Marseille, 10'07

Canaille, racaille et crasseuse, Marseille traine une réputation qui effraie le visiteur frileux. Lepéniste, communiste et clientéliste, elle suscite le mépris de l'investisseur pressé.

Mais pour qui surmonte ces clichés, Massilia se révèle comme le port le plus emblématique de la Méditerranée. J'y ai retrouvé les blancheurs d'Alger, les parfums de Beyrouth, la nonchalance de Naples et la créativité de Barcelone.

Au premier regard, cette antique cité jette à la figure un inextricable foutoir architectural. En la sillonnant, j’ai découvert 1000 villages et 1000 visages reflétant l'histoire de ses pierres et de sa population.

Suprême privilège, Marseille n'a pas encore été formatée pour attirer les lecteurs de How to spend it, le mag lifestyle du Financial Times. Saura-t-elle garder cette saveur un peu faignante, tout en opérant son nécessaire retour dans l'économie du monde?

En attendant je chante Dimanche aux Goudes, une chanson de la dernière galette du Massilia sound system: 

Davant la mar, Dessús la grava, Lo ciele es blu e lo soleu valent.

Davant la mar, Dessús la grava, Per calinhar segur qu’es lo bòn moment.

Davant la mar, Dessús la grava, Ambé per tot vestit lo lume dei rais.

Davant la mar, Dessús la grava, Siás polida que non sai !

(Traduction)

Devant la mer, Sur la grève, Le ciel est bleu et le soleil vaillant.

Devant la mer, Sur la grève, Pour s’aimer c’est sûr c’est le bon moment.

Devant la mer, Sur la grève, Avec pour tout vêtement la lumière des rayons.

 Devant la mer, Sur la grève, Tu es tellement jolie !

http://edition.cnn.com/SPECIALS/2006/the.scene/scenes/marseille/massilia.sound.system