Une tribu d'Indiens d'Amazonie, les Akuntsu, est réduite à cinq individus. Une sixième, Ururu, la doyenne des survivants de massacres survenus dans les années 1960 et 70, est décédé, a indiqué l'organisation de défense des Indiens Survival International.

"La disparition de Ururu, préfigure la dernière étape d'un génocide du XXIe siècle. Contrairement aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale ou aux meurtres de masse rwandais, le génocide des peuples indigènes se produit dans les régions les plus reculées du monde, à l'abri du regard et de la réprobation de l'opinion publique", a déploré Stephen Corry, directeur de Survival International dans un communiqué.

Selon le communiqué de Survival, Ururu a été témoin du massacre de son peuple et de la destruction de la forêt après l'installation d'éleveurs de bétail et de leurs hommes de main sur son territoire dans l'Etat de Rondônia.
"Dans les années 1960 et 1970, le gouvernement avait ouvert cet Etat à la colonisation, notamment avec la construction scandaleuse de la route BR 364", a souligné l'organisation.

L'équipe de la Funai a retrouvé les traces des maisons détruites ainsi que des poteaux, des flèches, des haches et des débris de poterie que les fermiers avaient tenté de dissimuler.

Les Akuntsu vivent aujourd'hui sur un territoire reconnu officiellement par le gouvernement brésilien et protégé par la Funai de l'invasion des fermiers voisins.

Quelque 250 peuples indigènes représentent actuellement moins de 0,5% des 191 millions de Brésiliens. Ils vivent sur 12% du territoire national.

Texte de : ats
octobre 2009