Ce que j'ai pu écrire sur le ciel vide de l'Occident (formule empruntée à Luc Ferry) se révèle encore plus vrai à Istanbul.
Je ne sais pas ce qui est le plus bouleversant entre cet Occident où les repères célestes ont déserté depuis longtemps mais sans que cela n'ait forcément laissé la place à une orgie généralisée...et cette Turquie où dominent minarets et mosquées, appels à la prière et cultes musulmans sans pour autant révéler l'expression d'une foi inébranlable.
J'en conclus que si Dieu se trouve naturellement être en tout et en chaque chose, Il est avant tout et principalement en nous, au-dedans, à l'intérieur, si nous voulons / savons l'accueillir. Nul besoin de tous ces signes extérieurs, signes de ceux qui cachent quelque chose qui n'est certainement pas Dieu...

Les symboles liés à la foi avaient peut-être un sens autrefois sur ces terres mais aujourd'hui plus que jamais tout n'est qu'illusion, tromperie...
Plus les signes sont voyants, plus le mensonge est évident.
Genève a au-moins le mérite de ne pas mentir. Ce que l'on y voit est ce qui est.

Istanbul ment. Les Turcs mentent. La foi a disparu pour l'adoration du consommable.
Le veau d'or a remplacé Dieu. C'est lui qui est désormais en tout et en chaque chose.

Descartes démontrait à quel point nos sens peuvent nous tromper ( Discours sur la méthode) dans le but de laisser nos logos se réapproprier le sens réel des choses, leur essence véritable et non pas leurs manifestations illusoires...

Jésus aurait peut-être dit devant ce spectacle désolant : Pardonne-leur, Seigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font...
Peut être aurait-il aussi ajouté : ...et ils ne cherchent plus à savoir.

Istanbul, avril 2006