Assise face à la rue en pente, je sirote rêveuse, une vague infusion dans une porcelaine limousine d'une blancheur parfaite; la chaleur rémane de la théière en fonte; à proximité, mon verre de vittel tiédit en condensant.

un voile de brume enveloppe les rues encaissées où la chaleur s'étouffe entre les facades. A peine un vague souffle d'air agite par épisodes une mèche de cheveux le long de ma joue.

est-ce mon sourire spontané, mon accoutrement qui dénote ou mon écriture vagabonde? des regards curieux se hasardent vers moi à intervalles réguliers.

 je savoure l'odeur, le calme de cette soirée,  quelques notes échapées d'un clocher tout proche... les dîners s'animent, le fenêtre s'allument; je sais qu'il va falloir regagner ma chambre d'hôtel, arpenter ces rues solitaires, dans le calmes estivant de cette cité intérieure...

 Le ciel est d'un gris laiteux, comme si tout le jour, ce soleil écrasant l'avait progressivement vidé de son bleu pur. Un moment de pause entre les rives de la nuit, à cheval sur mon éphémère insouciance; absorbant quelques gouttes de fraîcheur avant de m'en remettre à la tendresse des bras de Morphée.