A la mer, sortez les pieds couverts : si vous marchez sur un oursin, vous vous casserez les pieds sur les longues épines noires qu'il abandonnera dans votre voûte plantaire à moins que vous n'ayez opté pour les tongues en latex ou en simple caoutchouc.

"Si on marche sur un oursin, on peut s'enfoncer une ou plusieurs épines. Ce qui n'est pas bon, ni pour lui ni pour nous", explique Patrick Lelong, biologiste marin à l'institut Océanographique Paul Ricard.

Le biologiste conseille "de porter des chaussures en plastique et des gants de plongée, si on veut le toucher", c'est le seul moyen d'éviter le contact très désagréable avec cet "exosquelette" (la coquille se trouve à l'extérieur) hérissé d'épines.

En cas de piqûre, il faut retirer l'épine avec une pince à épiler pour éviter qu'elle ne se casse à l'intérieur puis traiter la plaie avec un antiseptique ou de l'eau additionnée d'eau de javel.

"L'épine n'est pas sale en elle-même mais si un bout reste planté dans le pied un petit kyste peut apparaître", dit M. Lelong. "Dans la majorité des cas, le corps l'éliminera. Les personnes qui développent des allergies aux piqûres d'oursins sont rares", dit-il rassurant.

De toute façon, "il ne faut surtout pas ramasser les oursins en été. C'est interdit. Il faut juste les regarder", ajoute-t-il. Le ramassage est interdit en France du 16 avril au 31 octobre car ce petit animal marin de la famille des étoiles de mer est menacé en raison de sa surexploitation en mer méditerranée et dans l'océan atlantique.

"L'homme est le plus grand prédateur de l'oursin", explique M. Lelong.
Excepté certains poissons, mangeurs d'oursins comme la dorade, le baliste, le sar et quelques étoiles de mer, ce sont les fins gourmets qui se délectent de sa saveur iodée à l'arrière-goût d'orange.

Et l'oursin de, très appréciée du peintre Salvador Dali qui a immortalisé l'échinoderme dans bon nombre de ses toiles, constitue un vrai danger pour l'animal dont il existe des centaines de variétés dans le monde. L'oursin est aussi en péril à cause du braconnage.

Aujourd'hui en France, la surpêche sur les côtes varoises, niçoises et sur celles des Bouches-du-Rhône pose un problème pour la survie des "châtaignes des mers". L'oursin, dont on mange la gonade (organe reproducteur), doit mesurer au moins huit centimètres pour être commercialisé à l'âge adulte.

Les espèces que l'on rencontre en France vivent dans les fonds rocheux, en surface ou à des centaines de mètres de profondeur. Toutefois, ce sont les oursins "irréguliers" qui vivent dans le sable qui sont les plus dangereux car leurs piquants contiennent un poison urticant.

De plus, cette année, une maladie "probablement bactérienne ou virale" apparue en région PACA et en Corse et qui se manifeste par l'apparition de nécrose à la bouche de l'animal, en a fait mourir beaucoup, selon les spécialistes de la faune marine.

Depuis quelques années, des scientifiques américains étudient cet invertébré marin, proche cousin génétiquement de l'homme, qui pourrait détenir les clés de traitements contre le cancer et d'autres maladies incurables.

Les chercheurs ont découvert que les humains partagent 7.077 de leurs quelque 25.000 gènes avec ce porc-épic des mers qui possède par ailleurs le système immunitaire le plus sophistiqué de tous les animaux, certains d'entre eux pouvant vivre au-delà de cent ans.

Texte de : AFP
août 2010