Le niveau des mers va augmenter d'environ un mètre d'ici la fin du 21e siècle, mettant en danger des zones très densément peuplées à travers le monde, des Pays-Bas au Bangladesh, selon des chercheurs qui ont analysé le lien entre températures et niveau des océans par le passé.

"Au lieu de faire des calculs sur la base de la fonte future des calottes glaciaires, nous avons regardé ce qui s'est réellement passé autrefois", explique Aslak Grinsted, géophysicien au Centre pour la glace et le climat à l'Université de Copenhague au Danemark.

Au cours du dernier millénaire, une période chaude au 12e siècle pendant laquelle le niveau des mers s'est élevé de 20 cm au-dessus du niveau actuel a été suivie par un "mini-âge glaciaire" au 18e siècle qui a vu la surface des océans descendre 25 cm plus bas qu'actuellement.

"Autrefois, les variations de température étaient bien moindres" qu'aujourd'hui, a déclaré à l'AFP M. Grinsted qui, avec deux collègues finnois et anglais, a calculé que la hausse du niveau des mers d'ici 2100 serait comprise entre 80 cm, si les températures moyennes à la surface du globe augmentent de 2°C, et de 135 cm, si elles augmentent de 4,5°C.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec), qui tablait initialement sur une élévation du niveau des mers de 18 à 59 cm d'ici 2100, a préféré ne pas donner de fourchette haute dans son dernier résumé (2007) à l'intention des décideurs, du fait des inconnues sur le comportement futur des calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland, qui viendraient s'ajouter à cette hausse déjà considérable.

"Concernant la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, nous n'en savons vraiment pas assez", a reconnu en novembre le président du Giec, Rajendra Pachauri.

"Même si nous arrêtons la hausse des températures, le niveau des mers s'élèvera encore de 20 à 40 cm", a calculé M. Grinsted, expliquant que la hausse du niveau des océans s'est poursuivie entre 200 et 300 ans après celle des températures au Moyen-âge.

Ce scientifique, dont l'étude est parue dans la revue Climate Dynamics, appelle les planificateurs d'infrastructures à prendre en compte une élévation comprise entre 1 et 1,5 mètre à l'horizon 2100.

Texte de : AFP
Titre de : Quedemots
janvier 2009