penser différemment, dans une perspective globale, juge Erle Bellis, professeur de géographie et d'écologie à l'Université américaine du Maryland à Baltimore.

Pour Will Steffen, directeur de l'Institut du changement climatique de l'Université nationale d'Australie, quoi qu'il advienne, notre planète finira par retrouver un équilibre, comme elle l'a toujours fait. Autrement dit, la Terre se portera bien. Mais peut-être pas les hommes.

La planète sera bien plus chaude, son climat beaucoup plus orageux, et sa biodiversité bien moindre. Nous devrons être une espèce extrêmement résiliente si nous voulons survivre, estime-t-il.

Les dinosaures pourraient avoir été rayés de la surface de la Terre par une météorite géante qui a abaissé les températures en-dessous de leur seuil de survie.

Si les températures augmentent en moyenne de cinq à six degrés d'ici un siècle, comme les climatologues le jugent possible, l'espèce humaine risque fort de subir le même sort.

Mais les dinosaures n'étaient pas maîtres de leur destin. Les humains, eux, sont les principaux responsables des changements incommensurables qui les menacent à si court terme.

Depuis l'invention de l'Anthropogène par M. Crutzen voici une dizaine d'années, des scientifiques de tous horizons se sont ralliés à ce concept. Cela a déclenché une prise de conscience, résume Will Steffen.

L'idée a aussi déclenché des débats enflammés et de vives contestations.

L'un de ceux qui pourrait trancher cette épineuse question, lourde de symboles et de conséquences, s'appelle Jan Zalasiewicz. Professeur à l'Université de Leicester, il dirige le groupe de géologues chargés de recommander si oui ou non l'Anthropogène doit officiellement s'ajouter aux quelque 150 éons, ères, périodes, époques et âges qui jalonnent l'histoire de notre planète.

Les preuves à charge semblent nombreuses. Le recours aux énergies fossiles a altéré la composition de l'atmosphère, faisant exploser la concentration de CO2 à des niveaux jamais vus depuis au moins 800.000 ans.

Le réchauffement climatique a déclenché à son tour d'autres processus à l'échelle planétaire: la fonte massive de la surface de la Terre habituellement recouverte de glace et de neige, et l'acidification des océans.

S'ajoute à cela la sixième grande crise d'extinction massive des espèces, qui disparaissent 100 à 1.000 fois plus vite qu'en temps normal.

Même la lithosphère, la peau de notre planète, a été transformée. Nous sommes en train de sculpter la surface de la Terre, assure James Syvitski, de l'Université du Colorado, pointant du doigt deux siècles d'exploitation industrielle, de mines, de barrages, de déforestation et d'agriculture.

Pour valider scientifiquement l'Anthropogène, tous ces changements seront confrontés aux variations observées au cours de notre époque géologique actuelle -l'Holocène-, qui a débuté voici environ 12.000 ans lorsque la Terre est sortie de sa dernière période glaciaire.

En attendant le verdict, Paul Crutzen espère que mettre officiellement un nom -l'Anthropogène- sur ces changements massifs aidera l'humanité à prendre conscience de ses responsabilités et des défis qui l'attendent.

Mais cette idée mettra probablement encore 20 ans à être acceptée, reconnaît le prix Nobel.


Texte de : AFP
mai 2011
quedemots - 19.12.2011 | 0 réactions | #link | rss
Près de Belo-sur-mer, à l'ouest de Madagascar, les forêts de palétuviers s'étendent sur des milliers d'hectares et regorgeaient autrefois de poissons et de crabes. Mais certaines zones ont été fermées à la pêche par les pêcheurs eux-mêmes. Une question de survie.

Les communautés ont choisi plusieurs sites que l'on ferme pendant quatre mois dans l'année pour permettre aux crabes et aux poissons de se reproduire, explique Thomas, responsable de Blue Ventures, une association britannique de protection de la biodiversité marine à l'origine du projet.

Trois sites de 200 hectares au total ont été sélectionnés par les communautés locales pour cette première expérience dans la mangrove, forêt marine qui s'étend sur 4.000 km2 à Madagascar.

C'est dans ces labyrinthes marécageux de palétuviers que se reproduisent et vivent les crabes Scylla serrata, dont la pêche fait vivre les populations alentours et est essentielle à l'économie locale.

Depuis 2004, plus de 130 zones ont été fermées à la pêche par des associations communautaires à Madagascar, mais c'est la première fois que ce dispositif est appliqué dans une mangrove.

A cinq kilomètres de Belo-sur-mer, Antanimanimbo est un hameau de quelques cases en bois construites sur une presqu'île de sable, entre océan et mangrove.

La centaine d'habitants vit au rythme des marées qui inondent les rivages.

Avant, il y avait beaucoup de crabes dans la mangrove, maintenant il y en a peu. Cela m'inquiète pour les générations futures, explique Jean-François, 62 ans, vice-président de l'association de pêcheurs du village qui a décidé de fermer une zone de 120 hectares.

La pêche intensive pratiquée par les villageois, qui revendent leurs crabes à des grossistes de la région, a conduit au tarissement progressif des ressources.

L'emploi de filets adaptés et la création de réserves sont les solutions introduites par Blue Ventures et acceptées, toujours par consensus, par les habitants.

- Protéger les ressources -

Tout le village respecte la fermeture, car on a organisé des réunions et des discussions pour réfléchir à la protection de notre zone de pêche, et on a décidé d'adopter ce système, ajoute Jean-François, dans cette région où l'on ne s'identifie qu'avec son prénom.

La communauté a élaboré un dina, une loi locale respectée généralement par tous. Une lourde amende est prévue pour ceux qui enfreindraient la règle établie.

Pour introduire ce système, Blue Ventures a une technique: les échanges entre villages. On a emmené des pêcheurs dans des villages où cela a marché, reprend Thomas, qui a déjà encadré plusieurs projets similaires.

D'autres pêcheurs du Nord viendront aussi pour voir ce site, ajoute-t-il.

L'objectif de Blue Ventures est de multiplier ce modèle sur l'ensemble de la côte sud-ouest de Madagascar pour aider les communautés à faire face à la baisse généralisée des ressources. Qu'il s'agisse des crabes, des poissons, des poulpes ou des concombres de mer, tous les types de pêche sont concernés.

La surexploitation n'est pas seulement le fait des pêcheurs locaux: de grands navires de pêche, avec ou sans licence, lancent leurs filets sans contrôle dans les eaux malgaches.

Selon une étude menée par Blue Ventures et des chercheurs de l'université de Vancouver (Canada), près de 4,7 millions de tonnes de poissons ont été pêchées depuis 1950, alors que les autorités n'en recensent que la moitié.

A défaut de lutter contre la pêche industrielle, les communautés locales peuvent protéger les ressources du littoral et trouver leur place dans le circuit commercial.

Si les pêcheurs adoptent durablement ce système, on pourra négocier de meilleurs prix de vente aux grossistes qui viendront le jour de l'ouverture de la réserve, avance Thomas.


Texte de : AFP
décembre 2011
quedemots - 14.09.2011 | 0 réactions | #link | rss
L'épisode de sécheresse record depuis 1900 ce printemps en France devrait se répéter et s'aggraver à partir du milieu du XXIe siècle, selon les projections des climatologues de Météo France présentées mercredi.

Le rapport Climsec vise à la fois à renforcer les outils pour analyser et mieux comprendre les situations de sécheresse, comme celle de ce printemps, et à développer le volet changement climatique avec des projections annonçant une aggravation des sécheresses, a précisé à l'AFP, Jean-Michel Soubeyroux, climatologue à Météo France et auteur du document.

La première phase de ce travail de quatre ans a permis de diagnostiquer en détails les périodes de grande sécheresse de 1976, 1989 et 2003 afin de pouvoir comparer la sévérité de ces phénomènes selon les régions, les sols et les rivières touchés.

La seconde phase de Climsec a donné lieu à des projections de typologie des sécheresses dans les décennies à venir sous l'effet du changement climatique tel que prévu par le GIEC, le groupe d'étude de l'ONU sur le changement climatique.

Si pour le premier tiers du XXIe siècle, vers 2020 les changements identifiés semblent peu marqués pour les sécheresses météorologiques (en termes de précipitations), le rapport prévoit pour le milieu du siècle, vers 2050, une intensification de l'assèchement des sols agricoles sur tout le territoire de la métropole.

A partir des années 2080 des déficits pluviométriques plus forts apparaissent, notamment en été et les sécheresses du sol pourraient devenir extrêmes sur la majeure partie du territoire et peut-être durer plusieurs années, poursuit le document. Il souligne l'importance de ce résultat sur l'adaptation nécessaire à l'impact du changement climatique sur les ressources en eau.

En termes de régions, celles qui ont en moyenne les sols les plus humides aujourd'hui notamment le Nord et le Nord-est pourraient connaître à la fin du siècle les évolutions les plus fortes, selon le projet Climsec.

Selon M. Soubeyroux, l'étude a tenu compte de trois sources d'incertitudes : celles relevant des modèles climatiques eux-mêmes, celles venant des différents scénarios d'émissions de gaz à effet de serre et puis celles relevant des méthodes utilisées pour élever à l'échelle de la région les résultats pour la France.


Texte de : AFP
juin 2011
quedemots - 24.05.2011 | 0 réactions | #link | rss
Le phénomène climatique La Nina, rendu notamment responsable des pluies torrentielles en Australie, Amérique du sud et Asie du sud fin 2010, début 2011, est actuellement en fin de course, a annoncé lundi l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

L'épisode La Nina, qui a donné lieu à des conditions d'humidité extrême dans certaines régions et à de la sécheresse dans d'autres, arrive à son terme, a expliqué l'OMM dans un rapport.

Le phénomène, qui était réapparu mi-juillet 2010, ne devrait par ailleurs pas se redévelopper dans la deuxième partie de l'année, selon l'organisation basée à Genève qui ne prévoit pas non plus le retour d'El Nino.

Au-delà du milieu de l'année 2011, il n'y a pas pour l'instant d'indications claires d'un risque accru d'évolution vers une anomalie El Nino ou La Nina au deuxième semestre de l'année, souligne-t-elle.

Des conditions quasi neutres semblent actuellement les plus probables pour le deuxième semestre de 2011, insiste l'OMM.

La Nina est caractérisée par des eaux inhabituellement fraîches dans le centre et l'est de l'océan Pacifique, tandis que son corollaire El Niño est marqué par des températures supérieures à la normale.

Les deux phénomènes perturbent les régimes de circulation océanique et atmosphérique à grande échelle et ont d'importantes répercussions sur le temps et le climat dans de nombreuses régions du globe. Une fois installés, ils persistent généralement neuf mois, voire davantage, selon l'OMM.

L'épisode La Nina est par ses aspects atmosphériques (modifications de la pression au niveau de la mer, des vents, de la nébulosité, etc.) l'un des plus intenses du siècle écoulé, explique encore l'agence.

Il a provoqué ainsi des pluies extrêmement fortes sur certaines régions du nord et de l'est de l'Australie, de l'Indonésie, de l'Asie du Sud Est et du nord de l'Amérique du Sud (la Colombie, par exemple).

On lui impute également le déficit pluviométrique constaté dans l'est de l'Afrique équatoriale, dans la partie centrale de l'Asie du Sud-Ouest et dans le sud-est de l'Amérique du Sud, selon l'OMM.


Texte de : AFP
mai 2011
quedemots - 19.04.2010 | 0 réactions | #link | rss
Le géant de l'électronique Sanyo a mis en place deux "parkings solaires" à Tokyo, permettant de recharger cent vélos électriques hybrides grâces à des panneaux photovoltaïques, a annoncé le groupe mardi.

Ce système, qui fonctionne même par mauvais temps, alimente des vélos électriques "Eneloop", également produits par Sanyo, à l'aide d'énergie solaire stockée dans des batteries lithium-ion. Le surplus d'électricité permet même d'éclairer le parking de nuit, affirme le groupe.

Ce modèle "est complètement indépendant et propre, n'utilisant aucune énergie fossile," selon Sanyo Electric Co qui est devenue l'une des entreprises les plus puissantes du monde dans les domaines des cellules photovoltaïques et des batteries rechargeables de divers types.

Les parkings se situent dans le centre ville de Tokyo à proximité de stations de métro. Les vélos seront bientôt disponibles à la location.

Le moteur du vélo "Eneloop" se met en marche lorsque le cycliste pédale, ce qui lui fournit une aide comparable à un vent favorable et lui facilite la montée des côtes.

Ce moteur est alimenté par une batterie rechargée automatiquement par un système de dynamo qui s'actionne lorsque le véhicule freine ou roule en descente. Grâce au "parking solaire", l'utilisateur dispose d'une batterie déjà chargée dès qu'il monte sur le vélo.

Sanyo produit déjà de l'énergie solaire grâce au même type de dispositif pour des entreprises, écoles et magasins.

Le groupe sort de convalescence après une longue cure d'amaigrissement (près de 15.000 suppressions de postes, 15% du total et cession d'activités en 2009). Il s'est attaché ces dernières années à développer essentiellement des produits dans le domaine de l'environnement, la santé, l'hygiène et le divertissement multimédia.

Texte de : AFP
mars 2010
quedemots - 12.04.2010 | 1 réactions | #link | rss
Au sommet de la chaîne alimentaire, les humains ont pris leurs aises, mais avec la surpêche qui vide les océans, l'aquaculture et l'élevage qui polluent l'eau, les sols et l'atmosphère, il faudra bien changer d'habitudes.

Nourrir l'humanité -- 9 milliards d'individus à l'horizon 2050 selon les prévisions de l'ONU -- nécessitera d'adapter nos comportements, surtout chez les plus riches, et d'aider massivement les pays en développement.

Selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), publié jeudi, la production mondiale de viande devrait doubler pour atteindre 463 millions de tonnes afin de répondre à la demande mondiale.

Un Chinois qui consommait 13,7 kg de viande en 1980 en mange en moyenne 59,5 kg aujourd'hui. Dans les pays développés, on mange plus de 80 kg/personne/an.

"Comment l'empêcher? Quand le revenu augmente, la consommation de produits carnés et laitiers fait de même: il n'y a pas un exemple contraire au monde", constate Hervé Guyomard, directeur scientifique Agriculture de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), pilote du rapport Agri monde sur "les systèmes agricoles et alimentaires mondiaux à l'horizon 2050".

Aujourd'hui, l'agriculture produit 4.600 kilocalories/jour/habitant -- largement de quoi nourrir 6 milliards d'individus. Mais sur ce total, 800 sont perdues au champ (maladies, insectes, stockage...), 1.500 sont dédiées à l'alimentation des animaux -- qui n'en restituent en moyenne que 500 dans l'assiette -- et 800 sont encore perdues en gaspillage dans les pays développés.

En outre, l'élevage coûte cher à l'environnement: 8% de la consommation mondiale d'eau, 18% des émissions de gaz à effet de serre (davantage que les transports) et 37% du méthane (21 fois plus réchauffant que le CO2) émis par les activités humaines.

Et bien que source essentielle de protéines, la viande rouge n'est pas "rentable" au plan alimentaire: "Il faut 3 calories végétales pour produire 1 calorie de poulet, 7 pour une de cochon et 9 pour une calorie bovine", souligne M. Guyomard.

Ainsi, plus d'un tiers (37%) de la production mondiale de céréales sert à nourrir le bétail -- 56% dans les pays riches --, selon le World Ressources Institute.

Un luxe, même si M. Guyomard nuance en rappelant les services rendus par un bovin: "seul capable de valoriser l'herbe, substitut à la mécanisation et producteur d'engrais par ses déjections".

Freinons sur la viande. Quid du poisson? Les océans ne peuvent plus être pris pour des garde-manger inépuisables: selon Philippe Cury ("Une mer sans poissons", Calmann-Lévy), directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD), le nombre de bateaux de pêche est deux à trois fois supérieur aux capacités de reconstitution de la ressource.

A ce rythme, la totalité des espèces commerciales aura disparu en 2050.

A force de s'attaquer aux grands prédateurs comme le thon rouge, le consommateur est en train de détraquer le système, prévient Gerry Leape (Pew Environment Group).

"Il va falloir apprendre à redescendre dans la chaîne alimentaire, sinon il n'y a plus personne pour manger les espèces du dessous qui se mettent à proliférer, comme les méduses", explique-t-il.

De toutes façons, il faudra manger moins de poisson et moins souvent.

Quant à l'aquaculture, elle ne peut présenter une alternative que si elle modifie ses pratiques, très polluantes. Et elle aussi surconsomme: 4 kg d'anchois ou de sardines pour produire 1 kilo de saumon -- et jusqu'à 14 kg de poisson pour 1 de thon.

Texte de : AFP
février 2010
quedemots - 25.02.2010 | 0 réactions | #link | rss
Tempêtes de neige aux Etats-Unis, canicule au Brésil, inondations meurtrières au Mexique, sécheresse en Equateur: les catastrophes s'accumulent sur le continent américain, où les météorologues montrent du doigt le phénomène climatique "el Nino".

Ce réchauffement cyclique des eaux du Pacifique équatorial, qui s'accompagne de manifestations atmosphériques inhabituelles dans le monde entier, a fait sa réapparition en juin dernier, et devrait persister jusqu'à la fin mars, selon les experts.

Sur des images de l'administration américaine des océans et des conditions atmosphériques, "el Nino" apparaît sous la forme d'une masse rouge, synonyme de hautes températures, qui s'étendent à travers le Pacifique, de l'Australie jusqu'à l'Amérique centrale.

El Nino chamboule le régime des vents et des courants sur le Pacifique, la pression atmosphérique augmente à l'ouest de cet océan et baisse à l'est, les eaux chaudes de l'ouest du Pacifique migrent vers les côtes du Pérou, bouleversant le climat.

De l'Alaska à la Terre de Feu, il s'est traduit ces dernières semaines par des dérèglements de tous ordres.

Ainsi, les habitants de New York et de Washington se sont retrouvés sous une montagne de neige, qui a entraîné l'annulation de vols et la fermeture des écoles, des bâtiments publics et du quartier général de l'ONU.

"Il y a au moins deux joueurs dans cette partie: el Nino et l'Atlantique nord", a déclaré la semaine dernière à l'AFP Klaus Wolter, climatologue de l'université du Colorado.

A l'inverse, près de 8.000 kilomètres plus au sud, les Cariocas fondent sous un soleil brûlant à Rio de Janeiro, où l'Institut national de météorologie (Inmet) a enregistré des températures sans précédent depuis plus de 50 ans.

Mardi, avec 46,3 degrés, il faisait plus chaud dans "la ville merveilleuse" que dans le Sahara et dans tout autre endroit du monde, à l'exception de la ville d'Ada, dans l'est du Ghana (deux degrés de plus), selon l'Organisation météorologique mondiale.

Cette vague de chaleur a provoqué la mort de 32 personnes âgées à 350 kilomètres plus au sud, à Santos, selon les services municipaux.
Mais dans le reste de l'Amérique latine, ce sont surtout des inondations qui ont causé des dégâts meurtriers.

Dans l'Etat brésilien de Sao Paulo, voisin de celui de Rio, des pluies quasiment ininterrompues ont entraîné la mort de plus de 70 personnes depuis la fin décembre.

Au Mexique, des déluges inhabituels pour la saison ont fait 42 victimes dans l'ouest du pays et des mesures d'urgence ont été prises dans la capitale Mexico, en raison d'une panne du système de drainage et du débordement des eaux usées.

En Bolivie, des pluies diluviennes ont également fait dix morts et plus de 22.000 sinistrés, tandis qu'au Pérou voisin, les autorités ont dû mettre en place un pont aérien sans précédent pour évacuer 3.500 touristes bloqués près des ruines de la citadelle inca du Machu Picchu.

L'état d'urgence a aussi été déclaré à Buenos Aires, en prévision d'une possible crue du fleuve Parana.

L'eau manque en revanche sérieusement plus au nord. L'Equateur affronte ainsi sa plus grave sécheresse depuis 40 ans et au Venezuela, le président Hugo Chavez a décrété l'état d'urgence, car trois centrales hydro-électriques, assurant normalement 70% de la production du pays, tournent au ralenti.

Texte de :AFP
février 2010
quedemots - 23.12.2009 | 0 réactions | #link | rss
Le projet a été lancé en 2005. Mais quatre ans plus tard, la "Grande muraille verte", allant du Sénégal à Djibouti et censée stopper l'avancée du Sahara, peine à sortir du sable et attend un coup de pouce du sommet de Copenhague sur le climat en décembre.

Avec cet ambitieux programme, "l'Afrique prend ses responsabilités avec des réponses efficaces" face au réchauffement climatique, a récemment indiqué à l'AFP le ministre sénégalais de l'Environnement Djibo Ka, lors d'une cérémonie au village de Labgar (nord).

"L'Afrique ne viendra pas les mains vides au sommet de Copenhague. Le projet de la Grande muraille verte sera au coeur du débat et sera présenté par le président (sénégalais) Abdoulaye Wade", a-t-il ajouté.

"C'est un rêve qui commence à devenir réalité", a-t-il affirmé, en se penchant sur une jeune pousse d'acacia, tout juste haute d'une vingtaine de centimètres.

Le financement d'un tel programme constitue un obstacle de taille. "Nous attendons des engagements fermes, importants et ciblés" au sommet de Copenhague (7 au 18 décembre), rappelle le ministre. L'Afrique est le continent le plus vulnérable au réchauffement climatique mondial.

L'idée de cette barrière de végétation accompagnée de bassins de rétention pour recueillir l'eau de pluie, qui serait longue de 7.000 km et large de 15 km, a été lancée par l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo en 2005, avant d'être reprise par son homologue sénégalais.

Selon la FAO, les forêts de la zone sahélienne disparaissent au rythme inquiétant d'environ 2 millions d'hectares par an. Et le réchauffement de la planète ne fera qu'accentuer le phénomène, entraînant d'importantes migrations de populations dans des pays déjà pauvres et instables.

Des onze pays associés à cet ambitieux projet, le Sénégal est en pointe, même si les réalisations restent encore très modestes: seulement 10 km de "muraille verte" ont été plantés en deux ans, a reconnu le ministre de l'Environnement.

"Nous plantons des espèces locales, comme des acacias, qui s'adaptent bien et produisent de la gomme arabique qui procurent des ressources aux villageois", a souligné le colonel Matar Cissé, directeur national de l'Agence nationale de la grande muraille verte.

"Mais le défi majeur est de protéger les plantations contre le bétail, il faut donc faire des clôtures mais aussi des pare-feux contre les feux de brousse", a-t-il précisé.
Ce projet, calqué sur la "Grande muraille verte" chinoise, ne fait pourtant pas l'unanimité au Sénégal même.

"Je ne crois pas en ce projet, il n'y a pas de volonté politique car on déboise partout (au Sénégal), il n'y a pas le souci d'une reforestation", a assuré à l'AFP l'écologiste Haïdar El Ali, de la plus importante association de protection de l'Environnement du pays, l'Océanium.

Sans grand battage médiatique, l'Océanium a procédé ces trois derniers mois à une opération inédite de plantation de palétuviers sur 5.000 hectares, avec l'appui financier du groupe alimentaire français Danone qui entend ainsi compenser les émissions de CO2 d'une de ses sociétés en France.

La +Grande muraille verte+, c'est du cinéma, un show pour sensibiliser des âmes prêtes à donner de l'argent", a poursuivi M. El Hali, opposant résolu au régime. "L'idée est bonne mais il faut commencer par éveiller les consciences"

Texte de : AFP
novembre 2009
quedemots - 23.12.2009 | 0 réactions | #link | rss
L'Europe aurait tort de se croire à l'abri du changement climatique, même si elle est mieux armée que d'autres régions pour y faire face, car elle se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale.

"Pour un réchauffement mondial de 0,8°C en un siècle, l'Europe a gagné 1,1°C avec des différences régionales jusqu'à +6°C en Arctique", insiste Jacqueline McGlade, directrice de l'Agence européenne de l'environnement (AEE).

Du Groenland à la Grèce, la hausse sera particulièrement marquée sur l'Europe du Sud, en Finlande et au centre du continent.

La canicule de 2003 (70.000 morts), pourrait n'être qu'un avant-goût des étés à venir, insistent les scientifiques. La canicule pourrait être au programme un été sur deux d'ici la fin du siècle.

Les perspectives pour 2050, passées au crible par l'AEE dans un rapport publié en avril, laissent entrevoir une Europe coupée en deux, avec un sud-méditerranéen déshydraté, en voie de désertification par endroit, et le nord, soumis à des précipitations accrues en hiver, fréquemment noyé sous les inondations.

L'été 2008 avait déjà illustré ces contrastes, avec une sécheresse prolongée en Espagne et des inondations catastrophiques en Grande-Bretagne.
L'eau sera un motif de préoccupation pour tous. Neuf pays sont déjà considérés comme souffrant de stress hydrique: Chypre, l'Espagne ou l'Italie, mais aussi la Belgique, la Bulgarie et le Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles).

Or "le changement climatique va exacerber la pression sur les régions déjà en difficulté", explique André Jol, auteur du rapport de l'AEE. D'autant que le continent vit au-dessus de ses moyens et va devoir réduire sa consommation d'eau, "non seulement pour l'agriculture mais aussi à la maison".

Les Alpes, "château d'eau de l'Europe" - 40% de l'eau douce en provient- se réchauffent près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale (+1,48°C en un siècle). Avec 2° de plus, un tiers des stations de ski seront condamnées.

"Le débit des fleuves va totalement changer: très rapide au printemps, avec des risques importants d'inondation en Allemagne et aux Pays-Bas. Mais beaucoup moins d'eau pour tous en été: la région de Vienne, en Autriche, devrait connaître de sérieuses pénuries à l'avenir", indique M. Jol.

En Europe du Sud, l'usage agricole représente 60% de l'eau consommée, voire 80% localement. "Si on n'est pas en mesure de fournir beaucoup d'eau, on peut s'attendre à des baisses spectaculaires de rendement. Jusqu'à renoncer à cultiver du blé autour de la Méditerranée", prévient Stéphane Hallegatte, chercheur à Météo-France et à l'Ipemed (Institut de prospective du monde méditerranéen).

Autre motif de préoccupation, la montée du niveau des océans qui pourrait atteindre 0,70 à 1 m alors que sur le pourtour méditerranéen, la moitié de la population vit sur les côtes.

Selon Mme McGlade, trois régions sont particulièrement vulnérables: les Pays-Bas et le rivage de la Mer du Nord, Londres, et un arc allant de Barcelone à Marseille, où l'érosion fragilise encore davantage le littoral. En France, les plages du Languedoc-Roussillon pourraient simplement disparaître.

"Il subsiste une grande inconnue sur l'élévation de la Méditerranée, connectée à l'océan par le seul détroit de Gibraltar et soumise à une intense évaporation avec l'augmentation de la chaleur", précise M. Hallegatte.

Ce qui est sûr, c'est qu'il faut "repenser l'usage des côtes (...) Il faudra, dans certains cas, expliquer aux gens qui y vivent qu'ils devront partir", estime Mme McGlade.

Texte de : AFP
novembre 2009
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