Un vaccin anti-malaria s'avère moins efficace que prévu (étude)

Un vaccin expérimental de GlaxoSmithKline (GSK) contre le paludisme s'est avéré moins efficace que prévu chez des bébés, avec un taux d'efficacité d'un tiers contre 50% d'efficacité obtenue sur des enfants plus âgés dans un essai antérieur, selon des résultats diffusés vendredi.

Ce candidat vaccin baptisé "RTS,S" du géant pharmaceutique britannique GSK "offre une protection modeste" contre la malaria chez des nourrissons de 6 à 12 semaines, ont reconnu les chercheurs ayant conduit l'essai, dans la revue scientifique New England Journal of Medicine.

"L'efficacité est plus faible que ce que nous avons observé l'année dernière chez les enfants âgés de 5 à 17 mois, ce qui a surpris certains scientifiques des centres africains" ayant participé à l'essai, a commenté le Dr Salim Abdulla, principal auteur de l'article.

Les tests effectués sur 6500 nourrissons dans sept pays africains ont montré que le vaccin (administré avec les vaccinations infantiles classiques) était efficace à 31% contre les accès simples de malaria et à 37% contre les accès sévères.

Des tests effectués sur des enfants de 5 à 17 mois, et communiqués l'an passé, montraient eux un taux de réussite de 47% à 55%.

"Nous aurions aimé (...) avoir une plus grande efficacité, bien sûr", a reconnu vendredi Andrew Witty, directeur général de GSK, lors d'une conférence téléphonique, qualifiant les résultats "d'un peu frustrants".
Mais il a souligné que le RTS, S restait "le premier et toujours le plus encourageant des candidats vaccins" contre la malaria, maladie qui tue 655'000 personnes par an, principalement des enfants africains de moins de cinq ans.

Le paludisme est dû à un parasite, le plasmodium, qui, transmis par les moustiques, provoque fièvre, maux de tête et vomissements et, en l'absence de traitement, peut entraîner rapidement le décès par troubles circulatoires.

Dans de nombreuses régions du monde, les parasites sont devenus résistants à plusieurs médicaments antipaludéens, ce qui renforce l'intérêt pour la mise au point d'un vaccin.

Pour le Dr Abdulla, de l'Ifakara Health Institute (Tanzanie), cette étude a le mérite de montrer que le candidat vaccin "peut aider à protéger les jeunes bébés contre le paludisme" et peut "compléter l'utilisation de moustiquaires".

En outre, l'essai n'a pas montré d'événement indésirable grave lié au candidat vaccin, selon un communiqué commun de GSK et du programme Malaria Vaccine Initiative (MVI) soutenu par la fondation Bill et Melinda Gates, qui participe à ces recherches.

GSK et MVI indiquent que l'une des prochaines étapes sera la collecte de données supplémentaires sur "l'efficacité à plus long terme du vaccin". L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà indiqué qu'elle formulerait une recommandation sur ce vaccin potentiel en 2015 en cas de résultats satisfaisants et après obtention des homologations nécessaires.

"Un vaccin efficace utilisable en complément d'autres mesures comme les moustiquaires et les médicaments antipaludiques représenterait une avancée décisive dans le contrôle du paludisme"

Texte de : AWP
Novembre 2012