A. Introduction 2
B. Le handicap :origine et essai de définition : 2
C. Le handicap mental : déficience mentale 3
D. Qu'est-ce l'intégration ? 4
E. Deux types d'intégrations. 5
1. L'intégration scolaire 5
2. L'intégration sociale : 7
F. L'intégration scolaire face à la réticence aux changements : 7
G. L'intégration scolaire n'apparaît pas comme un droit mais comme une tolérance. 9
H. Les orientations actuelles en matière d'intégration scolaire : 11
I. L'intégration scolaire, une notion à nuancer 12
J. Les enjeux de l'intégration scolaire : 12
1. Pour les enfants : 13
2. Pour les parents : 13
K. L'intégration à tout prix 14
L. CONCLUSION 16

















A. Introduction

C'est autour de la question de l'intégration scolaire en milieu ordinaire que j'ai voulu travailler. Ainsi j'ai essayer de comprendre quels étaient les enjeux et les freins de cette intégration en milieu ordinaire. Il est évident que cela représente une terrible prise de risque pour l'enfant handicapé, pour lequel les professionnels de l'éducation et les parents visent une autonomie maximale en fonction de ses possibilités. De ce fait on va le confronter au regard de l'autre, regard que l'on voudrait plus accueillant et ainsi plus tolérant...
Ainsi parler d'intégration renvoie toujours au problème de la différence. Aussi après avoir donner une définition du handicap et de l'intégration scolaire, je vais essayer de montrer comment ce processus nécessite sans cesse de sonder notre regard sur le handicap et ainsi de toujours se poser la question de la " place la plus favorable à l'enfant "
Avant de parler de l'intégration scolaire de l'enfant handicapé il me semble important de définir le terme de handicap.
B. Le handicap :origine et essai de définition :
Le terme handicap renvoie au premier abord à l'idée de hasard. Ce n'est que secondairement qu'on est venu à désigner la différence et la difficulté que vont " éprouver certaines personnes à vivre de façon ordinaire en raison d'une déficience ou d'une carence, qu'elle qu'en soit la nature ".
En effet du point de vue étymologique, le terme " handicap " est une contradiction de " hand in cap " : cette expression qui date du XVI ème siècle signifie littéralement " la main dans le chapeau ". Il s'agissait d'un jeu populaire pratiqué en Angleterre où trois parieurs engageaient une somme égale, le sort désignant seul le vainqueur de la mise.
Mais plus tard, au XVIII ème siècle, ce terme servira à désigner la limitation des aptitudes des meilleurs chevaux lors de courses hippiques en Grande- Bretagne.
Le concept .a évolué : bien que le sens originel du terme désigne un désavantage qui devrait être réparti sur l'ensemble des individus dits " ordinaires ", le mot handicap est
employé dans un champ social plus global. Il est utilisé pour nommer les personnes qui ont " quelque chose en moins ", c'est à dire une limitation des capacités ou une déficience motrice, auditive, mentale...
L'anglo- saxon Wood, grâce à des recherches à partir de 1975, va isoler trois concepts : la déficience, l'incapacité et le désavantage.
Ces notions vont être reprises par l'organisation mondiale de la santé en 1985. Ainsi une nouvelle définition apparaît, laissant le champ ouvert à l'évolution de la personne : " est handicapé un sujet dont l'intégrité physique ou mentale est passagèrement et définitivement diminuée soit congénitalement, soit sous l'effet de l'âge, d'une maladie ou d'un accident, en sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l'école ou à occuper un emploi s'en trouvent compromises "1
Cette sous-partie est importante, car elle retrace l'étymologie du mot " handicap " et nous permet de comprendre son évolution dans le temps.
C. Le handicap mental : déficience mentale
Ce terme récent date des années 1970 qui, à l'origine, était employé pour toutes les déficiences intellectuelles, mais par la suite, il a été élargit à d'autres affections mentales générant des états déficitaires.
Personnellement je définirai le handicap mental comme une atteinte de la vie psychique d'une personne ayant des conséquences sur la capacité d'apprentissage, d'identification et de construction de la personnalité pouvant parfois entraîner des troubles du comportement
Depuis l'utilisation des tests mentaux d'aptitude et de connaissance comme celui des chercheurs Binet et Simon (1908), on peut mesurer l'intelligence d'une personne et donc évaluer le quotient intellectuel. Ainsi la présence et le degré du handicap mental sont identifiés et mesurés par rapport à l'intelligence. Cette déficience peut avoir plusieurs causes : elles peuvent être d'origine biologique (ex : les agressions périnatales..) ou d'origine génétique ex : les aberrations chromosomiques).
L'étiquette " d'handicapé " est considérée par beaucoup comme une marque indélébile qui est accrochée à la personne, (à l'instar) d'un stigmate dont elle n'arrive plus à se débarrasser. En effet, le stigmate, même s'il entraîne une aide, risque de conférer un marquage définitif, comme nous le rappelle Colette Chiland : " Si pour aider l'enfant, il faut lui mettre une étiquette, on risque de le condamner à être conforme à cette étiquette " 1
D. Qu'est-ce l'intégration ?
L'intégration est un mot clé dans notre société, et notamment en terme de handicap. Cependant quel est véritablement le sens de ce mot ? De quoi s'agit t'il ?
Il me semble important de le définir, mais surtout de voir comment elle peut se faire, ou être favorisée, afin de pouvoir effectuer une pratique professionnelle appropriée et ainsi monter des projets adaptés aux besoins des enfants.
" Maître- mot de toutes les politiques sociales (santé, marginalité, vieillesse), l'intégration des personnes handicapées est l'axe central du discours politique, des textes réglementaires et des rapports officiels (en France et dans les pays de l'Union Européenne. Le choix de l'intégration dans tous les domaines et les âges de la vie (à la crèche, à l'école, dans les centres de formations, en entreprise, dans l'habitat et la vie
sociale) traduit l'évolution culturelle quant à l'appartenance des personnes Handicapées à la communauté sociale : l'intégration scolaire, sociale ou professionnelle par exemple, fait ainsi l'objet de lois, décrets et circulaires définissant les principes et les modalités de leur mise en œuvre. " 1
D'après la définition du petit Larousse illustré, " l'intégration est l'action d'intégrer, fait de s'intégrer ".
C'est une sorte de mouvement qui ne peut s'exercer qu'en fonction de deux paramètres, à savoir en intégrant quelqu'un et en s'intégrant. En outre, un individu actif dans son intégration participe et peut " s'assimiler entièrement à un groupe ". Mais il ne peut s'intégrer que s'il est intégré, ce qui sous- entend que la démarche de l'intégration se fait également depuis l'extérieur et émanant des membres du groupe...
L'intégration est ainsi un processus qui ne peut se réaliser que dans un double mouvement : à la fois la personne concernée et les autres partenaires du groupe externe.
Durant mon stage à responsabilité en service de pédopsychiatrie, une de mes questions à été de savoir si la classe spéciale permettait l'intégration de Maxime (enfant aux troubles autistiques) réticent à beaucoup de formes d'intégration ou si cette classe ne lui permettait qu'une insertion. Pour ma part, il me semble qu'il y a une différence fondamentale entre insertion et intégration.
Insérer signifie " Mettre dans sans forcément s'intéresser aux circonstances et aux conséquences pour l'enfant, pour sa famille, pour les autres enfants de la structure et pour le personnel de l'éducation nationale "2. Il n'y a pas d'appréciation qualitative sur l'insertion. Elle est ou non !.
Intégrer suppose à la fois " la reconnaissance de la différence et la possibilité de partager positivement la structure d'accueil. Intégrer à l'école signifie que les enfants avec leurs différences, sera un des constituants de l'école au même titre que les autres enfants et non un élément en plus, définis par leur seule présence " 3
E. Deux types d'intégrations.

1. L'intégration scolaire

L'intégration scolaire des enfants et des adolescents handicapés consiste à les placer dans des conditions aussi proche que possible de celles des élèves ordinaires et à proposer une alternative aux structures jugées ségrégatives. Il s'agit de privilégier l'autonomie maximale et l'intégration en prévenant l'exclusion scolaire.
" C'est une politique ou action tendant à faire admettre sous différentes modalités, les enfants et les adolescents handicapés dans le système général de scolarisation "1
Ainsi l'intégration scolaire est une bonne façon de préparer au mieux l'intégration sociale de l'enfant. C'est le premier moyen d'un processus qui devrait permettre au jeune handicapé d'accéder à une vie qui soit la plus proche possible de la normale et cela en lui accordant des moyens d'assimiler des connaissances en favorisant les apprentissages au milieu de ses congénères. L'intégration tend à évincer la différence, en reconnaissant l'autre.
En France, c'est la loi d'obligation scolaire de 1882 qui est à l'origine de l'intégration scolaire. La loi d'orientation du 30 juin 1975 d'orientation en faveur des personnes handicapées réaffirme l'obligation éducative et " L'accès aux institutions ouvertes à l'ensemble de la population "2 , sans oublier l'existence et les bienfaits des IME et des IM pro.
Deux circulaires, l'une du 28 janvier 1982, l'autre du 29 janvier 1983, précisant les conditions dans lesquelles l'intégration collective ou individuelle pourra s'exercer.
Il y a donc deux types d'intégrations scolaires : l'une est collective, l'autre est individuelle.
Il me semble que l'intégration scolaire ne met en cause les différents dispositifs institutionnels, mais il est indéniable qu'ils appellent à une articulation, un réseau de partenariat entre les structures spécialisées avec le milieu scolaire classique pour ainsi permettre des suivis plus individuels mais également des soutiens pédagogiques et thérapeutiques.
A coté des intégrations scolaires, de manière complémentaire et sans nier la dimension sociale de ce type d'intégration, apparaissent des intégrations sociales proprement dites.
2. L'intégration sociale :

" C'est une situation vécue par une personne ou un groupe au sein de la collectivité, l'intégration sociale peut se définir par opposition à la mise à l'écart et à la ségrégation sociale. Les liens d'appartenances à une communauté ayant plusieurs formes et différents degrés d'implications, l'intégration sociale ne signifie pas qu'il n'y ait qu'un mode d'adaptation uniforme et statique. "1
Il existe plusieurs niveaux d'intégration.
- Physique : c'est à dire, par la personne handicapée à se trouver dans les mêmes lieux que ses concitoyens. Exemple : l'habilitation de logements ordinaire.
- Fonctionnelle : Il s'agit là de la capacité d'un individu à assumer des activités quotidiennes comparables à celles de toutes les personnes (prendre le train, aller à la bibliothèque...)
- Sociale : Cela suppose de créer des relations sociales avec les personnes dont l'individu partage les lieux et les activités.

F. L'intégration scolaire face à la réticence aux changements :

L'intégration d'élèves handicapés dans un contexte scolaire ordinaire implique des changements dans la pratique quotidienne des enseignants, en vue de l'adapter aux besoins des élèves qui leur sont confiés. Force est de constater que ces changements engendrent des résistances que nous allons essayer de comprendre.
Alors que dans la pratique quotidienne, tout va pour le mieux, il est indéniable qu'une demande d'intégration d'un élève handicapé vient rompre cette harmonie. Ainsi pour que l'enseignant ne s'oppose pas à ce type d'intégration, il faut en premier lieu que cela dérange le moins possible l'équilibre de la classe. Il est indubitable que l'intégration ne remplit pas cette condition.
Et ainsi, apparaissent des formes de résistance face au changement qui engendre souvent des angoisses, mais ceci est cependant un phénomène normal de l'humain.
Aussi, plusieurs causes particulières expliquent ces résistances face aux changements provoqués par l'intégration :
Dolan et Lamoureux ont classifié les causes de la résistance aux changements en quatre catégories :
Dans un premier temps les enseignants émettent des doutes sur les ressources mis à disposition pour mener à terme le projet, ils ne possèdent pas d'emblée les éléments essentiels à la compréhension des objectifs et des buts de ce type d'intégration ou ils ne perçoivent pas leur avantage à prendre part activement à un tel projet. Ce sont les causes logiques et rationnelles.
Deuxièmement, dans le contexte d'une classe, souvent les enseignants ont peur d'une perte de statut ou d'influence et ils soulèvent un risque d'incompatibilité avec la culture, les normes ou encore les règles établies. Ce sont les causes sociologiques
De plus le changement peut intervenir dans un certain climat de méfiance où les différents intervenants auprès de l'enfant ne sont pas forcément convaincus du bien fondé d'un tel projet. Soit il peut être mal introduit, soit les adultes sentent ou s'imaginent un but sous- jacent non expliqué qui met en péril leur marche de manœuvre et en l'occurrence leur sentiment de liberté. On parle ici des causes structurelles et conjoncturelles.
Finalement, l'individu ( ici l'instituteur) confronté au changement peut ressentir une forte anxiété face à l'inconnu, par là il est remis en doute face à ses propres capacités et son sentiment de compétences en est diminué. Ce sont des causes psychologiques et émotionnelles.
Ces résistances au changement ne sont pas visibles uniquement par un refus de l'hostilité.Elles s'observent dans des comportements plus subtils et plus pernicieux. Toute démarche créant un climat de travail difficile et laborieux peut être interprétée comme trace de résistance au changement.
La résistance au changement est un phénomène normal de protection face à l'inconnu, une preuve d'esprit critique et d'intelligence. Il est donc important de ne pas ignorer ce type de comportement, d'éviter d'entrer en guerre ouverte contre les opposants, et de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour canaliser cette énergie et la rendre constructive. La participation des personnes touchées par le changement constitue un élément fondamental à son acceptation.
Ainsi , tenir compte des résistances objectives et les faire figurer dans un projet d'intégration permet une certaine prudence quant à la mise en place de certaines modalités d'intégration scolaire. Elle implique le personnel concerné dans le projet, diminue les résistances et assure le pas vers une meilleure qualité de l'intégration. .
G. L'intégration scolaire n'apparaît pas comme un droit mais comme une tolérance.

A entendre les parents d'enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire, on se dit parfois qu'ils doivent exagérer, qu'écorchés vifs ils en rajoutent et sont un peu paranoïaques. Mais le rapport sur l'accès à l'enseignement des enfants et des adolescents handicapés de mars 1999 fait conjointement par l'inspection générale des Affaires sociales et l'Inspection générale de l'Education nationale, confirme leurs propos. " L'intégration scolaire est encore aujourd'hui peu développée sur l'ensemble du territoire. Dans les pratiques, elle n'apparaît pas comme un droit, mais plutôt comme une tolérance qui n'est pas répandue uniformément dans l'ensemble des établissements scolaires(...) Le fait qu'elle soit soumise à la bonne volonté des directeurs d'établissements ou des enseignants entraîne des ruptures de scolarité pour des jeunes déjà intégrés ". C'est ainsi qu'une directrice d'école maternelle accueillant pourtant un enfant lourdement handicapé dans son école peut en toute légitimité expliquer : " J'ai refusé récemment d'accueillir un enfant trisomique à l'école. Cela demande du temps, du travail, un suivi (...) et puis je ne peux pas intégrer un enfant handicapé si les parents ont d'emblée une méfiance vis à vis de l'école (...) "
Nous ne sommes en effet pas dans le domaine du droit mais dans celui de la bonne volonté quand ce n'est pas de la charité. Les parents doivent être reconnaissants et remercier l'équipe d'accueillir leurs enfants.
Le corps enseignant a néanmoins des circonstances atténuantes, non des moindres, pour réagir de cette manière. Il rencontre des parents qui meurtris par les humiliations et les refus déjà subis, n'ont " plus envie d'arrondir les angles ".
Peur de la différence, peur de devoir modifier sa pédagogie, peur d'être mis en échec.
De plus, accueillir un enfant handicapé implique de trouver les financements pour rendre accessible les bâtiments scolaires, de se battre pour que la collectivité territoriale achète le matériel nécessaire à une bonne scolarité de l'enfant : ordinateurs pour les enfants ne possédant pas une motricité fine, blocs, notes braille,...
Ce matériel est habituellement pris en charge par la sécurité sociale lorsque l'enfant est scolarisé dans un établissement spécialisé, mais non lorsque celui-ci est intégré en milieu ordinaire. De même, pour que l'intégration se passe bien tant au niveau de l'élève que des enseignants, il faut parfois mettre en place des aides humaines pour éviter des situations à la limite de la maltraitance (ne pas changer l'enfant quand il est mouillé ...). Les intégrations qui se passent bien demandent à l'enseignant un dévouement tel qu'il nécessite d'être un militant de l'intégration scolaire des enfants handicapés.
Mais le frein , peut être le plus important, reste la peur. Peur de la différence, peur de devoir modifier sa pédagogie, son comportement, peur d'être mis en échec et cette peur est d'autant plus forte que les enseignants jusqu'à 1999, n'ont qu'une sensibilisation aux élèves handicapés d'une durée moyenne de 10 heures.
Si le système fonctionnait correctement, cette peur devrait être largement atténuée par les rencontres avec les professionnels du soin s'occupant de l'enfant. En effet, lorsqu'un enfant handicapée est intégré à l'école, on élabore pour lui un projet individuel en présence de l'ensemble des personnes qui interviennent à un titre ou à un autre dans la scolarité de celui-ci (parents, éducateurs, enseignants, médecins, psychologues ...). Ces personnes se retrouvent en général trois fois dans l'année pour discuter de l'enfant. Pour que ces réunions soient vraiment efficaces, il faut qu'il existe une véritable coopération entre services de soins et institutions scolaires tout au long de l'année. Dans les faits, les dialogues entre l'Education nationale et les Affaires sanitaires et sociales s'avèrent malheureusement très difficile (conceptions éducatives différentes).



H. Les orientations actuelles en matière d'intégration scolaire :

En dépit des limites avérées de l'intégration collective en milieu ordinaire, ce mouvement de démocratisation de l'école n'est pas abandonné par les différents acteurs de l'intégration : politiques, enseignants, parents envisagent ainsi de nouvelles formes de prises en charge en milieu ordinaire.
C'est ainsi que l'on a vu se développer ces dernières années les tentatives d'intégration individuelles qui mettent l'accent sur la socialisation et l'épanouissement de l'enfant handicapé, tout en préparant sa future inscription sociale. Il ne s'agit pas de nier l'handicap, mais d'aménager des situations de vie, et notamment de scolarité, qui prennent en compte d'avantage la ressemblance de ces enfants avec les autres enfants que leurs différences. Ce souci était d'ailleurs déjà présent dans la loi d'orientation du 30 juin 1975 qui précisait que l'accueil devait s'organiser de préférence dans les classes ordinaires pour " tous les enfants susceptibles d'y être admis malgré leur handicap ".
Les possibilités d'intégration d'un enfant handicapé en milieu scolaire ordinaire varient considérablement en fonction de son âge. Une première intégration de l'enfant handicapé peut avoir été faite en crèche, en halte-garderie, ou dans un autre lieu d'accueil pour tout petits. Dans d'autres cas, l'école maternelle constitue le premier pas pour vivre avec les autres en dehors de sa famille. A l'âge de la maternelle, les choses sont relativement simples : il est maintenant courant de voir des petits enfants trisomiques accueillis en petite ou moyenne section de maternelle dès qu'ils ont acquis l'autonomie de la marche. Des structures de soutien spécifique, tels que les SESSAD1 peuvent intervenir dans le cadre même de l'école en mettant à la disposition des établissements scolaires des spécialistes ( éducateurs spécialisés, rééducateurs...) et du matériel. Cependant l'intégration en milieu scolaire ordinaire devient plus difficile à mettre en place au fur et à mesure que l'enfant grandit et, les expériences s'amenuisent avec les enjeux scolaires.
I. L'intégration scolaire, une notion à nuancer

Le processus d'intégration n'est en aucun cas synonyme de normalisation. Il suppose la prise en compte des besoins spécifiques du jeune handicapé.
L'intégration scolaire confronte directement l'enfant handicapé à ses limites et à ses différences, dont il devient de plus en plus conscient en grandissant. Elle va le faire mûrir, mais elle le fait également souffrir par sa confrontation aux autres et par l'image de lui-même qu'elle lui renvoie. Touchant du doigt sa différence, c'est une étape dans la révélation de son handicap, une véritable épreuve de vérité. Ainsi l'enfant tirera bénéfice d'une intégration scolaire s'il est convenablement soutenu et valorisé et cela nécessite des moyens humains et matériels. L'accompagnement de l'enfant handicapé dans toutes les modalités pratiques de l'intégration scolaire, doivent donc avoir été bien pris en compte dans le projet d'accueil individualisé, qui peut être adapté en cours de route si la nécessité s'en fait ressentir. Afin de faciliter ce processus d'intégration scolaire individuelle, on voit se créer aujourd'hui dans le cadre des emplois jeunes, des auxiliaires d'intégration scolaire qui permettent à l'enfant d'être soutenu, aidé et mis en situation de réussite.
J. Les enjeux de l'intégration scolaire :

Parler des enjeux de l'intégration permet de comprendre l'importance et le rôle qu'elle peut jouer aussi bien pour les enfants que pour les parents :
1. Pour les enfants :
Lorsqu'il y a intégration d'enfants handicapés au sein d'une école, elle peut leur apporter énormément, mais peut également parfois ne pas être aussi bénéfique qu'on le souhaiterait.
Il est très important que l'enfant handicapé puisse être en contact avec d'autres enfants qui sont comme lui, car il a besoin de " trouver des images d'identifications multiples, plus ou moins proches de lui-même, afin de construire son identité "1.
Ainsi une intégration collective est à préconiser. Il me semble que le fait de former un groupe les rends aussi plus forts pour " affronter " les autres enfants de l'école. Ils seront confrontés aux même difficultés, aux même peurs, aux même angoisses...
Ensemble le chemin à parcourir est peut-être moins difficile ; ils se comprennent.
Il m'apparaît que dans le fait qu'il y ait plusieurs enfants handicapés et qu'il forment une classe, les aide à trouver leur place, construire leur propre identité... tout en étant également au contact avec les autres enfants de l'école.
L'enfant handicapé peut tirer un grand bénéfice social du modèle des enfants dits ordinaires. De plus si les enfants sont bien impliqués dans le projet d'intégration, ils peuvent devenir des agents d'intégration efficaces.
Ainsi, " l'environnement de l'école se caractérise par une grande richesse et une grande variété des stimulations possibles et celles- ci apparaissent comme l'élément non discutable de progrès pour l'enfant handicapé " (P.Beaupré,1989) (1)
On peut dire que le bénéfice de l'intégration est avant tout " humain " (2) (Lafay 1987). Celle- ci contribue à la construction de la personnalité de l'enfant handicapé, à l'apprentissage de la relation avec les autres enfants non handicapés et lui permet de participer à l'univers culturel de l'école ordinaire.
2. Pour les parents :
Leur rôle a été essentiel dans le développement de l'intégration scolaire : c'est par la pression qu'ont exercé les associations de parents que le cadre législatif s'est modifié. Ce sont essentiellement les familles qui souhaitent scolariser leur enfant à l'école ordinaire. Pour les familles l'intégration est une valorisation ; elle permet parfois à celle-ci de sortir du domaine spécialisé. C'est alors une réintégration pour la famille dans notre société. L'intégration lui permet donc d'avoir un regard différent sur son enfant handicapé.
Il faut être prudent, car lorsque leur enfant intègre une classe spéciale au sein d'une école, il a un rythme de vie équivalent aux autres enfants ordinaires, à leurs frères et sœurs...
Il arrive parfois que les parents s'imaginent que leurs enfants évolueront comme les autres, et se projettent dans l'avenir...
Il est essentiel de bien leur expliquer que même si leur enfant suit une vie scolaire comparable aux autres enfants, il reste quand même un enfant handicapé qui ne pourra mener sa vie comme les autres enfants .
K. L'intégration à tout prix
Les problèmes d'intégration peuvent être liés aux différents handicaps (visuel, auditif, moteur, mental). Compte tenu de la lenteur du développement intellectuel à niveau mental et scolaire égal, la différence entre l'âge réel des sujets intégrés et celui des autres enfants croît à mesure que l'on avance dans le cursus. Ce serait ne pas considérer leur image corporelle en construction.
Jusqu'à quatre et cinq ans, sur le plan intellectuel, il n'y a pas d'obstacle à l'accueil de tous les enfants dans les mêmes structures pédagogiques, même pour les enfants qui ont un retard de langage, l'incitation et l'exemple des autres ne peuvent être que bénéfiques. Les premières difficultés apparaissent avec les apprentissages instrumentaux : lecture, écriture, calcul.
Les difficultés de langage se combinent alors aux difficultés de lecture. Des échecs répétés peuvent faire perdre confiance en soi, et l'envie d'entreprendre, ce qui entraîne retard et redoublement. Il paraît alors difficile à la fois pour l'enfant ainsi que pour les enseignants d'accepter plus de deux ans de retard. L'image individuelle du corps est ainsi en décalage avec celle du groupe ( corps social).
Comme mode de vie sociale aidant la personne handicapée à n'avoir pas le sentiment d'exclusion du groupe, les solutions intégratives apportent une réponse. Il convient toutefois de se montrer prudent devant les enthousiasmes trop utopiques : le processus d'intégration scolaire peut à son tour devenir source de renforcement de sentiment de différence.
Nos propres motivations sont à interroger : en pensant pallier l'exclusion et la ségrégation, en voulant intégrer les enfants handicapés dans le circuit scolaire ordinaire, ne cherchons-nous pas à le rendre semblable aux autres et par la même occasion à nier sa différence, son handicap, ce qui le constitue ou ce sur quoi il s'est constitué en tant que personne ?
Il faut aussi remarquer que l'un des freins à l'intégration scolaire reste l'accueil que réserve le groupe à l'étranger, à la différence. Comme l'écrit René Zazzo : " Le rejet de l'anormal, de l'étrange, de l'inconnu et même du simplement différent est une réaction primitive fondamentale "1.
Enfin , il est important de souligner qu'une démarche d'intégration scolaire ordinaire n'est, le plus souvent, qu'une étape et ne doit pas être pour les parents un leurre. Ils doivent prendre conscience des besoins éducatifs spécifique qu'exige leur enfant. L'intégration en milieu ordinaire ne doit en aucun cas constituer un objectif dogmatique. Il faut bien admettre que la prise en charge en milieu spécialisé constitue bien souvent une des solutions les plus adaptée à bon nombre de situations, d'autant plus qu'à l'heure actuelle, il semblerait qu'un travail commun commence à se faire jour entre l'éducation spécialisée et l'éducation nationale. Il faut donc continuer à développer ce partenariat si important pour l'enfant handicapé, afin d'apporter des réponses de plus en plus adaptées quant à la prise en charge scolaire de ces enfants...
Aussi il faut bien considérer que l'intégration scolaire en milieu ordinaire n'est pas une fin en soi, elle n'est qu'un passage sur le chemin difficile que l'enfant handicapé doit parcourir pour son autonomie.
L. CONCLUSION

Aujourd'hui encore on peut constater que l'intégration d'enfants handicapés en milieu scolaire ordinaire n'est pas simple et ne va pas de soi. Cependant la loi d'orientation du 30 juin 1975 a permis la prise de la nécessité d'une réflexion à propos de l'intégration scolaire et ainsi de faire avancer la pratique.
Un long chemin a été ainsi parcouru jusqu'à la reconnaissance de droit pour l'enfant handicapé Ainsi aujourd'hui, dans une société où la lutte contre les exclusions est une priorité politique, un des objectifs est d'intégrer la personne handicapée et ainsi en premier
lieu l'enfant.
Ainsi le projet de réforme de la loi de 75 ( celle du 2 janvier 2002) traduit bien un changement par rapport à l'intégration scolaire : " Ce n'est plus seulement à l'élève, mais aussi à l'école de s'adapter pour accueillir les enfants dans toutes leur différences "
Cependant cette réforme parviendra-t-elle à changer les mentalités des enseignants ?
Sont-ils prêts à s'ouvrir, à travailler en étroite collaboration avec l'éducation spécialisé pour monter des projets d'intégrations fiables et solides ?
S'uniront-ils pour faire en sorte que le processus d'intégration soit mieux mené et ainsi bénéfique à tous ?..
Pour ma part l'intégration scolaire en milieu ordinaire doit être présentée comme une " action progressive et cohérente " et comporter des solutions alternatives adaptée au handicap, choisies par l 'enfant, la famille et les professionnels de l'éducation. Elles doivent s'appuyer sur un projet éducatif et individuel à chaque enfant aux dimensions à la fois médicales, psychologiques et sociales. Tout cela pour éviter de détruire l'enfant en prenant des décisions à son encontre et qui favoriserait plutôt un échec dans une tentative d'intégration issue à la base de bonnes intentions...
Cela nous ramène toujours à la question sur la volonté et la capacité de la société à répondre à ce processus d'intégration ...