Températures, océans, glaces: les manifestations du changement climatique


Hausse moyenne de près d'1°C de la température mondiale depuis un siècle, montée du niveau de la mer, vagues de chaleur et fonte des glaces: le Giec va faire le point, la semaine prochaine, sur les manifestations du réchauffement climatique.

LA TEMPERATURE MONDIALE a déjà augmenté de plus de 0,8°C depuis le début du XXe siècle et va continuer à augmenter d'ici la fin du siècle, de façon plus ou moins importante selon les émissions de gaz à effet de serre, rappellera le résumé du cinquième rapport du Groupe d'experts inter gouvernental sur l'évolution du climat (Giec), qui sera dévoilé vendredi au terme de quatre jours de validation à Stockholm.

La première décennie du XXIe siècle (2001-10) a été la plus chaude depuis 1881, a rappelé en juillet l'Organisation météorologique mondiale (OMM), avec une température moyenne à la surface des terres et des océans estimée à 14,47°C soit un écart de +0,47°C par rapport à la moyenne sur 1961-1990.

Les efforts actuels pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) mettent la planète sur une trajectoire de +3°C à +5°C, selon un récent rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement, alors que la communauté internationale a officiellement retenu l'objectif de +2°C maximum.

Dans son nouveau rapport, le Giec va confirmer -- avec 95% de certitude selon une version provisoire du résumé contre 90% dans le rapport de 2007 -- le rôle majeur des activités humaines dans ce réchauffement.

LES EVENEMENTS METEOROLOGIQUES EXTREMES tels que les pluies torrentielles ou les vagues de forte chaleur se sont multipliés et devraient être de plus en plus fréquents avec le réchauffement, avait indiqué le Giec dans un rapport spécial publié en novembre 2011, le travail le plus complet sur ce sujet discuté.

Selon un rapport de 18 équipes scientifiques publié début septembre dans le Bulletin of the American Meteorological Society, le réchauffement a contribué à la moitié des phénomènes météorologiques extrêmes sur la planète en 2012, comme les sécheresses et l'ouragan Sandy aux Etats-Unis, la fonte record des glaces arctiques ou les pluies diluviennes en Grande-Bretagne, en Australie, dans le nord de la Chine et au Japon. Ce lien devrait être confirmé dans le prochain rapport du Giec qui va notamment tenter, dans son volume sur les impacts qui sera publié en 2014, de mieux régionaliser ses constats.

LA FONTE DE LA BANQUISE arctique, qui couvre 15 millions de km2, a atteint un record durant l'été 2012, se réduisant encore par rapport au précédent record de 2007. Il est de plus en plus probable, estiment les climatologues, de voir l'océan Arctique libre de glace d'ici 2050. Une opportunité économique pour le transport maritime qui voit de nouvelles voies navigables s'ouvrir, ainsi que pour les prospecteurs pétroliers et de minerais, mais une menace de pollution pour ce milieu jusqu'ici relativement épargné.

LA FONTE DES GLACIERS D'ALTITUDE, notamment ceux de l'Himalaya, menace l'approvisionnement en eau de nombreuses régions (Inde du nord, Chine). Les glaciers dans les Andes tropicales ont perdu entre 30% et 100% de leur surface en 30 ans, ceux des Pyrénées pourraient avoir disparu en 2050.

L'ELEVATION DU NIVEAU DES OCEANS s'est accélérée lors des 20 dernières années et va se poursuivre au cours du XXIe siècle, selon la version provisoire du résumé du résumé du nouveau rapport du Giec.

Globalement, selon les études publiées les plus récentes, cette élévation est due pour un tiers à la dilatation de l'eau due à l'augmentation de chaleur, pour un autre tiers à la fonte des glaciers de montagne et pour un peu moins d'un tiers à la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, le reliquat étant dû au cycle naturel de l'eau. En 2007, le Giec estimait que la hausse moyenne pourrait atteindre 18 à 59 cm en 2100. Des chiffres qui devraient être légèrement revus à la hausse dans le nouveau rapport du Giec.

LA BIODIVERSITE devrait souffrir du réchauffement, avec 20 à 30% des espèces animales et végétales menacées d'extinction en cas de hausse des températures de 1,5 à 2,4°C par rapport aux 20 dernières années du XXe siècle.


Texte de : AFP
septembre 2013