L’initiative de l’union démocrate du centre « contre la construction de minarets » demande que l’interdiction de construire des minarets soit inscrite dans la Constitution fédérale. Cette initiative populaire viole les droits de l’homme consacrés par le droit international et va à l’encontre des valeurs essentielles de la Constitution suisse. L’interdiction visée mettrait en péril la paix religieuse et ne contribuerait nullement à endiguer la diffusion des thèses fondamentalistes islamistes. Mon argumentation sera courte et étayée par quatre arguments essentiels.
Le premier est l'argument constitutionnaliste. La Constitution fédérale a pour but de donner les grandes lignes directrices de notre pays, ses valeurs essentielles, ses principes fondamentaux. La constitution, Mesdames et Messieurs, n'est pas une poubelle ! Aujourd'hui, nous y mettons des dispositions interdisant la construction d'édifice et demain. Qui plus est, cette demande discriminatoire, stigmatisante, volontairement diffamatoire envers une religion, n'est pas digne de notre pays. La Constitution fédérale, texte fondamental, n'a pas besoin de telle ineptie en son sein.
Mon deuxième argument est laïc. Nous défendons un état profondément laïc, qui respecte les idées différentes, qui respecte les cultes et la liberté confessionnelle. Nous sommes pour la compréhension réciproque, le respect de l'altérité et la paix confessionnelle. Agiter le thème du minaret n'a qu'un seul but : Faire le beurre électoral de l'UDC, parti démagogue et populiste. Et bien je vous le dis, nous ne sommes pas comme ça, nous ne mangeons pas de ce pain là, nous les libéraux radicaux. Nous sommes responsables, progressistes et respectueux de la liberté de croire et d'avoir une spiritualité propre. Dans une optique d'intégration des autres cultures, nous préférons la pacification confessionnelle que sa perturbation inutile et néfaste.
Mon troisième est le droit actuellement en vigueur. La construction des minarets comme tout autre édifice est soumis au droit des constructions. Le droit actuel est plus que suffisant. Le droit des constructions impose des règles strictes dans les procédures d'une part mais également dans la construction de l'édifice en tant que tel. Dans certains quartiers, au droit se rajoutent des règlements communaux qui sont encore plus restrictifs dans l'élaboration des constructions. La mise à l'enquête est obligatoire pour un minaret comme pour une tourelle ou l'agrandissement d'une maison.
Enfin, mon quatrième est lié au prosélytisme religieux. Celui-ci est interdit en Suisse. Jamais nous ne verrons d'appel à la prière dans notre pays, même au sommet d'un minaret.
Je suis sensible au respect de nos règles et de notre ordre juridique et toute personne vivant dans ce pays doit s'y conformer, indépendamment de sa religion et de ses croyances. Les minarets ne sont pas de cet ordre là. Soyons les acteurs de l'intégration et de la pacification religieuse, nous ne sommes pas des populistes, nous ne voulons pas instrumentaliser les peurs. Alors Mesdames, Messieurs, votons non à cette initiative nauséabonde...
Georges Tavernier, Président du parti libéral radical valaisan