Hiver 2008 - 2009
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19 Mars 2009
04 Mars 2009
Que dire sur Petra qui n'ait été dit?
A Petra, on reste bouche bée, on admire et on marche.
Ça monte, ça descend, à chaque nouveau point de vue, une nouvelle surprise.

Qui ne connaît pas le symbole de Petra, celle de ce monument taillé dans une falaise de roche rose orangé ? Et bien, cette image quasi onirique imprimée aussi dans ma cervelle, ça y est, je l'ai vue.

Petra, c'est donc blindé de touristes. C'est une surprise pour personne mais pour y échapper, facile, il suffit de se lever de bonne heure. L'entité " groupe " n'est pas matinale, et l'entité " voyageur indépendant moyen " non plus. La quantité entité + entité représentant à vue de nez (j'adore !) 99% de la population touristique, à 6h00 du mat, à l'ouverture du site, il n'y a pas un chat, ou alors s'il y en a, des chats, ils sont si silencieux et solitaires, si impressionnés par La beauté, si petits, petits qu'on les devine à peine.
Ici, idem Israël : la nuit tombe à 17h00. Je me couche donc avec les poules depuis quelques semaines et quand le réveil sonne à l'aube, à 05h00, je n'ai aucune peine à me mettre en route. Qui l'eut crû ?
Je dépasse quelques " Horse riding, madame " déjà vigoureux, ils ne s'arrêtent jamais ceux-là, et hop, la magie commence.
Le silence est impressionnant. Juste le bruit de mes pas.
Le Sik, d'1,2km, m'ouvre lentement les portes de Petra. Ces roches immenses de parfois plus de 200m de haut, s'entrouvent soudain pour me rèvèler le " Trésor ". Ce n'est plus une photo, c'est là, devant moi, et c'est .... amazing, really amazing ! Les gardiens dorment encore sur les marches et c'est en baillant, couchés qu'ils m'accueillent avec ces mots.
J'avance, j'avance, personne, le théâtre, les tombes réales, les grottes, je monte, descends, grimpe, encore des tombes, encore des grottes, ça n'en finit pas, c'est immense et magnifique. A force de grimpettes, d'autres touristes sont arrivés, timidement, mais je les sème en prenant le chemin du monastère. Devant moi, des femmes, berbères ? ou pseudo-berbères, je ne sais pas, avec leurs ânes, grimpent au trot. Je ne sais pas alors qu'elles vont monter leurs stands de babioles. Quand je passe, rien à vendre. Ça monte dur, des marches taillées dans la pierre, et encore des marches et à chaque pas des nouvelles couleurs de roche, bleu, rose, jaune, lila, ocre, violet, des formes comme des délirs sous acide, des courbes ondulantes, des vagues éternelles. Je me retourne sans cesse, je ne veux rien louper, car à chaque pas vers le haut, le paysage change, les collines s'écartent, l'horizon s'élargit ou disparait en alternance.
Que c'est beau.
Et tout à coup, au détour d'un tournant, alors que je me dis que ça va bien finir par s'arrêter, cette montée, et que je respire bruyamment, sur ma droite, il est là. Le monastère apparait, grandiose dans sa beauté figée. J'y suis.
Encore quelques mètres pour dépasser la buvette, ben oui, même si elle est déserte, elle est là.. Maintenant, la suite, je la garde pour moi, c'est entre moi et ce que je vois et ressens.
Bon, allez, quelques mots encore.
Tout au bout du bout, il y a des View points. N'hésitez pas à y aller, l'effort est plus que recompensé par l'étendue infinie qui s'y découvre. Depuis là, on voit même la Mer Morte et Israël.




























Dés mon arrivée en Jordanie, à la vue des paysages, je me suis demandée d'où provenait l'eau. Je savais, suite à mes questions sur l'état de la mer Morte, que le Jourdain approvisionnait une grande partie du pays, avec les conséquences dont j'ai déjà parlé sur un autre article.
À Wadi Musa, point de départ de la visite de Petra, un immeuble en chantier à côté de mon hôtel, laissait s'écouler un petit ruisseau d'un tuyau guidant l'eau vers les étages, celle-ci s'écoulait alors tout au long du mur, passant par les futurs balcons et laissant déjà des marques de moisi et autre preuve de délabrement. Nous sommes en Novembre. Je fixai alors mon attention sur les autres constructions : presque toutes souffraient de fuites diverses. De larges taches d'humidité signaient les façades. Je crois savoir que cet endroit ne souffre pas du manque d'eau... c'est pourtant bien... désertique ces endroits.



(J'appris alors que le gouvernement est trop endetté pour assurer l'entretien des canalisations)

Mais Amman ?

Avec bien plus de 2 Millions d'habitants, coincée entre les collines arides, ses besoins en eau sont considérables.



Presque la moitié des Jordaniens habite dans la zone d'Amman, en raison de la prospérité actuelle de la ville et de son climat tempéré. Les quartiers résidentiels se composent de rues et d'avenues bordées d'arbres et flanquées d'élégantes maisons blanches. Les quartiers populaires sont hérissés de blocs grisâtres, pleurant des lambeaux de mur. Là, pas la moindre trace de nature. La situation ne peut que s'aggraver : en plus d'une population attirée par la ville, se joignent maintenant des milliers de réfugiés irakiens, des travailleurs égyptiens, syriens.
Amman, bien sûr, est musulmane.
Il est intéressant de savoir que l'islam enseigne que l'eau, les pâturages et le bois de chauffage sont des biens communs à tous les musulmans.
L'eau qui passe par chez vous appartient donc aussi à votre voisin. Si un cours d'eau traverse votre propriété et si quelqu'un qui y passe a soif, il peut entrer sur votre terrain sans autorisation, boire à votre source et repartir sans que vous puissiez l'en empêcher. Et s'il a un troupeau, il peut conduire ses bêtes jusqu'au point d'eau. Ces ressources sont un don que Dieu fait à l'humanité. Il faut les respecter et les partager, non les gaspiller.
Pourtant, maintenant, il vaudrait mieux éviter de boire à même les ruisseaux, la les cours d'eau, comme la mer Morte, sont pollués.
Le sur-pompage des nappes phréatiques atteint 180%.
En 1998, un réservoir de la ville, distribuant normalement 40% des besoins d'eau, fut contaminé par une espèce d'algue. L'eau alors était déjà rationnée. Pendant 2 semaines, la ville en fut privée ! Vous vous imaginez, une ville entière privée d'eau pendant 15 jours !
En 2008, un programme de réduction de la consommation d'eau a été mis en place pour limiter la quantité d'eau pompée vers les foyers : l'eau est rationnée et chaque maison ne sera approvisionnée qu'une ou deux fois par semaine, pendant trois à cinq heures !!!
La consommation jordanienne par habitant est de 200 mètres cubes, contre 1000 mètres cubes dans les autres pays. Chouette, c'est plus que les 50 mètres cubes, minimum requis par l'OMS pour la santé et l'hygiène.
Et nous, touristes de passage, on glisse légèrement sur cette réalité, ignorant cette catastrophe et la souffrance du peuple jordanien.
Et douchant joyeusement dans nos hôtels.
01 Mars 2009
Je suis arrivée bien trop tôt à Jérusalem : pas un chat, tout fermé. 04h00 du mat. Alors trouver un lit à cette heure-là, même pas la peine d'y penser. Même pas peur ! Me voilà passant Jaffa gate et entrant dans la vieille ville. Je sais vaguement où aller, mon souvenir du plan me dit, tout droit en franchissant la porte et au bout à gauche... Vaguement car il fait si sombre qu'il s'avère impossible de lire quoique ce soit.
Seulement voilà, la vieille ville, ce sont des ruelles dallées en pente, étroites, bordées de panneaux en bois plus ou moins reluisant et qui à première vue se ressemblent toutes. Je descends, je descends, et si, y'a des chats, partout et ça pue grave le chat d'ailleurs. Mais j'ai beau leur demander mon chemin, ils me suivent plutôt que me précéder. Je suis dans le bazar en fait, et couvert, et là je me demande si je ne suis pas inconsciente. Quelques secondes, l'angoisse vient quand je vois des types avancés vers moi. Ils passent sans me regarder. Puis un moine dans son habit marron encordement et tons.
Et là, j'ai un flash : mais oui, mais c'est bien sûr, je vais aller au Saint Sépulcre et attendre devant. Au même moment, une pancarte apparaît : je suis devant l'hostel où je voulais aller : Premier miracle. Pourtant, il n'y a pas plus fermé et mis à part les félins revendicateurs, aucun bruit. Pas grave ! va pour le Saint Sépulcre sur lequel je tombe comme une fleur. Comme j'ai toujours mes 13 kg de sac à dos plus mon mac, je m'installe sur la droite, stratégie pour mater. Et là deuxième miracle : quelques moines en soutane passent, et quelques rares dévots qui embrassent le sol ou le mur en arrivant. Certains psalmodie, d'autres chantent doucement. Pas feutrés, presque glissants.
Des ombres vocales.
L'aube pointe son nez. Et je reste là, découvrant le changement de pèlerins calqué sur celui de la luminosité, jusqu'à ce que les groupes se ramènent, brisant par leur aura massive la sérénité des lieux, le coup final asséné par des japs tout bleus vêtus croisant des spaghettis tout jaune canari et se demandant mutuellement de se prendre en photo .
Vite, peut-être que l'hôtel est ouvert !
17 Février 2009






Il y a des endrots que l'on a du mal à quitter, où le coeur reste accroché aux gens, aux paysages, à une ambiance.







Une fois loin de Koh Phayam, quelque soit l'endroit de mes vadrouilles, je n'avais qu'une seule idée en tête: y retourner.
Et j'ai eu cette chance.
Cette fois, peu de mots.
Ma fascination pour l'endroit est intact.
Que de beauté.

























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