Le magazine "60 millions de consommateurs", qui publie une enquête sur les polluants dans les chambres d'enfants tels que formaldéhyde ou autres composés organiques volatils (COV), demande un engagement "plus fort" des pouvoirs publics pour aider à résoudre ce problème.

"L'air à l'intérieur de nos maisons est souvent bien plus pollué qu'à l'extérieur", rappelle le mensuel dans son numéro de mars. L'étude - conjointement avec une ONG, "Women in Europe for a common future" - a été menée en France, en Allemagne, en Grèce et aux Pays-Bas, auprès de 70 familles volontaires.

Les polluants étudiés proviennent des matériaux de construction (aggloméré, contreplaqué...), d'ameublement ou de décoration (peintures, moquettes, textiles), et aussi de l'air extérieur, des activités des occupants (tabagisme, entretien) ou des appareils à combustion.

Comme ces familles avaient "déjà adopté de bonnes pratiques pour limiter la pollution intérieure", les résultats sont "bien en-deçà des concentrations relevées habituellement dans les logements, souvent dix fois plus élevées", selon "60 millions".

Il en ressort cependant que 26 des 70 foyers dépassent les seuils de pollution repères pour le formaldéhyde ou les autres COV.

Dans 6% des foyers français observés (29% en Grèce, 20% en Allemagne), le taux de formaldéhyde est supérieur au seuil de 10 microgrammes par m3, en-dessous duquel il est admis qu'il n'y a pas d'effet sur la santé. Pour l'ensemble des COV, 7 foyers français sur 17 (19 sur 70 dans les quatre pays observés) sont au-dessus du seuil de pollution retenu par la revue (200 microgrammes par m3).

Les risques sont donc considérés comme "faibles", note 60 millions, même si ces familles adeptes des bonnes pratiques (produits moins polluants, appareils de chauffage bien entretenus, aération...) ne sont pas parvenues à se débarrasser totalement des polluants.

"Les pouvoirs publics doivent s'engager plus fortement dans la bataille", souligne le mensuel, avec des seuils sanitaires pour chaque produit, des études épidémiologiques sur l'impact sur la santé, des étiquetages obligatoires... Et au bout du compte "une réglementation plus contraignante pour faire disparaître rapidement les produits les plus polluants".

Texte de : AFP
février 2010