Tous tombés

J, M, A, L, F, D, L, O, H, C et tant d'autres...
Cocaïne plus facile à trouver qu'un pétard.
La drogue des mégalo, dit-on...Mégalo, mon cul !
Les gens dont je parle sont journalistes, artisans, ancien profs de sport, banquiers, serveurs, informaticiens, avocats, chômeurs. Tous sous cocaïne.
Les lieux où nous sortons sont comme des points de rencontre entre dopés, avec une culture commune de dopés.
La plupart sont malgré tout, actifs, socialement bien intégrés.
Si vous n'en faites pas partie, vous les croisez tous les jours sans rien soupçonner.
Ils sont gais, enthousiastes, actifs, plutôt soucieux de leur image, ont bon goût, aiment la bonne musique...comme vous.

La presse nous a fait cadeau de certains dossiers sur la cocaïne et ses ravages. Le prix du gramme, la mauvaise qualité de celle trouvée dans la rue, les conséquences désastreuses de cette drogue vicieuse puisque moins a-sociale que ne l'est l'héroïne, plus chic, plus in, plus glamour...
Après la fête, le dehors, les autres, la musique, le bruit, les nombreuses " amitiés ", le show, il y a le retour chez soi...
Cet aspect, l'envers du décor, le clown qui se démaquille après avoir amusé une galerie d'inconnus, c'est ce qu'on appelle la descente. Moi, pas. Le bas on l'a connu justement avant la prise de la fameuse poudre. Ce n'est qu'un retour aux sources. Et qui ne sait pas d'où il vient ou l'a oublié, celui là ne revient plus.

Combien de kilos consommés chaque week-end à Genève ?

Combien de gosses de 16 ans ont les moyens de se payer une dose ? (dès 50frs, c'est possible)
A 16 ans, j'avais minimum 50 frs en poche le week-end, voire 100 frs...A l'époque, le gramme était environ 350 frs.

Actifs, super-productifs, super-compétents, super-rapide, super-dans-le-coup...
A quel prix ? Combien d'entre-nous passerons la quarantaine ?
Le ciel de l'Occident est vide, écrivait Luc Ferry, le philosophe et ancien ministre français de l'éducation. Il est évident que Dieu, par ici, a été remplacé par l'argent et le pouvoir.
Tout ce qui s'achète avec ces deux éléments n'est même plus remis en question.
On prend le train en marche ou on est largués. Qui accepte volontiers d'être largués ?
Ok. Tout le monde ne consomme pas de la cocaïne. Alcool ? Xanax ? Somnifères ?
Hachich ? Chacun son mode de fuite...

Fini le temps des révolutionnaires ? Fini l'époque où l'on considérait encore que sa propre liberté avait de la valeur pour ne pas accepter qu'un système l'engloutisse ?

Comment sommes-nous passés d'une révolte dirigée à l'extérieur de nous à cette soumission sans dignité que l'on paie en s'autodétruisant pour mieux servir et construire l'autre, le système politique et social tel qu'il est.
Nous sommes devenus nos propres esclaves, qu'on le veuille ou non.
Mais des esclaves minables. Sans menace réelle, sans danger pour sa survie, pourquoi se soumettre ? Peur de se distinguer des autres esclaves ? Quelle noble cause...