Le peintre polonais Roman Opalka, connu pour son étude sur la progression du temps, est décédé samedi dans un hôpital près de Rome à l'âge de 79 ans, a indiqué son agent et ami Slawomir Boss, cité par les médias polonais.

Roman Opalka passait des vacances en Italie et a été hospitalisé il y a quelques jours à cause d'une infection généralisée de l'organisme, a précisé M. Boss.

Selon des sources diplomatiques françaises à Rome, la famille du peintre installé en France depuis 1977 avait souhaité organiser, il y a une semaine, un rapatriement sanitaire dans ce pays, qui n'a finalement pas été possible compte tenu de son état de santé.

Né en France en 1931 de parents polonais, Roman Opalka était retourné en Pologne en 1935 avec sa famille déportée par les nazis en Allemagne en 1940. Il s'était établi définitivement en France en 1977 après des séjours en Pologne, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Roman Opalka est principalement connu pour son oeuvre 1965/1 à infini - une série de toiles de même dimension sur lesquelles il inscrivait depuis 1965 les nombres en ordre croissant à partir du chiffre 1 et qui étaient à la fois un document sur le temps et sa définition, selon son explication figurant sur son site internet officiel.

Il ne peignait chaque année que cinq toiles, chacune intitulées détail.

Ses oeuvres se trouvent notamment dans les collections permanentes du Centre Pompidou à Paris, du Los Angeles County Museum, de la Kunsthalle à Hamburg, du MOMA à New York, du Musée d'Art à San Paulo et dans plusieurs musées polonais.

Sa dernière toile doit revenir, selon un accord passé avec l'artiste, au Musée d'art moderne de Lodz (centre) où est déjà exposé le premier tableau du cycle.

Pour Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication: Roman Opalka était l'artiste du temps, ce temps qui aujourd'hui le rattrape (...) Ses toiles étaient conçues à partir de nombres qui se succédaient à l'infini.

On se souviendra aussi de ce visage émacié, devenu lui-même chenu, que ses autoportraits photographiques exposaient d'une manière implacable a-t-il ajouté soulignant que le peintre était un Ascète de l'art contemporain, apôtre de la radicalité et un moine soldat de la peinture.


Texte de : AFP
août 2011