Des staphylocoques dorés multi-résistants aux antibiotiques (MRSA), trouvés le plus souvent dans les hôpitaux, ont été découverts pour la première fois sur des plages aux Etats-Unis, a révélé une recherche publiée samedi.

Ce pathogène difficile à combattre, qui se propage de plus en plus dans les prisons, les vestiaires de salles de sport et les maisons de retraite par simple contact, peut provoquer des infections de la peau, d'autres organes ou des pneumonies graves parfois mortelles.

"C'est la première fois qu'on découvre des MRSA dans de l'eau marine et du sable de plage", a expliqué lors d'une conférence de presse le Dr Marilyn Roberts, une microbiologiste de l'Université de Washington (nord-ouest), co-auteur de cette étude.

Ces chercheurs ont présenté leur étude au premier jour de la 49e conférence annuelle sur les agents antimicrobiens et la chimiothérapie (ICAAC), réunie ce week-end à San Francisco (Californie, ouest).

Des spécimens du super-pathogène MRSA ont été découverts sur cinq des dix plages publiques le long de la côte des Etats de Washington (nord-ouest) et de Californie (ouest).

Ces chercheurs ont prélevé du sable et de l'eau sur ces dix plages entre février et septembre 2008.

Aucun MRSA n'a été trouvé dans des échantillons prélevés sur les deux plages californiennes.

Mais ils pensent que leur découverte n'est pas un cas isolé et que nombre d'autres plages sont aussi probablement habitées par des MRSA, laissant penser que l'environnement naturel pourrait aussi être une source d'infection avec ce dangereux pathogène très difficile à combattre.

Des staphylocoques sans grande virulence étaient présents dans neuf de ces plages.

Les MRSA découverts les cinq des dix plages testées étaient en outre très similaires à ceux extrêmement résistants aux antibiotiques trouvés le plus souvent en milieu hospitalier, a précisé Marilyn Roberts.

"Nous ne savons pas quel est le risque d'être infecté sur une plage en particulier, mais le fait d'avoir trouvé ces super-pathogènes dans l'eau et le sable laisse penser qu'ils sont plus abondants qu'on ne le pensait", a-t-elle ajouté.

Cette microbiologiste a relevé que les échantillons de sable, qui agit comme un filtre, contenait - probablement pour cette raison - plus de ces micro-organismes que l'eau.

"Je ne dis pas au public de ne plus mettre les pieds sur les plages", a-t-elle insisté, mais il est nécessaire de prendre des précautions d'hygiène élémentaire comme de se doucher et de ne pas exposer des petites blessures ou des égratignures au sable.

Texte de : AFP
septembre 2009