Sex shop, quartier des Pâquis, Genève, 8’09’06
 
 
Etrillée en 2004 par la droite parlementaire pour son soutien à l’artiste Thomas Hirschorn et son installation irrévérencieuse à l’endroit du leader populiste Christoph Blocher, l’agence de promotion culturelle Pro Helvetia  tente de se rattraper au travers d’un programme de deux ans centré sur la culture populaire.   

http://www.pro-helvetia.ch/index.cfm?rub=504
 
Extrait des festivités : «Les thèmes choisis sont: costume et design (Suisse orientale), culture de la foi (Suisse centrale), protection des monuments et innovation dans le logement (Ballenberg / Oberland bernois), tradition orale (Tessin) et tradition chorale (Suisse romande). »
 
Ces formes d’expressions ruralistes et leur revival correspondent bien à une réalité: le vent écolo-ethno-conservateur continue de souffler sur la Suisse.  L’occurrence des mots «racine » et «identité » dans les médias témoigne en effet de cette fièvre végétaliste et tautologique.
 
Mais réduire la culture populaire à ce registre relève de l’imposture. Pro Helvetia zappe en effet allégrement les villes et leur propre culture populaire. La raison de ce déni est simple:  métissées, créolisées, américanisées, africanisées, européanisées, ces formes d’expression cadrent mal avec le mythe d’une culture 100% suisse.
 
Il y a un siècle, la Suisse officielle soutenait déjà des artistes vantant les charmes du monde paysan, alors que le pays s’industrialisait à marche forcée, tout en réprimant les classes populaires des villes. Qui a dit que les temps changent ?
 
Yodle  dans un film de 1940
http://www.youtube.com/watch?v=NWVVobvm3VM