La rage tue une personne toutes les 10 minutes dans le monde et 85% d'entre elles habitent dans les zones rurales et marginalisées d'Afrique et d'Asie, ont indiqué mardi des experts lors d'un colloque sur cette maladie tenu à Casablanca, au Maroc.

Chaque année, environ 55.000 personnes meurent de la rage dans le monde, dont 24.000 en Afrique et 20.000 en Inde. Et 30 à 50% des victimes sont des enfants de moins de 15 ans, ont-ils souligné.

Plus de 50 experts, spécialistes de la rage, représentant 15 pays d'Afrique sub-saharienne et d'Afrique du Nord participent à cette rencontre qui dure jusqu'à jeudi.

Selon eux, les chiens sont les principaux hôtes et vecteurs de la rage, qui touche principalement les populations à faible revenu.

Une étude réalisée en Inde indique que 75% des victimes de morsures d'animaux appartiennent aux populations pauvres et à faible revenu, précisent les participants.

Quelque 10.000 chiens sont vaccinés chaque année sur près de 600.000 au Togo, où il y a en moyenne 50 cas de rage déclarés chaque année, a déclaré à l'AFP Majesté Iwate va, médecin infectiologie enseignant à l'université de Lomé, au Togo.

Une journée mondiale de lutte contre la rage (ndlr, le 28 septembre) vient d'être établie par la FAO afin d'encourager la vaccination contre cette maladie, qui fait des ravages en Afrique, poursuit M. Iwate va.

Le traitement contre la rage coûte par exemple, pour chaque personne, plus de 60 euros, ce qui est élevé pour un pays comme le Togo, conclut-il

Au Maroc, le nombre annuel moyen de cas de rage animale est de 416 et le nombre de cas de rage humaine de 22, selon les experts du royaume.

Au Burkina Faso, il y a chaque année plus de 6.000 agressions (par des chiens atteints de rage). La vaccination et la sensibilisation sont les principaux enjeux dans mon pays, a dit pour sa part le Dr Rigobert Thiombiano, médecin intentionniste au CHU de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Le manque de moyens est un autre grand problème dans mon pays, où le traitement coûte entre 58 et 68 euros par personne, selon le Dr Thiombiano.

Certains experts ont indiqué au cours de leurs interventions que dans plusieurs pays d'Afrique, la rage étant perçue comme une maladie rare, elle n'est pas considérée comme une priorité et ne bénéficie pas de l'attention qu'elle mérite auprès des autorités sanitaires.

Environ 44% des décès par la rage dans le monde surviennent en Afrique et selon l'OMS, citée par les experts, tous les pays africains sont considérés comme des pays à haut risque.


Texte de : AFP
mai 2011