Que dire sur Petra qui n'ait été dit?
A Petra, on reste bouche bée, on admire et on marche.
Ça monte, ça descend, à chaque nouveau point de vue, une nouvelle surprise.
Qui ne connaît pas le symbole de Petra, celle de ce monument taillé dans une falaise de roche rose orangé ? Et bien, cette image quasi onirique imprimée aussi dans ma cervelle, ça y est, je l'ai vue.
Petra, c'est donc blindé de touristes. C'est une surprise pour personne mais pour y échapper, facile, il suffit de se lever de bonne heure. L'entité " groupe " n'est pas matinale, et l'entité " voyageur indépendant moyen " non plus. La quantité entité + entité représentant à vue de nez (j'adore !) 99% de la population touristique, à 6h00 du mat, à l'ouverture du site, il n'y a pas un chat, ou alors s'il y en a, des chats, ils sont si silencieux et solitaires, si impressionnés par La beauté, si petits, petits qu'on les devine à peine.
Ici, idem Israël : la nuit tombe à 17h00. Je me couche donc avec les poules depuis quelques semaines et quand le réveil sonne à l'aube, à 05h00, je n'ai aucune peine à me mettre en route. Qui l'eut crû ?
Je dépasse quelques " Horse riding, madame " déjà vigoureux, ils ne s'arrêtent jamais ceux-là, et hop, la magie commence.
Le silence est impressionnant. Juste le bruit de mes pas.
Le Sik, d'1,2km, m'ouvre lentement les portes de Petra. Ces roches immenses de parfois plus de 200m de haut, s'entrouvent soudain pour me rèvèler le " Trésor ". Ce n'est plus une photo, c'est là, devant moi, et c'est .... amazing, really amazing ! Les gardiens dorment encore sur les marches et c'est en baillant, couchés qu'ils m'accueillent avec ces mots.
J'avance, j'avance, personne, le théâtre, les tombes réales, les grottes, je monte, descends, grimpe, encore des tombes, encore des grottes, ça n'en finit pas, c'est immense et magnifique. A force de grimpettes, d'autres touristes sont arrivés, timidement, mais je les sème en prenant le chemin du monastère. Devant moi, des femmes, berbères ? ou pseudo-berbères, je ne sais pas, avec leurs ânes, grimpent au trot. Je ne sais pas alors qu'elles vont monter leurs stands de babioles. Quand je passe, rien à vendre. Ça monte dur, des marches taillées dans la pierre, et encore des marches et à chaque pas des nouvelles couleurs de roche, bleu, rose, jaune, lila, ocre, violet, des formes comme des délirs sous acide, des courbes ondulantes, des vagues éternelles. Je me retourne sans cesse, je ne veux rien louper, car à chaque pas vers le haut, le paysage change, les collines s'écartent, l'horizon s'élargit ou disparait en alternance.
Que c'est beau.
Et tout à coup, au détour d'un tournant, alors que je me dis que ça va bien finir par s'arrêter, cette montée, et que je respire bruyamment, sur ma droite, il est là. Le monastère apparait, grandiose dans sa beauté figée. J'y suis.
Encore quelques mètres pour dépasser la buvette, ben oui, même si elle est déserte, elle est là.. Maintenant, la suite, je la garde pour moi, c'est entre moi et ce que je vois et ressens.
Bon, allez, quelques mots encore.
Tout au bout du bout, il y a des View points. N'hésitez pas à y aller, l'effort est plus que recompensé par l'étendue infinie qui s'y découvre. Depuis là, on voit même la Mer Morte et Israël.













