A saisir au rayon action de chez Media Markt, Nowhere Boy !

Pari audacieux de la réalisatrice britannique Sam Taylor-Wood, qui pour son premier long-métrage, relate la jeunesse de John Lennon sans que l’on y prononce une seule fois le nom des Beatles et sans y inclure une chanson du groupe. Sans être le premier film consacré à cet artiste (Chapitre 27, The Killing of John Lennon…), Nowhere Boy est le premier à adopter ce point de vue original.

Le pari est plutôt réussi. On suit le parcours difficile de ce jeune garçon en quête d’identité, tiraillé entre l’affection de sa tante, qui l’élève, et celle de sa mère, qui en a perdu la garde. Ce n’est qu’en entendant prononcer le nom entier du héros que l’on réalise qu’il s’agit bien ici d’un biopic sur l’adolescence tumultueuse et l’émergence du talent de celui qui fonda les Beatles.

L’écriture du scénario a été confiée à Matt Greenhalgh, qui s’était déjà brillamment illustré dans le même registre avec Control, qui dressait le portrait de Ian Curtis, leader du groupe anglais Joy Division. Pour cela il s’est judicieusement inspiré des écrits de la demi-sœur de John Lennon, Julia Baird, qui révèle dans deux ouvrages, des anecdotes familiales et des aspects méconnus du chanteur anglais.

Le film doit beaucoup à la performance de ses interprètes, à commencer par Aaron Johnson (Kick-Ass…), qui campe un John Lennon aussi vrai que nature, fragile, tourmenté et  impertinent. Kristin Scott-Thomas n’est pas en reste et montre l’étendue de son talent en petite bourgeoise austère, bien qu’aimante. Quant à Anne-Marie Duff, elle livre une prestation honorable, en mère immature et excentrique.

La reconstitution très soignée du Liverpool des années 50, associée à une mise en scène harmonieuse, font de Nowhere Boy, un récit honnête et émouvant qui convainc en dépit de quelques paresses.

Au final, un biopic plutôt intelligent et efficace qui nous en apprend plus sur l’homme que l’artiste, à compter qu’ils soient dissociables.