L'Union européenne a signé un accord avec le Ghana pour combattre ses exportations illégales de bois dans l'espoir de sauvegarder les dernières forêts tropicales du pays, a-t-elle indiqué mercredi dans un communiqué reçu à Lagos.

"L'abattage illégal est responsable de la déforestation rampante dans cette nation de l'Afrique de l'Ouest et les estimations réunies par la Banque Mondiale suggèrent qu'environ 60% de l'exploitation forestière a été illégale au cours des dernières années", indique le texte de l'UE.

L'accord est le premier d'une série que l'Union entend signer avec plusieurs pays africains dont le Cameroun, le Congo, le Gabon et le Liberia.
Le Ghana s'est engagé à s'assurer que ses filières d'exploitation et d'exportation soient légales. L'UE, de son côté, doit bannir toute entrée de bois non certifié.

"Depuis de nombreuses années, l'Europe parle de sauver les forêts de la planète mais demande des volumes de plus en plus importants de bois importé bon marché, fournissant des marchés (rentables) pour le bois illégal en provenance de pays très pauvres", explique le Dr Ralph Ridder, un responsable de l'Institut européen de la Forêt (EFI).

"Aujourd'hui les Européens sont de plus en plus sensibles à la déforestation mondiale".

Jade Saunders, elle aussi experte de l'EFI, a indiqué à l'AFP que l'accord pourrait mettre un ou deux ans avant d'être pleinement appliqué, mais a salué un texte "de qualité".

"Le système est crédible et l'UE assurera que nos douanes bloqueront tout chargement de bois" non réglementé, a-t-elle estimé.

Le bois constitue la quatrième source de devises au Ghana après l'or, le tourisme et la cacao, rapportant environ 400 millions de dollars par an.

Les experts ghanéens estiment que la coupe et l'exploitation du bois ainsi que les autres activités humaines ont réduit la surface forestière du pays de 63.400 km2 en 1960 à près de 13.500 aujourd'hui.

Texte de : AFP
septembre 2008