"Noël à sa place dans les écoles!"


NADIA KARMOUS La présidente des femmes musulmanes calme le jeu. "La polémique qui enfle surtout outre-Sarine n'est pas née de réclamation de musulmans"


"Je l'ai dit l'autre jour dans le groupe "contact musulmans" de la communauté de travail pour l'intégration des étrangers. Je le répète: la fête de Noël dans les écoles ne nous pose aucun problème." Face à la controverse qui gonfle surtout outre-Sarine, Nadia Karmous, présidente des femmes musulmanes de Suisse et directrice du Centre culturel islamique de La Chaux-de-Fonds, calme le jeu.

Le président des enseignants suisses Beat W. Zemp a provoqué un tollé en déclarant lundi dans "Blick" qu'un sapin de Noël n'a pas sa place dans les classes. Il a rectifié depuis, visant des symboles chrétiens comme la croix. Mais la fronde contre les musulmans qui menaceraient les fêtes de Noël est lancée. Une chronique de Jacques-Simon Eggly, mardi dans Le Temps, était titrée "Ne pas lâcher Noël"...

Ce battage laisse Nadia Karmous perplexe. "Je ne connais pas de musulmans ayant protesté. Dans une société baignant dans la culture judéo-chrétienne, il est évident que Noël a sa place dans les classes."

A Neuchâtel, un courrier de lecteur dans un quotidien local a pourtant évoqué fin octobre deux classes où Noël aurait été mise sous l'éteignoir à la demande de parents musulmans. "Rien n'est venu corroborer cela", tempère Jean-Claude Marguet, chef de l'enseignement obligatoire. La lettre a néanmoins été discutée par le groupe "contact musulmans". Conclusion: "Aucun problème autour de Noël. Je n'ai reçu aucune demande de dispense. Quant à la classe avec 14 musulmans sur 18 élèves, on ignore où elle serait"

Une fête incontournable
Pour Jean-Claude Marguet, Noël est incontournable. "Même si l'école est laïque, cet événement est ancré dans notre société judéo-chrétienne. De plus, le Coran n'interdit pas de le fêter." Nadia Karmous, non sans humour, prend la balle au bond: "Je profite de souhaiter Joyeux Noël aux habitants de ce pays!"


texte de GIOVANNI SAMMALI

13.12.2006