Fluo compactes, LED, lumens et température de couleur: le retrait progressif des ampoules à incandescence, trop énergivores, laisse pour le moment le consommateur sans repères devant la nouvelle offre d'ampoules à économie d'énergie.

Au milieu du rayon ampoules d'un grand magasin parisien, les questions aux vendeurs fusent: "pourquoi une telle différence de prix entre celle-ci et celle-là ?", "c'est vrai qu'elles vont disparaître ?", "c'est quoi l'équivalent de cette ampoule ?"...

"Les gens sont un peu perdus", admet Thomas Carré, chef du secteur électricité au magasin Leroy Merlin de Paris.

Derrière lui, les vendeurs s'affairent à ranger les nouveaux modèles. Les ampoules à incandescence (ou "à filament") sont reléguées à l'arrière d'une étagère, sur seulement deux mètres.

"C'est la première fois j'en achète une, je vais faire un test", indique Josette, 76 ans, une ampoule à la main. "Il faut bien que je m'y mette, même à mon âge", rit-elle.

Depuis début septembre, les ampoules classiques de 100 watts et celles en verre opaque ne sont plus réapprovisionnées en Europe. En France, le programme de retrait a débuté dès juillet.

Leurs remplaçantes s'appellent fluo compactes, halogènes haute efficacité ou LED et leur puissance lumineuse est définie en "lumens" plutôt qu'en watts, qui donnait la puissance électrique.

Par exemple, une ampoule à incandescence de 40 watts émet environ 400 lumens. Cela correspond à une fluo compacte de seulement 8 watts.
Autre nouveauté, la "température de couleur": si elle est basse, la lumière sera jaune, si elle est élevée, la lumière sera blanche.

Après quelques minutes d'explication, Josette assure qu'elle peut désormais s'y retrouver seule. "Il y a la correspondance (avec les anciennes puissances, ndlr) écrite là et pour la couleur, c'est ici", explique-t-elle en montrant le dessin d'une ampoule coloriée en jaune.

Dans les magasins, apparaissent également des grands bacs de l'éco-organisme Récylum, car les ampoules basses consommation, contenant une petite quantité de mercure, doivent être rapportées pour recyclage, à l'instar des piles.

Face à ces nouveautés, les premiers mécontentements apparaissent: "le prix n'est pas donné", estime Lokhandwala Shabbir, responsable de la quincaillerie

"Aux couleurs modernes" à Paris. Les ampoules à économie d'énergie sont 5 à 8 fois plus chères, mais durent 6 à 10 fois plus longtemps.

"On a aussi des clients qui reviennent pas contents car elles n'ont pas duré aussi longtemps qu'écrit sur la boîte", ajoute le commerçant.

Il faut ainsi réfléchir à l'endroit où est installée l'ampoule. Sauf quelques modèles spécifiques, les fluo compactes -- les plus courantes -- ne supportent pas des allumages successifs et ne conviennent donc pas à des endroits de passage, comme les couloirs, rappelle Thomas Carré.

"La lampe va devenir un bien d'investissement", fait valoir l'Association française de l'éclairage (AFE).

Un bouleversement de consommation qui a encore ses réfractaires. Le vendeur d'un grand magasin parisien, ayant requis l'anonymat, se souvient d'avoir vu au début de l'été des personnes venir "faire des stocks".

"Pour l'instant, je préfère attendre la fin obligatoire. Après je m'y mettrai par dépit", admet Matthieu, 26 ans, chargé d'affaires.

D'ici fin 2012, les ampoules classiques auront disparu des rayonnages français.

"Pour les consommateurs actuels, cela va être le casse-tête. Mais nos enfants parleront en lumens comme nous, nous parlons en watts", avance Georges Zissis de l'Université Toulouse III.

Texte de : AFP
octobre 2009