Une trentaine de maires de capitales et villes d'Afrique francophone, réunis à Paris, ont appelé vendredi la communauté internationale à lancer un vaste programme d'électrification du continent africain, a constaté l'AFP.

Quelques mois avant la tenue dans la capitale française de la Conférence internationale sur le climat (COP21), ces édiles avaient été conviés par la maire de Paris, Anne Hidalgo, présidente de l'Association internationales des maires francophones (AIMF), et l'ancien ministre français de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, porteur du projet avec sa fondation Energies pour l'Afrique, créée début mars.

Deux Africains sur trois, soit quelque 600 millions de personnes, sont privés d'électricité, avec d'immenses disparités entre pays, mais aussi entre villes et zones rurales.

Dans cet Appel de Paris, des maires de capitales ou de grandes villes -dont Dakar (Sénégal), Niamey (Niger), Douala (Cameroun) ou Casablanca (Maroc)- appellent acteurs publics et privés à investir massivement dans l'électrification du continent, en privilégiant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, biomasse).

L'idée serait de créer une Agence intergouvernementale africaine, dirigée par des Africains, pour gérer ces financements et piloter les projets.

On ne peut pas avoir un système d'éducation, de santé, si on n'a pas l'électricité. C'est le préalable à toute action de développement, a souligné le maire de Casablanca, Mohammed Sajid. Electrifier l'Afrique, c'est à notre portée, a-t-il ajouté, donnant l'exemple de son pays où le taux de connexion à l'électricité a grimpé de 15 à 90% en dix ans, entre 1995 et 2005.

L'Afrique peut être totalement équipée d'ici dix ans, a assuré Jean-Louis Borloo. L'ancien ministre estime le coût total du projet à 200 milliards d'euros dont un quart serait apporté par des bailleurs publics et le reste par des investisseurs privés.

Tous les maires présents vendredi ont salué le rôle moteur de M. Borloo qui a rencontré 37 chefs d'Etat africains ces derniers mois, dont Robert Mugabe, actuel président de l'Union africaine, cette semaine. Mais ils ont aussi relevé l'ampleur du défi.

Le mode de financement sera le problème, parce que l'Europe et le monde sont en crise, a estimé le maire de Dakar, Khalifa Sall, secrétaire général de l'AIMF. Pour lui, cette initiative doit de plus être le fait des Africains et ces derniers doivent par leurs propres moyens se donner les capacités de conduire leur développement.


Texte de : AFP
avril 2015