Parmi les "blockbusters" du moment, offrez-vous une émouvante tranche de vie avec le nouveau film des frères Dardenne. Depuis leurs débuts, les liens filiaux sont au cœur de leur œuvre et ce long métrage ne fait pas exception à la règle. Basé en partie sur une histoire vraie qu'une éducatrice leur a contée, Le gamin au vélo est un conte moderne et cruel empreint de pudeur et dignité.
Cyril a douze ans, lorsque son père décide de le confier à un foyer. C'est ainsi que sans plus d'explication et espérant en vain un retour de ce père idéalisé, sa vie va s'organiser contre son gré. En colère et ravagé par l'incompréhension, il fera la connaissance de Samantha, coiffeuse de son état, qui va lentement l'apprivoiser.

Belle maîtrise de la caméra, qui au travers de ses nombreux plans larges renforce le sentiment d'isolement et de désolation qui entoure notre jeune héros. Malheureusement le jeu en demi teinte de Cécile de France empêche toute empathie, jusqu'à la poignante scène de la voiture ou entre violence, désillusion et tendresse les liens se créent. Jérémie Renier quant à lui livre une interprétation très convaincante du papa instable du jeune révolté. Bien loin des rôles de jeune homme propre en ordre qu'on lui propose en France,  le cinéma des Dardenne lui offre une fois de plus l'occasion de mettre en avant la diversité et la profondeur de son jeu.

Grand prix du dernier festival de Cannes, ce film subtil et dépouillé d'effets larmoyants, délivre au travers de ses personnages un véritable message  d'espoir et d'amour. Un amour au pouvoir guérisseur et libérateur des blessures infligées par la vie.