Si vous êtes un fumeur régulier, un coffret à cigares vous sera indispensable. Mais, même si vous êtes un fumeur occasionnel, il est toujours bon d'avoir un petit stock disponible, pour les grandes occasions imprévues, les amis ou les envies subites. Cette page vous aidera à mieux choisir le vôtre, ou à le fabriquer très facilement.

Voici quelques idées et conseils de VHS (Votre Humble Serviteur)...

A quoi sert un humidor

Comment cela fonctionne
Les différents modèles sur le marché
Fabriquer son propre humidor
Transformer un simple coffret en humidor
Les accessoires
L'humidificateur
L'hygromètre
Entretenir son humidor et ces cigares

A quoi sert un humidor


Pour être agréable à fumer, un cigare doit contenir une certaine proportion d'humidité. Qu'il soit trop sec ou trop humide, et tout le plaisir est gâché. Ce taux d'humidité est obtenu si l'humidité relative de l'air environnant est d'environ 70%. Sous un climat tempéré, c'est rare.

D'où l'utilité d'un coffret étanche à humidité régulée, également appelé humidor.

Si un cigare reste quelques heures ou quelques jours dans un milieu sec, il se dessèche complètement et perd ses arômes. Même en le réhumidifiant à nouveau, il aura perdu une grande partie de ce qui fait sa valeur. Inversement, au delà de 75% d'humidité relative, il sera non seulement plus difficile et moins agréable à fumer, mais il risquera également d'attraper des moisissures ou de se désagréger.

Comment cela fonctionne

Comme on le voit, un humidor n'est pas simplement une jolie boîte. C'est aussi un objet technique. L'esthétique est certes la bienvenue, car il est agréable de stocker ses plus belles vitoles dans un bel écrin. Mais l'esthétique n'est pas suffisante. Afin de remplir correctement sa mission, tout humidor digne de ce nom contient au moins les trois éléments suivants :

fonctionnement


Une enceinte extérieure, étanche à l'air (en réalité, l'étanchéité n'est jamais parfaite, et ne doit pas l'être ; nous aborderons ce point plus tard). Il s'agit souvent d'une boîte en bois, mais d'autres matériaux conviennent, comme nous le verrons plus loin. Un seul impératif : elle doit être totalement inodore.

Une "doublure" intérieure. Celle-ci doit être en bois, et pas n'importe lequel. Il doit être inodore (ou d'une odeur compatible avec les arômes des cigares), résistant à l'humidité ambiante, et capable d'absorber et de relâcher un peu d'humidité, à la manière d'une éponge. La doublure sert en fait de régulateur d'humidité. En cas de chute de brutale température, le bois absorbe la condensation qui autrement se formerait sur les parois et risquerait d'abîmer les cigares. De plus, chaque fois que votre coffret est ouvert, de l'air sec y pénètre de l'extérieur. Le bois de la doublure, qui a accumulé une certaine quantité d'humidité, en relâche un peu sur toute sa surface.

L'humidificateur : c'est une boîte (ou un tube), contenant un matériau poreux ou un gel, imprégné d'un mélange d'eau et d'un produit qui régule l'humidité (tensio-actif). Lorsque l'humidité ambiante baisse (par ce qu'on a ouvert le coffret, ou à cause des fuites), l'humidificateur relâche un peu d'humidité. Inversement, lorsque l'humidité ambiante augmente, il absorbe de l'humidité (du moins en théorie). Et ce, jusqu'à ce que l'humidité d'équilibre (70% si tout va bien) soit atteinte.

Eventuellement, un hygromètre permettant de connaître le degré d'humidité relative.

Les différents modèles sur le marché

Il y a des humidors pour tous les goûts, mais il faut choisir le sien avec soin, en se souvenant qu'il servira à protéger vos beaux modules. La mode du cigare aidant, on trouve sur le marché un nombre incroyable de coffrets à cigares, du plus simple au plus sophistiqué, et du plus classique au plus audacieux. Le prix varie généralement entre 300 et 800 euros, mais on trouve aussi des produits économiques beaucoup moins chers que cela, et des produits de luxe qui coûtent le prix d'une voiture de course.

Personnellement, les moins chers ne me plaisent pas, ceux qui correspondent à mon budget ne s'accordent pas avec mon intérieur, et ceux qui me plaisent vraiment dépassent mes possibilités. C'est pour cela que je me suis mis à construire mes propres humidors.

Si cependant vous trouvez celui qui vous convient, voici quelques critères de choix. La taille et le volume Le volume extérieur est une affaire de goût et de place. Le volume intérieur dépend de votre consommation personnelle, mais l'expérience montre qu'il faut prévoir assez large. Il est toujours intéressant de pouvoir stocker plus que vos besoins à court terme. On tombe parfois sur un lot ou une boîte particulièrement rare ou d'un prix avantageux, en particulier lors d'un séjour à l'étranger. Il faut savoir qu'un cigare peut se conserver plusieurs années sans problème s'il est stocké dans de bonnes conditions.

D'autre part, les cigares doivent se sentir à l'aise dans leur nouvelle boîte. L'humidité doit circuler.

Par ailleurs, les cigares ne devraient pas, en principe, être rangés sur plus de deux couches. Un humidor profond devrait comporter un ou plusieurs plateaux intermédiaires, afin que les cigares soient aérés. Le matériau On trouve des humidors en bois massif, en contre-plaqué, en aggloméré plaqué de bois exotique, et même en altuglass. Le choix est surtout une affaire de goût. Ce qui importe surtout, c'est le traitement que le matériau a subi, car le coffret doit pouvoir supporter une grande différence d'humidité entre l'intérieur et l'extérieur.

La boîte proprement dite est "doublée" d'une autre boîte, cette fois en bois non verni et non traité. Cette "doublure", qui doit couvrir au moins le fond et les quatre côtés, est traditionnellement en cedro (cedrella odorata en latin, Spanish cedar en anglais, à ne pas confondre avec le cèdre). Cependant, d'autres bois conviennent parfaitement, en particulier l'acajou. Enfin, certains humidors vendus dans le commerce ne sont pas garnis d'une doublure. Il s'agit donc d'une simple boîte en bois, verni à l'extérieur et laissé brut à l'intérieur. Je ne sais qu'en penser, sachant qu'il doit pouvoir supporter de fortes variations d'humidité sans fléchir et sans craquer. A proscrire de toute façon s'il n'est pas en bois massif. Si vous avez fait l'expérience d'un tel engin, envoyez moi un mail. L'odeur Ouvrez le coffret, approchez vous et reniflez. Si ça sent la colle, le vernis, ou le plastique, méfiance. Dites vous que vos cigares vont s'imprégner de l'odeur de la boîte. La seule odeur admissible est celle du cedro, odeur caractéristique des boîtes à cigares d'origine en bois massif, ou une très légère odeur de bois exotique. Le chêne bonifie les vins, pas les cigares. Quand aux résineux, ils font des dégâts.


Fabriquer son propre humidor


Comme je ne suis pas un ébéniste patenté, mais un simple amateur (avec très peu de temps et fort peu d'outils à ma disposition), j'ai cherché le moyen de construire rapidement des modèles simples et esthétiques, soit en partant de zéro, soit en transformant une boîte ou un coffret. Voici quelques exemples et quelques conseils. Un modèle simplissime de dépannage Ce n'est certes pas ce qu'il y a de plus esthétique, mais c'est ce qu'il y a de moins cher et de plus rapide à construire. Utile si votre cousin arrive de Cuba avec deux grosses boîtes de vos doubles coronas favoris (on peut rêver). Utile aussi en voyage, surtout si vous partez avec un sac au dos.

C'est simple comme bonjour.

Vous prenez une boîte étanche, du type "Tupperware".

Vous y installez une boîte en cedro massif, de celles ayant contenu des cigares.

Vous y installez également un humidificateur.

Voici le schéma :



Le tour est joué ! Ce n'est pas l'idéal pour le salon, mais ça marche.

Avant d'acheter votre boîte au supermarché, vérifiez qu'elle est inodore. Ouvrez-la et reniflez l'intérieur. Une fois chez vous, rincez-la à l'eau chaude.
Même si vous achetez vos cigares à la pièce, il est probable que votre fournisseur habituel aura la gentillesse de vous offrir une boîte vide. Evitez les boîtes recouvertes de papier.
Un humidor de ce type est très étanche, peut être trop étanche. Certains y pratiquent un minuscule trou, d'un millimètre de diamètre. Si vous ouvrez souvent la boîte, c'est à mon avis inutile.

Quelques idées pour un humidor en bois, facile à construire

Si vous êtes menuisier, professionnel ou amateur, vous savez sans doute construire une boîte ou un coffret. Si vous êtes novice, il y a des modèles ultra-faciles à la portée de tous, à condition d'être un peu bricoleur. Le plan, les outils Voici un modèle de ma conception. Difficile de faire plus simple. Mais quand c'est réalisé avec soin, c'est tout à fait présentable.


Le principe est le suivant :

La boîte extérieure est constituée de cinq panneaux de bois. Le couvercle est un simple panneau.

Idem pour la doublure. Six panneaux de bois exotique font l'affaire.

L'étanchéité est assurée par un joint en polyuréthane.

Les accessoires (humidificateur et hygromètre) sont fixés sur le couvercle.

Le matériel nécessaire est très réduit : une scie à dos, du papier de verre, des serre-joints, éventuellement des vis, un tournevis et une petite perceuse, si vous comptez monter des charnières. Et surtout, une très bonne colle à bois et un vernis à bois de bonne qualité.

La boîte extérieure est assemblée, clouée-collée, vissée-collée ou collée tout court.
La boîte intérieure n'en est pas une. Ce sont des panneaux de bois brut posés contre les parois et au fond du coffret..

La voici en 3D


La voici finie

Pas une boîte de grand luxe, mais fonctionnellement impeccable ! Les charnières et les fermoirs sont en métal cuivré, un modèle fonctionnel.

Contenance, en ce qui concerne celle ci : exactement 51 double coronas, en trois rangées de 17. Soit deux boîtes de Lusitanias... en attendant l'arrivage de Cuba.


Remarquez lez joints d'étanchéïté en polyuréthane, disponibles dans tout magazin de bricolage.

Remarquez l'humidificateur, fait avec une boite en plastique et de la mousse verte de fleuriste. La taille de l'humidificateur est calculée pour pouvoir humidifier cinquante cigares sans aucun problème. L'étanchéité est suffisante pour tenir pendant trois semaines de vacances.

L'ensemble aura coûté "peanuts", c'est le cas de le dire. Le prix d'un ou deux churchills.

Dix ans après, il se porte à merveille. Pour éviter une trop grande étanchéité, il faut couper un peu de joint polyuréthane ou alors ouvrir son humidor quotidiennement (ce que je ne manque pas de faire).

Quelle taille prévoir ?

Cela dépend de la longueur de vos cigares préférés, de votre consommation personnelle (et de celle de vos amis, s'il vous arrive d'en offrir à d'autres), et de la durée du stockage.

Les cigares doivent se sentir à l'aise. C'est un impératif. De plus, il est déconseillé d'empiler plus de deux couches de cigares, afin que l'air et l'humidité puissent circuler. Moralité : prévoyez large, prévoyez long, mais ne prévoyez pas trop en hauteur. Deux couches de cigares, plus la place pour les accessoires, et un ou deux centimètres de plus pour que l'air circule.

De ces dimensions intérieures dépendront les dimensions extérieures de votre boîte. Quel matériau utiliser, comment assembler ? Pour la boîte proprement dite, le matériau le plus facile (à défaut d'être le plus esthétique) est à coup sûr le contre-plaqué. Si vous le choisissez assez épais, les clous et les vis ne seront pas nécessaires. Découpez, ou faites découper par votre magasin de bricolage, à la taille voulue, et collez.

Utilisez de la colle polyuréthane à bois. Attention, certaines colles moussent, et cette mousse déborde et est difficile à enlever. Vous pouvez également utiliser une colle vinylique à bois de bonne qualité et résistante. Avec du contre-plaqué de 15 mm d'épaisseur, l'assemblage est très résistant. La boîte ne cassera pas, même si elle tombe du haut d'une étagère.

L'assemblage "tout à la colle" est mon préféré, car il est le plus rapide et ne demande presque aucun outil (seuls les serre-joints sont vraiment nécessaires, et encore). Mais cet assemblage demande de la précision et du doigté. Je vois d'avance les ébénistes chevronnés s'arracher les cheveux. Sans feuillure, sans mortaise, sans queue d'aronde ? Mais si, c'est parfaitement possible, en utilisant un bois adéquat et une bonne colle. D'où l'avantage du contre-plaqué, qui ne travaille presque pas, et de la colle polyuréthane, très résistante. Les finitions Une fois la boîte construite, il n'y a plus qu'à la poncer, et à la vernir, extérieur et intérieur. Préalablement au ponçage, vous pouvez arrondir les angles au gros papier de verre.

Le choix du vernis est très important. Il doit être résistant et parfaitement inodore. Les vernis de type marine ont la fâcheuse habitude de dégager une odeur, même des semaines après la dernière couche. Certains bricoleurs utilisent du vernis polyuréthane émulsion à l'eau (type Aquaréthane, de chez Syntilor). Personnellement, je préfère le vernis "aspect bois ciré" de chez Syntilor, d'un bel effet, et inodore au bout d'une semaine à l'air. A mon avis, ce délai en vaut la peine.

Vous avez opté pour du massif pour la boîte extérieure, utilisez un vernis incolore, éventuellement après teinture du bois. Si votre boîte est en contre-plaqué, vous avez intérêt à utiliser un vernis sombre, voire noir, pour masquer les rayures du contreplaqué. Mais c'est là une affaire de goût.

Maintenant, si vous y tenez, vous pouvez fixer le couvercle avec des charnières, mettre une poignée, et même une plaque à votre nom si le coeur vous en dit. La garniture intérieure, ou doublure Le choix du matériau est très important pour la boîte intérieure, ou doublure. Le meilleur matériau, c'est le cedro (cedrella odorata). Presque introuvable en France. Pour un humidor de petite taille, vous pouvez éventuellement réutiliser le bois de deux ou trois boîtes à cigares en cedro massif. Mais l'acajou convient également. Il est très largement utilisé pour les humidors fabriqués en Europe. Certains ébénistes utilisent le poirier, ou le sapelli.

Même l'acajou n'est pas facile à trouver, et il coûte assez cher. Certains magasins de bois le vendent sous l'appellation générique "bois rouge". En fouillant un peu, vous trouverez votre bonheur, à condition de savoir reconnaître l'acajou des autres bois rouges, sipo ou framiré en particulier, qui fréquentent souvent le même rayon.

Bien entendu, le bois doit être brut, simplement poncé si nécessaire.

En général, il n'est pas nécessaire de coller les panneaux de la garniture intérieure. S'ils ont été découpés avec précision, il suffit de les poser contre les parois de la boîte, et ils tiennent tous seuls. Attention toutefois à ne pas trop forcer, car avec l'humidité, le bois gonfle, et pourrait faire éclater la boîte extérieure.

Le panneau supérieur doit être légèrement plus petit que les dimensions intérieures de la boîte. Il doit être collé avec précision sur l'intérieur du couvercle de la boîte extérieure. Une colle "contact" de nouvelle génération convient bien. La pose des accessoires Les accessoires (hygromètre, et un ou deux humidificateurs) doivent être fixés au couvercle de la boîte.

On peut utiliser du velcro autocollant. Pour les accessoires métalliques (humidificateur en inox) on peut également coller un aimant.

Souvent, la bande velcro autocollante se décolle toute seule au bout de quelques semaines, à cause de l'humidité qui règne dans la boîte. Dans ce cas, il faut nettoyer le reste de colle avec du trichloréthylène ou de l'acétone, et recoller les bandes velcro (sur la boîte ou sur l'accessoire) avec de la colle epoxyde. L'étanchéité Sur un humidor de bonne qualité vendu dans le commerce, l'étanchéité repose sur l'habileté et le savoir-faire du menuisier. Le couvercle doit fermer avec précision, de manière à ce que l'ensemble soit quasi étanche à l'air. Ceci n'est pas à la portée du premier amateur venu, surtout avec le plan et la méthode ci-dessus.

Ici, l'étanchéité repose sur un joint en polyuréthane, de ceux qui servent à calfeutrer les fenêtres. On en trouve dans les magasins de bricolage, en blanc et en marron. Si le bois intérieur (la doublure) est en acajou, un joint marron ne se verra presque pas. C'est là une concession, mais entre le tout-massif et le tupperware, il faut trouver un compromis.

Tout le secret de l'étanchéité réside dans ce joint. Si vous le posez tout au long du pourtour du bois intérieur, votre boîte sera totalement étanche, ce qui n'est pas souhaitable. Une partie du pourtour doit donc être laissée sans joint. Cette quasi-étanchéité est difficile à déterminer. Mais les réglages peuvent être fait après coup, en particulier après la mise en route. Transformer un simple coffret en humidor Il est assez facile de transformer un simple coffret en bois en humidor. On trouve dans le commerce toutes sortes de boîtes. Certains magasins de bricolage vendent des coffrets en bois non traité et non verni, pour ceux qui veulent les peindre ou les décorer. Certaines boîtes anciennes peuvent très bien faire l'affaire. Un coffret à cigares vide, en bois non traité, se prête également à la transformation, en particulier pour les petits humidors de voyage.

Le voici vu de coupe, avec tous ses aménagements, garni de vos modules préférés :

Comment procéder On procède comme pour la fabrication d'un humidor à partir de zéro, mais cette fois, la première étape est sensiblement réduite.

un coffret en bois, récupéré, acheté ou fabriqué sur mesures,

la doublure, en bois non traité (cedro ou acajou),

si nécessaire, un plateau intermédiaire,

un joint d'étanchéité,

les accessoires : humidificateur et hygromètre.

Préparation de la boîte

Il faut d'abord s'assurer que l'intérieur de la boîte est sain, inodore, et résistant à l'humidité. Si ce n'est pas le cas, trois bonnes couches de vernis polyuréthane peuvent tout arranger. Choisir un vernis sans odeur.

Si la boîte d'origine comporte des fissures, il faut préalablement les boucher. Vous pouvez pour cela utiliser une pâte à bois ou tout autre moyen approprié.

Si la boîte d'origine n'est pas parfaitement inodore, ne désespérez pas. Laissez-la ouverte pendant quelques jours pour l'aérer, puis passez le vernis. Un bon vernis polyuréthane peut bloquer les odeurs. Après la dernière couche, laissez la boîte s'aérer au moins une semaine. Préparation du bois de doublure Comme indiqué, la doublure doit être en cedro (cedrella odorata), en acajou, en sapelli ou en poirier. D'autres bois doivent convenir, mais dans ce cas, je ne vous promets rien. Il faut les tester, en sentant l'odeur qu'ils dégagent une fois humides. Il m'est arrivé d'utiliser du sipo, un bois rouge exotique, sans que celui-ci altère sensiblement l'odeur des cigares, mais je ne peux rien garantir en cas de séjour prolongé de vos vitoles dans l'humidor. Les cigares s'imprègnent de l'odeur de leur environnement.

Vous trouverez de l'acajou chez certains fournisseurs de bois, mais ce n'est pas un bois très facile à trouver. Il m'est arrivé de trouver de belles plinthes en acajou chez les fournisseurs de bois pour le bâtiment. L'avantage d'une plinthe, c'est qu'elle est déjà chanfreinée, ce qui peut être très utile avec les formes de coffret les plus courantes (voir le schéma).

Quant au cedro (cedrella odorata), il est très difficile à trouver en France. Surtout, ne le confondez pas avec le cèdre (red cedar ou autre). L'odeur n'est pas du tout la même, et gâterait les arômes de vos vitoles. On peut néanmoins récupérer du cedro sur des boîtes ou des coffrets de cigares vides.

Une fois que vous aurez réussi à trouver le bois qui vous convient, le plus difficile est fait. Il ne vous reste plus qu'à découper des panneaux et à garnir le fond de la boîte et les quatre côtés. Commencez par découper les quatre côtés aux bonnes dimensions. Placez-les contre les côtés de la boîte, puis découpez et placez le fond. En procédant de cette manière, vous n'aurez besoin ni de colle ni de clous. Le fond de la boîte tiendra les côtés (voir le schéma). Si nécessaire, un plateau Comme nous l'avons dit, il faut éviter d'entasser vos cigares sur plus de deux couches, car l'air doit bien circuler. Si votre coffret est profond, il faudra construire un plateau intermédiaire. Le modèle le plus simple est constitué d'un petit panneau de contre-plaqué et de quatre petits tasseaux, de façon à former une boîte peu profonde, légèrement plus petite que l'intérieur de votre coffret. Le plateau coulissera dans le coffret, posé sur deux petits segments de tasseau (voir dessin).

Il est indispensable de percer de larges trous au fond du plateau, de manière à ce que l'air circule. En ce qui me concerne, j'utilise un trépan de précision, de 24 mm, monté sur ma perceuse. C'est un outil assez cher, mais il fait des coupes nettes, en particulier dans le contre-plaqué. Un simple forêt coûte beaucoup moins cher, mais risque de faire éclater le bois. De toute façon, il est nécessaire de poser le panneau à découper sur une planche-martyr et les fixer ensemble avec un serre-joint, pour éviter de faire éclater le bois.

Une autre idée pour un plateau consiste à partir d'un coffret à cigares vide, et de lui ôter le couvercle et les charnières. Une boîte de 25 churchills ou de 25 double-coronas fait souvent l'affaire. Vous n'aurez plus qu'à percer les trous, et le tour est joué. L'étanchéité Le principe est le même que pour un humidor construit par vous. L'étanchéité est assurée au moyen d'un joint en polyuréthane (tel que ceux utilisés pour calfeutrer les fenêtres) . En général, vous aurez intérêt à poser le joint sur le couvercle de la boîte, et non sur la doublure. Les accessoires L'humidificateur Principe de fonctionnement Ce que l'on appelle humidificateur est en réalité un régulateur d'humidité. Tant que le taux d'humidité relative ambiante est inférieur à 70%, il libère de l'humidité. Et en principe, si le taux d'humidité ambiante dépasse 70%, il absorbe le surplus.

La taille de l'humidificateur appropriée à votre humidor est fonction du volume intérieur de celui-ci. On trouve dans le commerce des humidificateurs de toutes tailles. Cependant, il n'y a aucun inconvénient à ce qu'il soit surdimentionné. Il vaut mieux le choisir trop grand que trop petit.

La plupart des humidificateurs se basent sur le même principe : une éponge, ou un produit poreux, ou un gel, est imprégné d'un mélange d'eau distillée et d'un produit tensio-actif. Dans un milieu sec, l'eau s'évapore. Dans un milieu humide, le tensio-actif absorbe l'humidité. La proportion d'eau et de tensio-actif détermine l'humidité relative de stabilisation.

Fabriquer son humidificateur

Il est parfaitement possible de fabriquer soi-même son système d'humidification.

Il vous faudra :

  •   Une boîte en plastique, de la taille requise pour votre humidificateur. Une boîte de la taille d'une boîte de cassette audio est suffisante pour un humidor de 50 cigares,
  •  Un bloc de produit spongieux de type "Oasis", dont ce servent les fleuristes pour piquer les fleurs. Attention à choisir le produit absorbant (il est généralement de couleur vert-gris),
  •  du propylène glycol (vendu en pharmacie). 50 ml à 100 ml suffisent pour un humidificateur,
  •  de l'eau distillée ou de l'eau déminéralisée (au rayon droguerie).

Commencez par percer des trous assez larges (un centimètre de diamètre) sur une face de la boîte. C'est par ces trous que se feront les échanges d'humidité.

Avec un cutter ou un couteau de cuisine dentelé, découpez un morceau de produit spongieux de dimensions suffisamment inférieures à celles de la boîte. Le bloc doit pouvoir bouger sans contraintes. S'il est trop serré, les échanges d'humidité ne se feront pas.

Faites ensuite un mélange à parts égales d'eau déminéralisée et de propylène glycol.
Imprégnez le bloc de produit spongieux de ce mélange, égouttez-le délicatement, puis posez le quelques instants sur une feuille de papier absorbant pour faire partir le trop plein.
Mettez le bloc imprégné dans la boîte. C'est prêt. Il ne vous reste plus qu'à fixer votre humidificateur sur le couvercle de votre coffret, par exemple avec du velcro autocollant.

Le propylène glycol est un tensio-actif. Un mélange à parts égales avec de l'eau distillée maintient une humidité d'environ 70%. Plus la part d'eau est importante dans le mélange, plus l'humidité dans l'humidor sera importante.

On a intérêt à placer l'humidificateur sur le couvercle et non dans le fond. En effet, l'humidité est plus lourde que l'air et a tendance à descendre. Si on place l'humidificateur au fond, les cigares du haut risqueront d'être trop secs. L'hygromètre Ce n'est pas l'hygromètre qui vous dira si vos cigares sont bons à fumer, mais une légère pression entre le pouce et l'index.

L'hygromètre vous rassurera seulement que tout va bien, et vous avertira s'il faut ajouter de l'eau distillée dans l'humidificateur.

C'est un instrument fort utile, mais il faut savoir le tester, car tous le hygromètres ne sont pas toujours précis. Choisir un hygromètre On trouve deux types d'hygromètres sur le marché : électroniques ou mécaniques.

L'hygromètre mécanique n'est pas très précis et se dérègle souvent. Il est par contre facile de l'ajuster chaque fois que nécessaire, après l'avoir testé.

L'hygromètre électronique est en général plus précis, mais il est beaucoup plus difficile de l'ajuster.

Dans tous les cas, il est intéressant de savoir tester son hygromètre. Tester son hygromètre Il est rare qu'un hygromètre soit précis sur toute la plage entre 0% et 100% d'humidité relative. Il est en général précis sur une plage réduite.

Il y a une méthode extrêmement précise pour calibrer un hygromètre, surtout si la mesure qui vous intéresse est de 75% environ (c'est le cas pour les cigares). Vous mettez une ou deux cuillerées à café de sel de cuisine sur une coupelle, que vous placez dans une boite étanche et transparente (type tupperware). Vous versez dessus quelques gouttes d'eau (juste quelques gouttes: il ne s'agit pas de dissoudre le sel). Vous mettez votre hygromètre à côté, en faisant attention à ce qu'il ne soit pas en contact avec le sel. Vous fermez le tupperware et vous attendez 24 heures. L'indication doit être de 75 % exactement. Entretenir son humidor et ces cigares La mise en route Après avoir acheté ou fabriqué votre humidor, il ne faut pas le remplir immédiatement de cigares. Il faut au préalable le "mettre en humidité". Votre précieux coffret, et en particulier le bois intérieur (la "doublure") doit lentement se charger en humidité.

Pour cela, il faut y placer une soucoupe contenant du papier absorbant imbibé d'eau distillée. Ce n'est qu'au bout de plusieurs jours que votre humidor sera apte à accueillir vos vitoles. Soyez patient, cela peut prendre deux semaines avant que celui-ci se stabilise.

L'humidité n'étant pas régulée, elle atteindra vite 80 à 90%, mais il arrive souvent des hauts et des bas. Lorsqu'elle se stabilisera, sortez la soucoupe de papier absorbant, mettez-y vos cigares, et fixez cette fois l'humidificateur. Celui-ci régulera normalement l'humidité aux alentours de 70%.

Le fait de mettre plusieurs cigares dans un humidor vide fait souvent baisser l'humidité qui y règne. Au bout de quelques heures, elle se stabilise. L'entretien Avec un bon humidor, l'entretien est minime.

Il faut l'ouvrir de temps en temps pour l'aérer. Si vous fumez tous les jours, ce la se fait naturellement. Sinon, il faut l'ouvrir pendant quelques secondes, surtout s'il est très étanche.

Périodiquement (tous les mois environ, mais cela peut varier), il faut ajouter de l'eau distillée dans l'humidificateur. Surveillez l'hygromètre et ajoutez de l'eau en conséquence.

Une ou deux fois par an, il faut "rénover" votre humidificateur, en l'imprégnant d'un mélange à parts égales d'eau distillée et de propylène glycol. La conservation des cigares Dans de bonnes conditions de température et d'humidité, un cigare peut se conserver de nombreuses années. Le goût peut s'améliorer, et certains les font vieillir dix ans. Je n'ai aucune expérience dans le domaine, mais il paraît que leur goût devient plus "rond".

Il faut éviter les variations brutales de température et garder une humidité constante. En principe, l'humidité relative doit être plus faible pour conserver les cigares à long terme que pour les fumer.

Il faut également éviter de stocker longtemps des cigares d'origines différentes (Cuba et Saint Domingue par exemple) dans un même humidor, et même des cigares de marques différentes. D'où l'intérêt de disposer de plusieurs humidors. Moisissures et parasites Les moisissures blanches qui pourraient recouvrir vos cigares ne sont pas très dangereuses.

Les insectes et vers qui mangent vos vitoles de l'intérieur sont plus préoccupants. Si un de vos cigares est contaminé, ils sont capables de détruire le contenu de votre humidor.

Une parade (que certains utilisent préventivement) consiste à mettre vos cigares au congélateur pendant quelques jours, après les avoir mis dans un sac étanche, contenant le moins d'air possible. Sortir ensuite les cigares et les mettre 24 heures au réfrigérateur, puis quelques heures dans un endroit frais, puis enfin dans votre humidor.

Le goût du cigare n'est pas altéré... en tout cas, ce n'est pas sensible. Si vous avez fait l'essai, écrivez-moi pour me donner votre avis.