Une équipe de football composée de musulmans pratiquants de la région parisienne a refusé de jouer "pour une raison de principes" contre une équipe d'homosexuels et celle-ci a demandé des sanctions aux autorités sportives.

Le "Créteil Bébel" devait jouer dimanche contre le Paris Foot Gay (PFG), deux équipes de football amateur dépendant d'une ligue de sports de loisirs.
Mais, la veille, le PFG a reçu un courriel de l'équipe adverse l'avertissant que "par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe (...) nous ne pouvons jouer contre vous".

"Nos convictions sont de loin plus importantes qu'un simple match de foot, encore une fois excusez-nous de vous avoir prévenus si tard", concluait le Créteil Bébel.

Le PFG dénonce une décision homophobe. Pour le président et cofondateur de l'association Paris Foot Gay, Pascal Brethes, qui souhaite des sanctions, ce message "très choquant" tombe sous le coup des lois interdisant le racisme et l'homophobie.

Les autorités sportives dont dépendent les deux équipes doivent se réunir le 13 octobre et statuer sur cette affaire.

La Ville de Paris, dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë qui fut un des premiers hommes politiques français à déclarer son homosexualité en 1998, a tenu à "réaffirmer son soutien au Paris Foot Gay dans sa lutte contre l'homophobie et pour le dépassement des préjugés qu'ils soient culturels, sociaux ou sexuels".

Selon le président du PFG, le club gay n'est "pas un club communautariste, c'est d'abord une association qui lutte contre l'homophobie dans le football" ouverte aux hétérosexuels comme aux homosexuels.

L'équipe comporte "des noirs, des blancs, des beurs, toutes religions confondues", a précisé M. Brethes.

"Tout ça est navrant à notre époque, mais en même temps, ça va faire réagir", a estimé l'ancien joueur du club professionnel Paris Saint-Germain (PSG) et de l'équipe de France Vikash Dhorasoo, parrain du PFG depuis 2006.

Le dirigeant du Créteil Bébel, Zahir Belgharbi, a de son côté expliqué à l'AFP que pour lui, c'est "le nom" du PFG qui posait problème et non pas le fait que l'équipe compte des homosexuels dans ses rangs.

"Je ne suis pas homophobe, je ne suis pas intégriste, ça ne me dérange pas de jouer avec des gays, mais pas avec un club" portant un tel nom, a-t-il ajouté.

"Nous, on a fait des efforts pour rester neutres - on ne s'appelle pas le football club islamique par exemple - pourquoi d'autres" veulent-ils s'afficher "comme les porte-drapeaux d'une idéologie", a-t-il conclu.

Texte de :AFP
Titre: Quedemots
octobre 2009